“ Tonine n’était donc pas mariée ! La joie fut le premier sentiment qui domina l’émotion de Sept-Épées. Il s’arrêta peu à l’inquiétude. Tonine n’était pas perdue, puisqu’on l’appelait à son aide ; on n’a pas tant de prévisions pour ceux qui vont mourir ; d’ailleurs l’amour fait des miracles, et Sept-Épées sentit qu’il aimait Tonine plus que jamais. ”
Sept-Épées
Définition et enjeux
Citations sur “Sept-Épées”
“ Dès lors, tu vois, mon ami, cette condition-là, je ne sais pas si la loi nous en demanderait compte ; mais je sais que Dieu est bon comptable, et qu’on ne le triche pas. C’est à nous de bien nous tenir, si nous ne voulons pas qu’il nous abandonne. — Sois tranquille ! répondit Sept-Épées, qui jusque-là s’était senti un peu accablé sous le bienfait de Tonine, et qui tout aussitôt releva la tête avec enthousiasme. Je ne sais pas si je suis aussi bon et aussi religieux que toi ; mais je suis diablement fier, et je ne crois pas qu’il me serait possible de vivre sans te voir fière de moi. ”
“ Allons, Dieu fasse qu’il se marie bientôt et qu’il ne regrette rien ! Moi, je serai peut-être heureuse, qui sait ? — Oui, oui, reprit Lise ; tu as bien assez pensé aux autres, il est temps que tu songes un peu à toi-même. Elle embrassa Tonine et se retira sans voir Sept-Épées, qui se baissa dans l’obscurité au moment où elle passa près de lui. Il resta là une heure, vingt fois sur le point de frapper et de dire à Tonine : — Ne vous mariez pas, j’en mourrais ! — Mais cette conduite lui parut indigne d’un homme de cœur, et, pour résister à la tentation, il s’enfuit dans la montagne. ”
“ Oh ! non, jamais, puisque j’épouse Tonine ! — Est-ce vrai ? est-ce possible ? s’écria à son tour Gaucher, dont l’étonnement se refléta sur la figure du parrain, immobile et stupéfait. Puis, tout à coup levant les épaules : — Mon garçon, dit le vieillard à son filleul, tu es donc toujours fou ? Toi, épouser Tonine ? à présent ? toi, toi ? — Mon Dieu ! reprit Sept-Épées cherchant des yeux Tonine, qui avait disparu, est-ce que vous voudriez y mettre empêchement ? Et pour quelle raison ? — Tu le demandes ? tu plaisantes, je crois ! Voyons, j’en ai assez, moi, de la plaisanterie ! ”
“ Gaucher, surpris, exhorta Sept-Épées à parler. Tonine attendit qu’il parlât. Sept-Épées, cherchant une échappatoire qui ne venait pas, demeura plus muet qu’une souche. Tonine sentit deux grosses larmes couler sur ses joues. Peut-être, s’il les eût vues, Sept-Épées eût-il été vaincu ; mais il ne les vit pas, et Tonine comprit qu’elle devait tout prendre sur elle. — Ne boudez pas, compagnon, dit-elle d’un ton enjoué qu’elle mit toute sa fierté et tout son courage à soutenir ; je ne vous suis pas ennemie et je ne vous méprise pas. Je vous sais honnête homme et bon ouvrier ”
“ C’est quelque chose, mon camarade, que d’être dans un endroit où les hommes ne sont ni endormis ni inconstants, et il n’y a guère d’habitants de la ville haute qui ne regardent avec orgueil les fumées et les tonnerres de la ville basse monter dans les airs, comme un cantique et un encens, en l’honneur de celui qui les a fait grandir et prospérer. — Tu as raison, répondit Sept-Épées, et ton bon courage me remonte les esprits ! Oui, elle est belle, notre ville basse, notre ville noire, comme on l’appelle dans le pays. ”
“ Comment Tonine savait-elle qu’il devait être reçu et accueilli chez la demoiselle, et qu’il y aurait précisément cette chambre-là ? Cette demoiselle si bonne... beaucoup trop bonne peut-être !... avait-elle un frère, un neveu ?... — Non, non ! s’écria Sept-Épées en se levant comme pour échapper aux suggestions d’un mauvais esprit ; tout ce qui me vient là est épouvantable, et Tonine est toujours un ange du ciel ! Tonine, Lise ! Tonine, Gaucher ! où êtes-vous ? Pourquoi suis-je seul au moment où mon cœur déborde et où ma tête se perd ? ”
