Marius-Ary Leblond

Résumé

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 2… (1927)

De son coup de Jarnac il trépignait avec une joie de rapin qui ravissait Vaillant, et même, à travers son mécontentement, M. Le Croizec.
Dans la maison, outre Fernande suffoquée, la famille désapprouvait rigoureusement l'article odieux. Le doux bon sens de Mme Le Croizec se refusait à le comprendre :
« Quand on n'est pas d'un pays et qu'on vient y gagner sa vie, le respect des mœurs et des idées est le premier devoir, sinon de reconnaissance, de politesse...
— Seule Geneviève l'approuve ! accusa, par vengeance, Fernande.
— Non, je le blâme : mais je me tais par réserve. »
Source : Gallica

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 2… (1927)

Gaston, tu sais que je ne suis pas croyante : je le suis encore moins que toi. Eh bien ! toute cette aventure me choque étrangement. De même que je n'admets le mariage religieux que pour des gens qui croient très sincèrement, de même je n'admets le mariage civil aussi brutalement imposé à la population que pour des gens qui ont vraiment dans l'âme un idéal laïque : tu m'avoueras que ce n'est ni ton cas ni surtout celui de ta fiancée... Je sens qu'elle n'y va point... que par intérêt mais par pis : par goût de l'esclandre.
— Comme toujours tu as raison, grande
sœur!
Source : Gallica

Marius-Ary Leblond Les martyrs de la république. 2… (1927)

« Oh! s'il vous plaît, non, lança-t-elle en portant gaiement les mains devant ses yeux. Je suis fatiguée de la voir depuis que je suis née : elle me rappelle trop que je vivote en province. »
Gaston s'approcha d'elle, grillant de l'embrasser, et ils se mirent, l'un contre l'autre dans le charme de leur prochaine intimité, à
rire à l'unisson, longuement, comme d'un secret commun si spirituel que tout le monde, égayé, s'accorda à cette pensée sans doute très malicieuse pour le bon Quimper trop sérieux dont la rumeur somnolente entrait par la croisée.
Source : Gallica

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