Jean Giraudoux,
Visite chez le prince
“ Le cœur des Poncarmé, plus encore que celui des Fontgeloy, me paraissait d’une matière française bien inconnue aujourd’hui, et que je ne sentais même plus au-dessous des deux couches posées sur moi par deux siècles français entiers et vingt-trois ans de rabiot. Un sourire ironique ne quittait jamais leurs lèvres, ce n’est pas qu’ils vous jugeaient borné, ou mal vêtu, ou trop pauvre : c’est, nourris de la Bible, qu’ils vous savaient mortels. Ils se gaussaient de vous, d’être des objets périssables. Ils vous serraient les mains à les meurtrir, souriants d’avoir meurtri votre squelette. ”
