Résumé

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Ondine : pièce en trois actes, d'après le conte de Frédéric de La Motte Fouqué (1939)

HANS. — Au-dessus de moi, qu'agitaient toutes les femmes en criant mon nom? Ce n'était pas des palmes, qu'est-ce que c'était?
ONDINE. — Toi.
LE JUGE. — Mais où tout cela nous mène-t-il, chevalier! Nous avons à juger une ondine, et non pas l'amour.
HANS. — C'est pourtant là le procès. Qu'il se range à cette barre, l'amour, avec son derrière enrubanné et son carquois. C'est lui l'accusé. J'accuse l'amour le plus
vrai d'être ce qu'il y a de plus faux, l'amour le plus déchaîné d'être ce qu'il y a de plus vil, puisque cette femme, qui ne vivait que d'amour pour moi, m'a trompé avec Bertram!
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Ondine : pièce en trois actes, d'après le conte de Frédéric de La Motte Fouqué (1939)

ONDINE. — Ah non! Erreur complète! LE CHEVALIER. — Je te prie de te taire.
ONDINE. — Toi, tu appelles douce une fille qui tue des bouvreuils?
LE ROI. — Quelle est cette histoire de bouvreuils? Pourquoi Bertha irait-elle tuer des bouvreuils?
ONDINE. — Pour troubler Hans!
LE ROI. — Je puis te jurer que Bertha... BERTHA. — Mon père, je venais de rattraper mon bouvreuil quand Hans m'a saluée et m'a pris la main. Il a pressé trop fort.
ONDINE. — Il n'a pas pressé trop fort. Le poing de la plus faible femme devient une coque de marbre pour protéger un
oiseau vivant.
Source : Gallica

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Ondine : pièce en trois actes, d'après le conte de Frédéric de La Motte Fouqué (1939)

Ondine.
ONDINE, de la porte, où elle est restée immobile. — Comme vous êtes beau!
AUGUSTE. — Que dis-tu, petite effrontée?
ONDINE. — Je dis : comme il est beau! AUGUSTE. — C'est notre fille, seigneur. Elle n'a pas d'usage.
ONDINE. — Je dis que je suis bien heureuse de savoir que les hommes sont aussi beaux... Mon cœur n'en bat plus!...
AUGUSTE. — Vas-tu te taire! ONDINE. — J'en frissonne!
AUGUSTE. — Elle a quinze ans, chevalier. Excusez-la...
ONDINE. — Je savais bien qu'il devait y avoir une raison pour être fille. La raison est que les hommes sont aussi beaux...
Source : Gallica

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