“ Ceci bien prouvé, Sept-Épées, après beaucoup de luttes contre lui-même, comprit son devoir. — Il ne faut pas, se dit-il, qu’elle me voie souffrir ; il faut qu’elle ne perde pas l’occasion de son bonheur, puisque voilà un jeune homme qui l’aime comme elle le mérite, et mieux apparemment que je n’ai su l’aimer. Je n’ai qu’une manière de réparer mon tort : c’est de ne pas faire obstacle à son mariage, c’est de refouler ma jalousie et de cacher ma peine. Allons ! j’ai mis une fois mon courage à vaincre l’amour pour l’ambition, tâchons de le mettre aujourd’hui à vaincre l’amour pour l’honneur. ”
“ Qu’importe que j’aie ce chagrin ? se disait-il ; je sais bien que ce n’est pas le chagrin qui fait un homme solide et méritant : c’est au contraire ce qui l’affaiblit et le rabaisse. Tonine ne m’a-t-elle pas dit qu’il fallait persévérer dans mon entreprise ? Sans doute elle me mépriserait, si je quittais la partie pour aller pleurer à sa porte comme un chien battu. Allons ! un jour viendra peut-être où elle verra qui je suis, où les faits vaudront mieux pour la convaincre que de belles paroles pour l’attendrir ! Sept-Épées n’avait pas réalisé ses rêves d’aisance. ”
“ Gaucher avait chaudement partagé les illusions de son jeune ami. Il avait lui-même l’esprit jeune, et sa confiance dans le succès des autres le rendait aimable et conciliant. Il se consolait, par cette sympathie généreuse et désintéressée, d’une vie pénible et dure pour son propre compte. — Bah ! disait-il à sa femme quand celle-ci s’efforçait de lui persuader qu’il était plus heureux que Sept-Épées, on est toujours assez heureux quand on fait ce qui plaît ! Mon plaisir est de vivre et de travailler pour toi ; si le camarade pense différemment, il a bien fait de suivre sa pente. ”
“ Et, s’élançant comme une flèche sur le talus du chemin neuf, en deux sauts et trois enjambées, il arriva au niveau de la terrasse de Tonine, dont il franchit aisément la petite balustrade de briques chargée de clématites sauvages. Tonine était là en effet, elle l’avait entendu accourir, elle s’élança dans ses bras, et tous deux furent si contents de se revoir que les larmes coupèrent les premières paroles. Puis ils se regardèrent avec ravissement. Sept-Épées était plus que jamais le plus joli homme de la Ville Noire. ”
“ Aucun mouvement ne révélait cependant la présence d’un être humain. Sept-Épées frappa ; mais soit que le clapotement de l’eau couvrît le bruit, soit que l’on ne voulût pas répondre, il frappa en vain. Sentant sa curiosité excitée par ce silence, et remarquant que la lumière se projetait sur un rocher planté au beau milieu de l’eau, et tout à fait en face de la fabrique, il franchit le bras du torrent sur une planche qui y était fixée, et grimpa le bloc de manière à voir dans l’intérieur de l’habitation. ”
“ Il n’est guère d’homme qui, au moment d’en finir volontairement avec la vie, ne soit distrait de lui-même par l’occasion de sauver son semblable. Le malheureux vieillard, qui avait peut-être la tête déjà passée dans la corde, s’élança dehors et trouva Sept-Épées qui accourait vers lui, et qui le saisit dans ses bras, triomphant du succès de son stratagème. — Diable ! vous m’avez bien dérangé, dit le pauvre Audebert, quand tout fut expliqué de part et d’autre ; mais ce qui est différé n’est pas perdu ! ”
“ Un homme était seul dans ce hangar, le dos tourné à la lumière, qui se reflétait sur son front chauve et luisant. C’était un crâne élevé comme ceux des enthousiastes, mais défectueux dans la fuite du front, qui dénotait le manque de suite ou de force dans la réflexion. Il s’occupait à écrire au charbon sur le mur. Il écrivait gros et péniblement. Quand il eut fini, il se retourna, et Sept-Épées reconnut le pauvre Audebert, qui lui parut pâle avec les yeux ardents. ”
“ Au premier reproche de son jeune maître, le brave homme s’affecta profondément. Il était aimant, sensible, délicat à l’excès : il avait toutes les qualités du cœur, toutes les vertus de l’âme ; mais il était de ceux dont on peut dire, en comparant la machine intellectuelle à une machine d’industrie, qu’il manque à leur cerveau la cheville ouvrière. Il perdit trois jours à se reprocher sa faute, et Sept-Épées, voyant son découragement, fut forcé, pour le remettre à la besogne, de lui demander pardon de sa réprimande. ”
