Jean Giraudoux,
Armistice à Bordeaux
“ Aussi, c’est le seul reproche que je te fais, ne compte pas trop sur la défaite. Pas plus que sur le repentir, ne compte sur l’oubli, qui seul rend la force. Vainqueur ou vaincu en sont au même point s’ils ne savent oublier. Évidemment c’est le suprême avantage d’être vaincu. Le vaincu peut tout oser, tout penser, tout voir. Il est au-dessus de la joie, du respect, du chagrin. Évidemment, quand j’étais vainqueur, voilà vingt-deux ans, j’ai frémi parfois de rage à l’idée de cette pureté qui m’échappait et dont les vaincus ruisselaient. ”
