Jean Giraudoux,
Ondine : pièce en trois actes, d'après le conte de Frédéric de La Motte Fouqué
(1939)
“ HANS. — Au-dessus de moi, qu'agitaient toutes les femmes en criant mon nom? Ce n'était pas des palmes, qu'est-ce que c'était? ONDINE. — Toi. LE JUGE. — Mais où tout cela nous mène-t-il, chevalier! Nous avons à juger une ondine, et non pas l'amour. HANS. — C'est pourtant là le procès. Qu'il se range à cette barre, l'amour, avec son derrière enrubanné et son carquois. C'est lui l'accusé. J'accuse l'amour le plus vrai d'être ce qu'il y a de plus faux, l'amour le plus déchaîné d'être ce qu'il y a de plus vil, puisque cette femme, qui ne vivait que d'amour pour moi, m'a trompé avec Bertram! ”