François Lenormant,
La magie chez les Chaldéens et les origines accadiennes…
(1874)
“ Les Sept, les Sept, — au plus profond de l'abîme les Sept, — abomination du ciel, les Sept, — se cachant au plus profond de l'abîme et dans les entrailles de la terre, — ni mâles, ni femelles, — eux, captifs étendus, — n'ayant 'pas d'épouses, ne produisant pas d'enfants, — ne connaissant ni l'ordre ni le bien, — n'écoutant pas la prière, —vermine qui se cache dans la montagne, — ennemis du dieu Èa, — ravageurs des dieux, — fauteurs de troubles, prépotents par la violence, — les agents d'inimitié, les agents d'inimitié, Esprit du ciel, souviens-t'en ! Esprit de la terre, souvienst'en ! ”
L. Vitet, Revue des Deux Mondes
“ Ainsi, vers les dernières années du XVIe siècle, pendant que les Sept-Provinces affermissaient leur liberté naissante grâce aux efforts de ces gueux héroïques qui, sur terre et sur mer, continuaient l’œuvre du Taciturne, rien n’annonçait encore qu’en matière de peinture ce nouveau petit peuple fût près de s’affranchir. ”
Aymard de Saint-Saud,
Armorial des prélats français du XIXe siècle…
(1906)
“ SCEAU (à relief) . — Ecu aux armes (il semble que l'or soit figuré par des diagonales) ; ornements comme le dessin donné ; légende : Abbaye de Sept-Fons (Allier) . 1. On remarquera que le scel à impression de Sept-Fons. que nous reproduisons, donne un semé de Coquilles, et erreur plus grave, un lion contourné. Nous appelons de nouveau respectueusement l'attention de ceux chargés de dessiner des blasons religieux sur l'intérêt qu'ils ont à consulter les sources, les bons auteurs, pour éviter des erreurs. La simplicité monastique doit marcher de front avec la vérité. ”
Félix Lajard, Recherches sur le culte public et les mystères de Mithra en Orient et en Occident… (1867)
“ Sept est un des nombres sacramentels les plus employés et les plus importants à étudier. Composé du nombre trois et du nombre quatre, il exprime l'harmonie de l'univers, le lien qui existe entre la triade et les quatre éléments générateurs, le rapport supposé entre les sept amschaspands, les sept planètes, les sept notes musicales, les sept jours de la semaine, etc. Comme le nombre trois, il joue un grand rôle dans la liturgie du zoroastrisme ”
Gabriele D'Annunzio,
Le martyre de saint Sébastien
(1911)
“ Il vise, les empennes contre l'oeil. DE SAINT SEBASTIEN 91 Mon Dieu, je te demande un signe, si je suis digne. Il décoche le trait vers le ciel pâle, entre les deux colonnes vivantes, au-dessus des lys splendides. Et il regarde, encore à genoux. Des hommes, des femmes accourent, se pressent, se tendent dans les entre-colonnements, en grande anxiété. Et tous ils regardent si la flèche ne retombe pas. ”
Gabriele D'Annunzio,
Le martyre de saint Sébastien
(1911)
“ DE SAINT SEBASTIEN 255 LE SAINT. Il porte la brebis autour de son cou, sur ses épaules. Le vois-tu? SANAE. 3785 Seigneur, seigneur, quels sont tes rêves? LE SAINT. Il n'est plus là. L'apparition s'évanouit ; mais l'ombre du Crucifié s'étend sur le laurier fatidique. Et l'ivresse du sang durera jusqu'au dernier soupir. Mon sang commence à couler, dans l'ombre qui croît. Les lauriers sont comme les lances hérissées autour de la Croix. 3790 Des profondeurs, des profondeurs j'appelle votre amour, Archers ! Des profondeurs, des profondeurs je vous appelle ! Rapprochezvous. La nuit tombe. ”
“ Cette multitude sera fière, et le cœur du roi s’enflera ; il fera tomber des milliers, mais il ne triomphera pas. Car le roi du septentrion reviendra et rassemblera une multitude plus nombreuse que la première ; au bout de quelques temps, de quelques années, il se mettra en marche avec une grande armée et de grandes richesses. 14. En ce temps-là, plusieurs s’élèveront contre le roi du midi, et des hommes violents parmi ton peuple se révolteront pour accomplir la vision, et ils succomberont. 15. Le roi du septentrion s’avancera, il élèvera des terrasses, et s’emparera des villes fortes. ”
