Julie Gouraud

Résumé

Julie Gouraud Les filles du professeur (1876)

La conversation ne tarissait pas pendant ces tête-à-tête : « Papa et maman ont beaucoup pleuré quand vous avez été partis tous les deux, Charles.
— Et maintenant, Anne?
— Maintenant, ils sont enchantés, quoiqu'un peu jaloux, parce qu'ils voient bien qu'Hélène vous aime beaucoup, beaucoup. » Cette confidence valut un tendre baiser à la petite fille.
Hélène était d'une gaieté qui ravissait tout le monde. Elle faisait aussi bien les honneurs du pays que de sa maison; à l'en croire, il ne fallait pas perdre de temps : « Les jours passent si vite lorsqu'on est heureux! » disait-elle.
Source : Gallica

Julie Gouraud Les filles du professeur (1876)

Au même instant, Joseph, fier d'avoir une nouvelle à donner, accourait à toutes jambes : «Maman, maman, c'est M. Aubrun : il a mal aux yeux.
— Il est aveugle! » s'écria Anne, avec l'accent d'une douloureuse conviction. Elle voulut se lever, les forces lui manquèrent; Marie la reçut dans ses bras.
Mme Liébert vint annoncer à ses enfants qu'effectivement une ophthalmie privait à jamais le docteur de la vue, mais que sa bonne santé et sa résignation adoucissaient autant pour lui que pour les autres cette cruelle épreuve. Anne pleurait, sanglotait, lorsque M. Aubrun fit son entrée au salon.
Source : Gallica

Julie Gouraud Les filles du professeur (1876)

Quand le printemps sera venu, nous nous promènerons ensemble, c'est moi qui t'expliquerai tout; chère petite sœur, que tu es donc gentille !
— A propos, Adrien, dis-moi comment est ma figure, personne n'en parle. Papa dit qu'Hélène est jolie, que Marie ressemble à maman, mais il n'est jamais question de moi !
— Eh bien, mademoiselle Anne, asseyez-vous, levez la tête, restez tranquille. Vous avez de beaux cheveux noirs bouclés, un front charmant, de fins sourcils, un petit nez assez gentil,
une bouche qui rit bien et laisse voir vos dents blanches.
Source : Gallica

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