“ Je vous aime, don Luis, oh ! comme jamais homme n’a été aimé sur la terre ; mais je vous aime pour vous, non pour moi ; votre gloire m’est aussi chère qu’à vous-même, votre mémoire doit rester sans tache comme votre vie a été sans souillure. Don Luis, moi pour qui vous êtes tout, vous l’homme pour lequel je sacrifierais ma vie s’il le fallait, je suis venue vous dire : Mourez, comte, mourez noblement, tête haute ; tombez comme un héros, votre mémoire restera comme celle d’un martyr. ”
Luis
Définition et enjeux
Le nom de Luis apparaît souvent dans la littérature comme un personnage emblématique de la noblesse, de l’honneur et des conflits moraux. Des auteurs comme Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy ou Paul Duplessis l’ont abordé à travers des récits où il incarne la fidélité, la générosité et la tension entre obligations sociales et sentiments humains.
Dans Curumilla, Gustave Aimard célèbre sa grandeur morale, tandis que Le Batteur d’estrade de Duplessis met en lumière ses dilemmes affectifs. Ces représentations, diverses et riches, révèlent une figure complexe, liée à des thèmes comme l’amour, la responsabilité et la recherche de valeurs.
Citations sur “Luis”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Vous n'avez pas deviné, reprit Don Luis, vous avez inventé ! et cette invention prouve une imagination trop exercée, un coeur perverti. S'il y a ici un lâche séducteur, ce n'est pas moi, et ma présence est moins odieuse assurément que vos suppositions. ”
Paul Duplessis,
Le Batteur d’estrade
“ Luis, je vous montrerai mes livres, ils disent tous la même chose ! Luis, je ne crois pas que vous ressembliez aux grands seigneurs ; vous êtes bon, noble, généreux ! Il n’y a personne qui soit meilleur que vous. Je nierais plutôt la lumière du soleil que je ne suspecterais la loyauté de vos intentions ! Ce que je crains, Luis, ce n’est pas que vous m’abandonniez jamais... au contraire ; ce qui m’épouvante, c’est la pensée que, quand vous ne m’aimerez plus, votre honnêteté vous forcera de rester avec moi. — Ne plus vous aimer, Antonia ! ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Celte guerre n'aura pas lieu ; Don Luis fidèle a son serment viendra dire à mon père : me voilà ; je suis aussi riche que le plus riche d'Espagne ; je suis aussi noble que le roi ; je suis aussi amoureux que l'était le Cid, et je viens apporter dans votre famille cette imposante richesse, cette noblesse de vieille date, car mon coeur est à votre Léonie. Comment un père pourrait-il. ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Aussi, tout en approchant du terme tant désiré de sa course, Don Luis avait-il le coeur serré par une inexprimable angoisse. En s'éloignant de sa prison il avait pensé à ce malheureux bohémien qui pour quelques réaux lui sauvait la vie et allait peut-être payer bien cher son dévoûment ou sa cupidité. ”
Paul Duplessis,
Le Batteur d’estrade
“ Allons, Luis, montre-toi ce que tu es, le plus noble, le plus généreux des hommes ; jure-moi que, si je meurs, non-seulement tu n’attenteras pas à tes jours, mais que tu t’occuperas sans trêve et sans relâche de réaliser tes beaux rêves de gloire ! ”
Céline Fallet, L'école des beaux-arts (1864)
“ Ses études terminées, Luis se livra à son goût pour la poésie et composa plusieurs satires pleines d'esprit et de feu, qui lui firent d'irréconciliables ennemis. Il n'en prit nul souci et ne craignit pas d'attaquer les grands. Son temps se partageait entre la culture de son art et les plaisirs d'un jeune seigneur qui, sûr de sa supériorité sur le vulgaire, croit n'avoir rien à ménager. ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ La conversation des deux amants prit alors un cours moins régulier, mais plus large, comme c’est la coutume entre gens qui sentent autant qu’ils raisonnent, et il y fut question de plus d’intérêts, de sentiments et d’événements que les limites de cet ouvrage ne nous permettent d’en rapporter. Luis, comme c’est l’ordinaire, fut tour à tour inconséquent, jaloux, repentant, plein de passion et prodigue de protestations : tantôt son imagination ne lui peignait que malheurs, tantôt il se figurait un paradis sur la terre. ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Deux torrens de larmes sillonnèrent alors le visage de Don Luis. Le vieux prêtre qui s'était ; d'abord éloigné du jeune homme SAINT-JEAN DE LUZ. 207 comme pour éviter le contact des passions terribles; que trahissait son désespoir, se rapprocha: et, prenant sa main avec un mouvement de bonté paternelle, sembla l'engager à la confiance. Bientôt, assis entré Don Luis et Léonie, et les rassurant alternativement par un regard d'une inexprimable douceur, le vieillard apprit toute cette histoire de larmes et de sang. ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Pour moi, je ne réclame rien, dit Georges, du bas du promontoire où le tenait un groupe de soldats espagnols ; ma vie est à vous ! Mais don Luis, loin de mériter le sort que vous lui préparez, mérite des éloges, et vous devez lui rendre sa liberté. Je jure sur mon âme, qui va paraître devant le Créateur, qu'il est innocent des crimes que vous lui reprochez. Je jure qu'il n'avait les armes à la main, quand on l'a pris, que pour défendre, contre mes hommes, le capitaine du navire que j'avais capturé. ”
Ernest Mérimée, Essai sur la vie et les oeuvres de Francisco de Quevedo… (1886)
“ Luis, sans jamais tomber dans la vulgarité, ne cherche pas à paraître extraordinaire en étalant des richesses empruntées. La diction, pleine de majesté, convient à la magnificence des sentences, mais elle ne se fait jamais valoir aux dépens de l'idée ; elle ne se dissimule point et ne va pas se perdre dans l'obscurité. ”
Lucien Louis-Lande, Essais et Notices — Un Roman de mœurs espagnol
“ Aussi bien les divers caractères nous sont connus, l’intrigue est toute tracée, le dénoûment se devine ; la partie qui suit, de beaucoup la plus longue et la plus détaillée, n’offre pas le même intérêt. C’est un récit épisodique attribué au doyen, l’oncle de don Luis, qui l’écrit après coup, par manière de distraction et pour servir à l’occasion d’enseignement aux générations futures. L’excuse est naïve ; un romancier de profession eût su trouver aisément quelque expédient pour relier entre elles les deux parties de son œuvre. ”
Lucien Louis-Lande, Essais et Notices — Un Roman de mœurs espagnol
“ Le pauvre Luis d’abord s’étonne, proteste, puis finit par se résigner. En vérité, c’est trop souffrir, si l’on se mêle à une partie de campagne, que d’aller ainsi à l’arrière-garde, bourgeoisement planté sur une mule docile, entre la grosse tante Casilda et le vieux curé, tandis que par devant les autres jeunes gens caracolent sur de beaux coursiers et que Pepita elle-même, dirigeant avec aisance une superbe bête, laisse tomber en passant sur le pauvre théologien un regard d’affectueuse pitié. D’ailleurs un prêtre a souvent besoin de savoir monter à cheval. ”
Augustin Challamel, Un Été en Espagne, par Augustin Challamel… (1843)
“ Ce guide s'appelait Luis (Louis) . Un homme grand, sec et maigre. Il n'avait plus la jouissance de toutes ses dents. Ses cheveux étaient gris et rares. Il paraissait actif, intelligent, parlait le français comme un Auvergnat qu'il avait été jadis, et espagnol comme un Grenadin qu'il était maintenant. Nous ne connaissions personne à Grenade, assez pour nous servir de cicerone. Luis était un guide payé semblable à ceux dont j'ai parlé dans le chapitre Aranjuez. ”
Alain-René Lesage,
Histoire de Gil Blas de Santillane
“ Don Luis ne fut pas moins charmé que surpris de ce qu’il venait d’entendre, il se jeta aux pieds de ma maîtresse, et lui dit avec transport : Ah ! belle Aurore ; croirai-je en effet que je suis l’heureux mortel pour qui vous avez eu tant de bontés ? Que puis-je faire pour les reconnaître ? Un éternel amour ne saurait assez les payer. ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Les souvenirs étaient restés bons, seuls les hommes étaient bien changés! Don Luis était toujours le brave et loyal jeune homme, comme au temps où il était à NewYork avec ses amis; mais l'amour s'était emparé de son coeur ardent et passionné, il occupait toute sa pensée. . Georges et Boulinard étaient bien toujours les braves marins que don Luis avait connus autrefois ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Oui! j'en fais le serment! répéta miss Lucy d'une voix pleine d'énergie. — 0 bonheur! exclama don Luis. Maintenant je puis braver tous les obstacles qui pourront s'opposer à notre union, à notre bonheur! Je serai fort, puisque je serai sûr de toujours posséder votre coeur! Ah! maintenant j'ai le levier avec lequel je pourrais soulever le monde, puisque j'ai votre amour! puisque j'ai cette puissance invincible qui triomphe de tout. — Calmez-vous ! don Luis, dit miss Paget ; il faut mettre du calme et de la raison en toutes choses. ”
