M. Sand

Élements biographiques

M. Sand,  Six mille lieues à toute vapeur

“ Ils viennent d’avoir vingt jours de brouillard. Ils se pavanent sous un soleil de douze degrés, et dans un mois ils auront de la gelée ! Où es-tu, mon gros bon soleil de la Mitidja, avec tes parfums de myrte et d’oranger ? Ici tout sent la morue. Sur les cailloux du rivage où elle sèche, sur la tourbe où elle pourrit, sur les perches où elle pue, il y en a partout. On la respire à trois lieues à la ronde. Toute l’île n’est qu’un laboratoire pour préparer, conserver et expédier la morue. Du reste pas un arbre, pas un arbuste qui dépasse vingt ou vingt-cinq centimètres. ”
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M. Sand,  Revue des Deux Mondes

“ On me dit que Chicago ressemble, comme mouvement et comme physionomie, aux villes nouvelles de la Californie. Le fait est que la population est un mélange de marchands, de colons, d’ouvriers, de mineurs, tous gens brûlés par le soleil ou le feu des forges, aux mains dures et noircies par la charrue ou la houille. Pas de flâneurs ici, pas de gandins étiques ; c’est la volonté, l’exubérance et la soif d’une jeune société qui fusionne Allemands, Irlandais et Américains dans le même moule, pour en faire un jour le nouveau peuple de l’ouest. ”
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M. Sand,  Six mille lieues à toute vapeur

“ Après quelques minutes d’attente, une petite porte s’ouvre et donne accès à un très grand monsieur, six pieds de haut, maigre, tout de noir habillé, et tenant dans ses grandes mains velues une paire de gants blancs qui n’a jamais été mise et ne pourra jamais l’être ; le nez long, la bouche grande, l’œil petit et doux, les joues creuses, la barbe taillée à l’américaine, mode qui donnerait l’air vulgaire à Jupiter lui-même, un toupet de longs cheveux relevé sur le front et retombant en saule pleureur, une bonne physionomie non dépourvue de finesse, tel est l’honnête Abraham. ”
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