Jean Giraudoux

Jean Giraudoux

Résumé

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Armistice à Bordeaux

Aussi, c’est le seul reproche que je te fais, ne compte pas trop sur la défaite. Pas plus que sur le repentir, ne compte sur l’oubli, qui seul rend la force. Vainqueur ou vaincu en sont au même point s’ils ne savent oublier. Évidemment c’est le suprême avantage d’être vaincu. Le vaincu peut tout oser, tout penser, tout voir. Il est au-dessus de la joie, du respect, du chagrin. Évidemment, quand j’étais vainqueur, voilà vingt-deux ans, j’ai frémi parfois de rage à l’idée de cette pureté qui m’échappait et dont les vaincus ruisselaient.
Source : Wikisource

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Armistice à Bordeaux

Pour la première fois, inconsciemment, chaque Français se desserre des autres, reprend à leur flot son corps et sa pensée, son espace. On ne tient plus sur la chaussée, mais ce n’est pas que la France encore s’amasse, c’est qu’elle se dilate... Chacun voit que c’est moins la peur de l’invasion qui l’avait mené là, qu’une abdication de chaque Français en faveur d’un autre Français, de chaque province en faveur d’une autre province, qu’un désir de se plonger, pour parer au désastre, dans plus Français que soi...
Source : Wikisource

Portrait de Jean Giraudoux Jean Giraudoux Armistice à Bordeaux

Plus de pays, plus d’habitants, et la France était sauvée ! Et en effet, si l’on croit que l’idée de la France est la France, peut-être que l’univers avait raison. Et si la France est un symbole, quelle vigueur, quelle nacre en effet lui aurait valu cette mort : la Grèce n’avait qu’à bien se tenir après ces Thermopyles totales ! Jamais anéantissement n’eût donné à une nation pareille hégémonie dans le passé ! Pour la France morte, on eût illuminé la mort. Toutes les nations mortes devenaient ses vassales.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature