Résumé

Jacques Lermont Les cinq nièces de l’oncle Barbe-Bleue

C’était déjà bien assez d’avoir à vivre chez un oncle qu’on ne connaît pas, sans avoir encore à s’entendre avec quatre petites filles.
— Alors, tu ne les aimeras pas mieux que nous ? demanda Jacques, un peu inquiet quand même.
— Jamais ! déclara Valentine avec emphase. Je n’aime que vous, vous le savez bien.
Lolo lui sauta au cou dans son enthousiasme.
— Tu nous diras comment qu’il est, l’habit de l’oncle, lui dit-il entre deux baisers.
— Comment veux-tu qu’il soit ? comme tous les habits du monde.
— Pas du tout, puisqu’il est tout cousu d’or, cela doit se voir !
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Jacques Lermont Les cinq nièces de l’oncle Barbe-Bleue

Un rayon de soleil, filtrant à travers la toiture vitrée de la gare, les illuminait tous. Il faisait étinceler les galons du capitaine, mettait comme une auréole d’or au front des lycéens, et changeait en diamants les perles de jais du chapeau de la bonne Mme Maranday, dont la figure un peu commune était transfigurée par l’émotion.
Tous adressèrent aux voyageuses des signes amicaux jusqu’à ce que le train se perdît au loin, et, faute de mieux, la pauvre miss Dora agitait frénétiquement son ombrelle, quoique sa maussade petite élève ne fût pas à la portière.
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Jacques Lermont Les cinq nièces de l’oncle Barbe-Bleue

Elle l’avait bien deviné ; l’Oncle trompé par les apparences, rebuté par sa froideur qu’il prenait pour de la maussaderie, par sa timidité qui semblait presque de la bêtise, trouvait que, parmi les petites cousines dont le sort l’avait gratifié, une seule était peu sympathique : Valentine. En vain Mlle Favières essayait de protester, l’original personnage ne lui en laissait pas le temps :
« Elle n’a rien pour elle, cette enfant, rien, pas même l’enjouement et l’insouciance de l’enfance, voyez-la se promener à l’écart ; elle n’a pas seulement su se faire aimer de ses camarades. »
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