José Zorrilla,
Don Juan Tenorio
“ DON LUIS Je viens vous tuer, Don Juan. DON JUAN D’après ceci, vous êtes Don Luis ? DON LUIS Le cœur ne vous a pas trompé : ne gaspillons pas le temps, Don Juan ; il n’y a plus de place pour tous les deux sur la terre. DON JUAN En conclusion, señor Mejia, est-ce à dire que parce que je vous ai gagné le pari, vous voulez que la fête s’achève en allant nous battre ? DON LUIS Vous avez trouvé la raison : Nous avons parié la vie, force est maintenant de payer l’enjeu. ”
Paul Duplessis,
Le Batteur d’estrade
“ Antonia profita de ce temps d’arrêt pour reprendre la parole. — Luis ! s’écria-t-elle, ton indécision et ton embarras m’apprennent que tu essayes de te tromper toi-même ! Tu cherches dans ton instruction des arguments que ta bonne foi te refuse. Mon Luis, tu as eu jusqu’à présent raison. Il n’y a sur la terre qu’un seul honneur, un honneur que l’ignorant et le savant ne peuvent comprendre de deux façons différentes ; mais cet honneur, Luis, ce n’est pas la vanité. Je te jure que, si le marquis de Hallay t’avait adressé une mortelle injure, je ne retiendrais pas ton bras !... ”
Miguel de Cervantes Saavedra,
L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
“ Ce qui vous reste à faire, seigneur Don Luis, c’est de vous résigner patiemment, et de reprendre le chemin de la maison, si votre grâce ne veut pas que son père, mon seigneur, prenne celui de l’autre monde ; car on ne peut attendre autre chose de la peine que lui cause votre absence. ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Aussitôt que don Luis l'eut déposée sur la plage où miss Paget prenait en même temps pied, elle se releva; puis, embrassant le jeune Havanais avec transport, elle lui dit : — Merci, cher sauveur ! Voilà bien des fois que je vous dois la vie! Aussi vous appartient-elle tout entière et pour toujours ! — O ma bien-aimée ! fit Luis en répondant avec bonheur aux marques de tendresse de miss Lucy, ô ma bienaimée! si mes forces m'avaient abandonné, ne pouvant suffire à soutenir un aussi précieux fardeau, l'immensité de l'Océan eût été notre tombeau commun ! ”
Lucien Louis-Lande, Essais et Notices — Un Roman de mœurs espagnol
“ Don Luis d’abord, comme s’il cherchait à se convaincre lui-même, allègue le devoir, parle de dévoûment et de sacrifice ; mais la jeune femme est rebelle à toute raison, modestement elle avoue sa faiblesse, elle n’est pas assez pénétrée de Dieu pour consentir au sacrifice ; elle aime et veut aimer, l’abandon la tuerait. A s’expliquer ainsi, on finit toujours par s’entendre. Vient un moment où le pauvre Luis oublie ses pieuses résolutions, et lorsque Pepita, — est-ce trouble réel ou simplement coquetterie ? l’un et l’autre peut-être, — se réfugie dans son alcôve, fou d’amour il vole après elle. ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Depuis longtemps la jeune fille attendait le signal de l'entrevue dernière qu'elle avait accordée à Don Luis, et que le jardinier, gagné par l'espagnol, leur avait ménagée dans le parc ; avertie par le bruit des armés, elle voulait sans doute se jeter entre les combattans. Pendant que Fabrice et le jardinier s'efforçaient de secourir le mourant, Don Luis s'élança vers elle; mais Léonie vit aussitôt les taches du sang qui avait jailli sur ses vêtemens, et muette et pâle, elle demeura devant lui comme une apparition funèbre. ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ Je préfère remonter un peu dans l'histoire de mon héros et raconter ses premières années; c'est d'ailleurs, un bon moyen de connaître un homme que d'interroger sa vie passée. Don Luis rigidement élevé par sa mère, grande dame d'Espagne , très-fière de ses aïeux et très-inquiète de sa postérité, fut envoyé à Salamanque où il fit ses études. ”
Charles Habeneck, Justice (1863)
“ Luis, répliqua-t-elle, où veux-tu que j'aille, je n'ai plus que toi au monde ? Et puis je veux souffrir avec toi et pour toi. Tu ne sais donc pas ce qu'il y a de bonheur à souffrir pour ceux que l'on aime ? Je ne comprenais pas quelles étaient les idées qui t'animaient, maintenant le voile s'est déchiré comme par enchantement. Tout ce que tu penses, je le pense aussi. Moi aussi, je veux travailler à la liberté de l'Espagne. Après la procession du Corpus, tu te souviens, lorsque je te laissai partir, je compris bien que je ne pouvais plus vivre sans toi. ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Après le départ de sir Sunders, don Luis se livra aux réflexions les plus désespérantes ; l'idée d'être obligé de quitter la maison où le bonheur était venu, un instant, le visiter lui déchirait l'âme ”
