Julie Gouraud

Résumé

Julie Gouraud Cousine Marie (2e édition) (1879)

Depuis le jour où j'ai cessé d'avoir ce qu'on appelle des succès, j'ai ressenti un chagrin, dont toi, sage enfant, tu ne peux avoir l'idée. Avoir été belle et ne plus l'être, c'est une défaite que je n'ai pas eu la force de supporter. La beauté est un don fatal.
— Ne dis pas cela; les anges sont beaux. La beauté est l'œuvre de Dieu, c'est notre orgueil qui gâte tout.
— Marie, tu es charmante, mais tu ne peux t'imaginer à quel point une femme peut être vaine de la beauté de son visage, et encore moins de la douleur
qu'elle ressent lorsque sa beauté a disparu.
Source : Gallica

Julie Gouraud Cousine Marie (2e édition) (1879)

Aimer les enfants, c'est se plaire avec eux ; c'est se souvenir qu'on a été enfant soi-même, qu'on a joué à la balle, qu'on a eu un petit jardin, qu'on a pleuré un oiseau chéri, échappé de sa cage par notre imprudence, et qu'on s'est consolé tout de suite par la présence d'un autre prisonnier ; c'est se souvenir qu'on a fait des pâtés sur son cahier et qu'on s'est barbouillé d'encre jusqu'à la racine des cheveux.
Mademoiselle Cormery se souvenait de tout cela ; elle jouait avec Rose.
Source : Gallica

Julie Gouraud Cousine Marie (2e édition) (1879)

Marie avait appris de madame Lombard que la femme fait la maison par son ordre et son économie, qu'elle ne doit jamais chercher à paraître plus riche qu'elle ne l'est en réalité. Ces conseils avaient été fidèlement suivis par la jeune ménagère qui, n'ayant point escompté l'avenir, jouissait tranquillement de l'aisance que lui procurait son travail.
Cependant l'avenir était toujours la préoccupation habituelle du père : elle est heureuse, se disait-il, du bonheur qu'elle me donne ; mais quelle tristesse pour moi de voir cette charmante fleur rester dans l'ombre !
Source : Gallica

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