Eugène Pellissier, Les barbares (1915)
“ L'Allemagne fête Sedan A grand renfort d'énormes chopes. L'orgueil luit dans tous les regards, Sur chaque bouche erre un sourire : On bénit le dieu des hasards Grâce auquel fut fondé l'empire. Partout on fait des embarras En l'honneur de l'anniversaire, Et partout ce sont des hourras, Des « hoch ! hoch ! hoch ! », des chants de guerre. Il faut qu'ils soient tous à lier Si, par ces ébats frénétiques, Ils se flattent d'humilier La plus fière des républiques ; Car leur délire exorbitant Est, pour tout témoin perspicace, L'hommage le plus éclatant Qu'ils puissent rendre à notre race. ”
