Résumé

Lucien Biart L’Eau dormante, scènes de la vie mexicaine

J’aime ces noirs rochers, ces bois pleins d’ombre, ces champs pleins de soleil, mon lac mystérieux, sauvage, endormi. Lorsque tu pars, je m’installe sur la terrasse ou sur le balcon, puis, comme les châtelaines des vieux âges, j’attends. L’écho m’annonce ton retour, car je connais le pas de chacun de tes chevaux. Quelle joie de te voir déboucher du sentier, accourir et t’asseoir là, jamais assez près ! Que c’est bon d’aimer, quand c’est toi que l’on aime ! — Et la belle créole, se renversant sur son hamac, enveloppait son mari de regards doux, caressans, pleins de molles langueurs.
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Lucien Biart L’Eau dormante, scènes de la vie mexicaine

Doña Lorenza eut un éclat de rire si bruyant, si franc, que son amie se redressa.
— Ou je te connais mal, ou tu ne riras pas demain, Lorenza, s’écria-t-elle, et tu auras alors besoin des conseils, des consolations que je venais chercher près de toi.
— Des consolations, ma bonne Quirina, pour quel mal, s’il te plaît ? Que ton mari soit amoureux de la chanteuse, je le crois, puisque c’est toi qui me l’affirmes ; mais comment veux-tu que je ne rie pas en t’écoutant ranger don Luis parmi les adorateurs de cette étrangère ?
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Lucien Biart L’Eau dormante, scènes de la vie mexicaine

D’ordinaire la vertu ne se loge pas si bien. Et cette vive personne qui secoue la tête en parlant, et dont l’éventail bat l’air avec la grâce et la vivacité d’une aile d’oiseau, qui est-elle?
doña Paulina Miranda.
— Elle rit trop haut. Jésus! comme disent vos jolies compatriotes, si elle piaffe encore une fois, ses cheveux vont se dénouer et nous révéler les secrets du coiffeur.
— Si les cheveux de doña Paulina se dénouent, don Alberto, ce qui n’est pas impossible, elle en sera enveloppée tout entière. Nos femmes ne connaissent ni les fausses nattes, ni le fard, ni les fausses dents.
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