M. Sacher-Masoch

Résumé

M. Sacher-Masoch Don Juan de Kolomea (RDDM)

Et nous n’avons aucun pouvoir sur la nature, et nos questions éperdues restent sans réponse ; toute notre sagesse se résume finalement dans le suicide. Pourtant la nature nous a imposé une souffrance encore plus terrible que la vie : c’est l’amour. Les hommes l’appellent bonheur, volupté ; n’est-ce pas une lutte, un mortel combat ? La femme, c’est l’ennemi ; vaincu, l’homme sent qu’il est à la merci d’un adversaire impitoyable. Il se prosterne : foule-moi sous tes pieds, je serai ton esclave ; mais viens, aie pitié de moi !... Oui, l’amour est une douleur, et la possession une délivrance
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M. Sacher-Masoch Don Juan de Kolomea (RDDM)

Allez ! l’illusion n’est pas longue. Est-ce l’amour, cette niaise langueur qui vous attache aux pas d’une jeune fille ?.. Lorsqu’elle fut ma femme, j’eus enfin le courage de l’aimer, et elle de même. Nos deux amours grandirent comme deux jumeaux. A la pana Nicolaïa, je baisais les mains, à ma femme les pieds, et les mordais souvent, et elle criait et me repoussait d’une ruade. — Ah ! l’amour, c’est l’union, c’est le mariage. — Au demeurant, n’est-ce pas tout ce qu’on a ?
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M. Sacher-Masoch Don Juan de Kolomea (RDDM)

Si ma femme lui donnait une couture à faire, elle s’y mettait pour la forme, puis tout à coup jetait son ouvrage et courait fourbir mon fusil. Ou bien ma femme la charge d’une commission ; elle me regarde et ne bouge pas. Un jour, Nicolaïa s’emporte : — Il n’est pas ton père ! — Alors tu n’es point ma mère, dit l’enfant tranquillement, — Elle pâlit ; depuis, elle se tut et ne fît que pleurer parfois... Quelle sottise, pleurer ! La vie est si gaie !
Il vida d’un trait son dernier verre de tokaï.
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