Gabriele D'Annunzio,
Le martyre de saint Sébastien
(1911)
“ DE SAINT SEBASTIEN 223 3345 Il descend vers les Noires Portes. Tout ce qui est beau, l'Hadès morne l'emporte. Renversez les torches, Eros ! Pleurez ! Pleurez, ô femmes de Syrie ! 3350 Il va dans la pâle Prairie. Toutes les fleurs se sont flétries, hélas ! Pleurez ! Le Choeur s'éteint. L'Archer est haletant, éperdu. Il secoue sa chevelure, comme pour en faire tomber les anémones vénéneuses. D'une voix trouble qui passe à travers toute sa chair, il augmente sa propre frayeur. LE SAINT. Quel est ce jeune homme tout blanc assis à l'entrée du sépulcre? ”
Eugénie Foa,
Les Petits guerriers, contes historiques pour la jeunesse…
(1857)
“ A l'un des 80 sabords des Sept-Provinces, on remarquait un tout jeune homme, ayant pour second servant de droite de la pièce dont il était mireur et tireur un homme d'un âge mûr, qui tenait les yeux tantôt fixés sur la pièce, tantôt sur le jeune homme. ”
Sébastien Peytel,
Physiologie de la poire (2e éd…
(1832)
“ Du Sept-en-Gueule et de la Poire-Avocat. C'est ordinairement par sept et par neuf que les hommes ont habitué de compter les choses 154 extraordinaires. Ces nombres mystérieux, le nombre septennaire surtout, semblent avoir le privilège exclusif des miracles. Il y a sept merveilles dans le monde, sept merveilles dans le Dauphiné, sept cents vers dans la Justification de M. Barthélémy. Sept étoiles annoncèrent à Hugues , évêque de Grenoble, l'arrivé de Bruno et de ses six compagnons, (sept moines en tout) , dans le pays de Chartreuse. ”
Gabriele D'Annunzio,
Le martyre de saint Sébastien
(1911)
“ Personne encore ne peut le soumettre aux tourments ; car il est un Chef, il est le Chef de la cohorte d'Emèse, il est l'ami d'Auguste. 1305 — Il faut qu'avant on le dénonce à l'Empereur. — Il faut qu'il soit jugé par César. — Et il faut DE SAINT SEBASTIEN 85 qu'il soit dépouillé des insignes. — Qu'on l'empêche de se livrer 1310 à son délire. LE SAINT. Archers d'Emèse, archers d'Emèse, je le ferai. LES ARCHERS D'EMESE. — Entendez le son de sa voix. On en tremble. Tout coeur tressaille. 1315 — Il est sacré par la Manie. — Il est hors de lui-même. Il porte un maléfice. ”
Stéphanie Bigot, Le Château de Bois-le-Brun, ou Une Famille mixte… (1885)
“ Après son départ, on parla dos vertus vraiment admirables de cette famille qui avait donné tant d'auxiliaires à l'Eglise, car le curé des Sept-Fonls était le troisième de cette maison honoré du sacerdoce. Leur soeur unique était religieuse dans un ordre célèbre par sa piété et ses succès dans l'éducation des jeunes personnes. Le colonel était seul resté dans le siècle et y vivait dans la pratique exacte des vertus chrétiennes. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Résidence du Vladika ou prince-évêque du Monténégro. CETTINA, riv. de Dalmatie, coule d'abord du N. O. au S. E., puis à l'O. et se jette dans l'Adriatique sous les murs d'Almissa, après avoir formé plusieurs cascades; cours, env. 100 kil. CEUTA, jadis Septa, v. du Maroc, vis-à-vis de Gibraltar, appartient à l'Espagne; 10 000 hab. C'est le plus important des présides. Place forte. Évêché. — Septa, fondée sans doute par les Carthaginois, reçut une colonie romaine, devint la métropole de la Mauritanie Tingitane, passa aux Vandales, puis aux Arabes et fut prise par les Portugais en 1415 ”
Charles-Michel de L’Épée, L’Art d’enseigner à parler aux sourds-muets de naissance
“ Et où pourrait-on mieux parler de M. l’abbé de l’Épée que devant cette assemblée qui voit, dans son sein, le disciple de ce grand homme, l’héritier de ses talens et de son amour pour les sourds-muets ? Où pourrait-on mieux parler de ce bienfaiteur de l’humanité, qu’en présence de cette Société toute dévouée au bien, et qui se glorifie de la protection particulière de ce Prince, digne rejeton du sang des Bourbons ; en qui, parmi mille vertus, éclate surtout la bienfaisance. ”
