Résumé

Souvenirs d'un officier supérieur de l'empire… (1840)

Les issues fermées , le feu allumé, le festin commença. De l'eau-de-vie, du pain et de la graisse circulèrent à la ronde; les viandes et les pommes de terre, promptement cuites, rassasièrent nos estomacs affamés, et la liqueur spiritueuse nous égayant, le repas devint de plus en plus animé : les quolibets, les jeux de mots militaires se succédèrent comme un feu de file; les chansons eurent leur tour, et on ne se serait jamais: imaginé que
nous étions au coeur de la Russie, sous une température de 27° au-dessous de zéro.
Source : Gallica

Souvenirs d'un officier supérieur de l'empire… (1840)

L'expérience nous avait appris que les villages étaient ordinairement bâtis sous de tels abris, quand ils n'avaient pas d'épaisses forêts pour les protéger. — Lorsque nous fûmes éloignés de la grande route, le silence le plus profond régna; on n'entendit plus que le craquement de la neige gelée et le sifflement de la bise glacée.
Au bout de plusieurs heures d'une marche fatigante, un cri d'espérance vint nous réveiller; la petite avant-garde, composée de deux hommes, pour découvrir le pays et prévenir les surprises, fit entendre ces mots : « Un village ! »
Source : Gallica

Souvenirs d'un officier supérieur de l'empire… (1840)

Nous viendrons tous ! dirent les trente fidèles ; leur confiance eu nous et le souvenir du festin agissaient.
Par une combinaison singulière, plusieurs attaques ou houras de cosaques avaient eu lieu la veille sur la grande route, et ce fut un de ces partis qu'avait rencontré sans doute le juif qui nous l'amena. Il en était resté une frayeur générale qui retint tout le monde sur le chemin ou auprès, et, hormis nous, personne ne s'écarta; ce fut donc à cette circonstance que nous dûmes de retrouver le village tel que nous l'avions laissé, lorsque nous y rentrâmes, avec de grandes précautions.
Source : Gallica

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