Bachaumont, Rolande, étude parisienne (1873)
“ Don Luis était un Espagnol de Cuba, né et grandi sous les rayons du soleil des Antilles, et son coeur en avait reçu l'empreinte. Habitué dès l'enfance à n'avoir aucun contrôle à ses volontés, à voir ses moindres caprices réalisés, il n'était pas" homme à admettre pour son amour les obstacles que créent en Europe les convenances de la vie mondaine. ”
“ Certes, le comte eût été acquitté si sa mort n’avait pas été résolue d’avance. Don Luis, qui pendant tous les débats était demeuré calme et impassible, écoutant les fausses déclarations et les imputations calomnieuses des témoins sans tressaillir et sans adresser un reproche à ces ingrats qui le sacrifiaient lâchement, se sentit ému malgré lui de la chaude parole de son défenseur ; il se leva, et lui tendant la main avec une grâce inimitable : — Merci, monsieur, lui dit-il ; je suis heureux, parmi tant d’ennemis, d’avoir rencontré un homme tel que vous. ”
Édouard Ferdinand de La Bonninière Beaumont-Vassy, Don Luis, histoire du dernier héritier de Don Juan… (1839)
“ On dit que nous avons en nous une bonne et une mauvaise influence, un ange gardien et un mauvais ange: j'y crois! mais, chez moi, pourquoi l'ange gardien ne parle-t-il que lorsque le mauvais ange a parlé ? Pauvre Léonie! ajouta Don Luis en regardant sa pâle compagne, pauvre femme ! dont j'ai brisé la vie, pourras-tu jamais me pardonner de t'avoir ravie à une tendre famille , d'avoir rompu les liens chéris qui t'attachaient à elle? mon amour sera-t-il jamais capable de te faire oublier de telles, souffrances? ”
Gustave Aimard,
La Fièvre d’or
“ Don Luis, madame, répondit complaisamment l’Espagnol, est un vrai caballero, bon, noble et généreux, toujours prêt à venir en aide de sa bourse ou de son épée à ceux qui réclament son appui ; depuis que j’ai l’honneur de vivre en sa compagnie, j’ai été maintes fois à même d’apprécier la grandeur de son caractère. ”
Jules Claretie,
Histoires cousues de fil blanc
(1866)
“ Eh bien ! dit Jose, dont l'oeil s'injectait de sang, moi aussi, moi aussi je ferais cela ! Ecoute, Luis, dit-il, je te dois la vie, car ton père m'a fait élever à tes côtés, moi l'orphelin, l'enfant des Bohêmes, car il m'a vêtu, moi, pauvre & nu ; car il m'a instruit, moi l'ignorant & le mendiant. Je t'aime comme un frère, plus qu'un frère, et tu m'aimes aussi. Cet autre amour nous sépare ; la fatalité le met entre nous. Soyons forts, Luis ! jamais tu ne me céderais Dolorès ; moi, je la tuerais plutôt que de la voir à toi ! Eh bien ! qu'elle ne soit à aucun de nous, Luis, fuyons... ”
James Fenimore Cooper,
Mercédès de Castille
“ Don Luis prononça ces mots d’un ton grave ; la sincérité éclatait sur son visage, et il était impossible de ne pas voir qu’il pensait ce qu’il disait. Si les hommes réfléchissaient sur les suites qu’ont souvent leurs moindres paroles, ils mettraient moins de légèreté dans leurs discours, et la race des rapporteurs, depuis la classe la plus basse jusqu’au rang le plus élevé, finirait par s’éteindre, faute d’occupation. Peu de gens s’inquiétaient moins des conséquences de ce qu’ils disaient et y songeaient moins souvent que Luis de Bobadilla ”
Jean Cathérineau, Le Paramaribo, roman maritime et de moeurs créoles (1866)
“ Les malheureux naufragés traversèrent la moitié du chenal dans une mer parfaitement tranquille et qui ne leur opposa nulle difficulté sérieuse. Déjà don Luis, en relevant la tête, apercevait le rivage à dix ou quinze pas devant lui; déjà son coeur battait dans sa poitrine en pensant que si près était la fin de leurs misères et leur salut. — Victoire ! s'écria-t-il dans le transport de sa joie ; victoire! ma bien-aimée, nous sommes sauvés!. — Dieu nous protège, mon ami! répondit miss Lucy; Dieu nous protège! Il veut nous tirer du malheur qui nous poursuit depuis si longtemps. ”
Jacques Lermont, Les cinq nièces de l’oncle Barbe-Bleue
“ À quoi servirait d’être riche, si l’on ne savait pas partager, disait Valentine. On partageait donc, et la joie que ressentait Luis en voyant le bonheur qu’il versait à pleines mains le récompensait amplement. Il ne pensait plus à être envieux de personne ; il ne craignait plus d’être un objet de répulsion ou de raillerie ; il ne voyait partout que des figures amies et reconnaissantes. ”
