Lucien Biart

Élements biographiques

Lucien Biart,  Pile et face

“ L'ignoble Blanchote valait mieux que cette coquette, se disait-il; elle ne frappait que le corps, au moins.
—À toutes ces douleurs, dont Hélène m'abreuve sans paraître en avoir conscience, s'écria Gaston, elle est prête à en joindre une dernière, celle du ridicule et du déshonneur.
—Tu vas trop loin, dit l'artiste avec gravité; voyons, si tu es jaloux, c'est que tu aimes encore ta femme; l'avenir peut tout réparer.
—Je ne l'aime plus, répondit Gaston; l'incroyable sécheresse de cette âme dont l'enveloppe est si charmante, a tué l'amour dans mon cœur.
”
Source : Gutenberg

Lucien Biart,  Le pensativo : scènes de moeurs mexicaines (1884)

“ Tu me demandes sa grâce, à moi, pour partir avec lui!
— Je ne suis pas sa femme, Cayétano, et je ne quitterai jamais notre mère.
- Tu l'aimes?
- Pourquoi fouiller mon cœur? dit la créole dont les yeux se remplirent de larmes ? Pourquoi le blesser et chercher à blesser le tien en essayant de m'arracher un aveu pénible ?
— C'est que je t'aime et que je suis jaloux.
— Mais tu as l'âme noble ; je te connais aussi. Tu as toujours vanté les héros, ceux qui savent se sacrifier. Tu veux venger ton père ; à quoi bon te dire que la plus noble des vengeances, c'est le pardon?
”
Source : Gallica

Lucien Biart,  Les ailes brûlées (1881)

“ Je sens le besoin de changer de vie ; on dirait que je suis lasse de tout ce qui a fait mon bonheur passé.
Tante Annette prit la tête de sa nièce entre les mains et la regarda dans les yeux.
– Tu m'inquiètes, lui dit-elle, tu ne m'as jamais parlé ainsi. Es-tu malade ? Quelle cause a ton chagrin ? D'où viennent tes appréhensions ?
– Je n'en sais rien, répondit Marthe avec candeur ; par moments je me sens triste jusqu'à pleurer, et, une heure après, sans plus de motifs pour expliquer ma joie que ma tristesse, je deviens gaie à ne pouvoir m'empêcher de rire.
”
Source : Gallica

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