Blanche Cremnitz

Résumé

Blanche Cremnitz Charlotte et ses amis (1927)

Je me sauve. Au revoir, Madame; au revoir, mes chères amies; adieu, Monsieur. Et toi, petit ange, viens vite m'embrasser!
— Est-elle heureuse, cette Charlotte, d'être la fille d'un directeur de journal! dit Valentine, quand son amie est partie. Elle va au théâtre autant qu'elle veut !
— Au Théâtre-Français, surtout! dit Eugène, d'un air moqueur.
— Le fait est que si elle va ce soir aux Italiens comme elle est allée hier aux Français, dit Adrienne, la musique ne lui donnera pas la migraine.
— Pourquoi reparler de cela ? fit Mathilde, contrariée.
— Qu'est-ce donc? demanda Mme Fleury.
Source : Gallica

Blanche Cremnitz Charlotte et ses amis (1927)

Comme on était en famille, Valentine était, ce jour-là, naturelle et rieuse, c'est-à-dire charmante.
En voyant d'un peu loin la foule qui se pressait autour de la girafe, Antony se mit à pleurer.
— Pourquoi pleures-tu, Tony ?
— Qu'est-ce qu'il a ?
— Où as-tu mal, Tony ?
Ces trois phrases jaillirent immédiatement des lèvres des trois sœurs éplorées.
— Y a trop de monde. Hi ! hi! Tony ne verra pas la zirafe...
N'aie pas peur, Tony, dit M. Fleury. Tu verras la girafe, malgré la foule, et sans que je te porte, encore ! Tiens, regarde en l'air !
Source : Gallica

Blanche Cremnitz Charlotte et ses amis (1927)

Mais où est votre mère ?
— Elle est allée promener Tony aux Tuileries, dit Adrienne.
Au même instant, Mme Fleury rentra avec Antony; elle se jeta avec effusion dans les bras de M. Fleury.
— Ah ! mon ami, quel bonheur et quelle gloire! La nouvelle de la prise d'Alger est affichée dans tout Paris ! Depuis quatre jours, le drapeau du roi de France flotte sur le palais du dey...
— Et pis, le tanon, il a fait boum! dit Antony d'un air fier.
— Et j'espère que Tony n'a pas eu peur, dit le père, en élevant l'enfant à sa hauteur pour l'embrasser.
— Non, Tony est un homme.
Source : Gallica

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