Jean Giraudoux,
Suzanne et le Pacifique
“ Toute ma journée se passa à tourner à rebours un cinéma de mon enfance qui me rendit les cochons d’Inde, les écureuils. Quand j’entendais les herbes froissées, quand un buisson ondulait, au lieu de n’avoir à penser comme dans mon île : c’est le vent d’Est, c’est le vent d’Ouest,... de ma mémoire s’échappait, la raclant doucement s’il avait des piquants, un nouvel animal : — C’est un pécari, me disais-je... C’est un iguane... C’est peut-être un tatou... Chaque insecte, chaque plante me donnait, comme à un créateur, l’image, l’attente de l’animal qui vivait d’eux ; des blattes ? ”
