Gustave Aimard

Gustave Aimard

Résumé

Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Fièvre d’or

Le comte attira à lui une butacca, s’assit en face de Valentin, prit un cigare dans l’étui que son frère de lait lui avait tendu, et l’alluma.
Le chasseur suivait tous ses mouvements avec attention ; lorsqu’il le vit commodément installée :
— Parle, lui dit-il.
— Hélas ! ma vie n’a rien de bien intéressant : elle a été semblable à celle de tous les aventuriers ; tantôt riche, tantôt pauvre, j’ai erré de tous les côtés, parcourant le Mexique dans tous les sens en traînant constamment après moi, comme la chaîne du forçat, le souvenir de mon bonheur perdu.
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Fièvre d’or

Oh ! tu as noblement tenu ton serment, partout et toujours, frère.
— Et toi ! n’as-tu pas fait de même ? d’ailleurs, cette fois, l’idée ne m’appartient pas, je n’ai fait que suivre les conseils du chef.
— Oh ! lui, il est comme toi ; on ne peut rien lui dire, il se fâcherait.
Curumilla quitta un instant son calumet, se leva, et, s’approchant du comte, il lui posa la main sur l’épaule, et le regardant avec une expression indéfinissable en touchant tour à tour la poitrine des deux Français et la sienne :
— Koutonepi, dit-il d’une voix émue, Louis, Curumilla, trois frères, un cœur.
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Portrait de Gustave Aimard Gustave Aimard La Fièvre d’or

En approchant de sa maison, le bruit d’une jarana arriva jusqu’à lui ; il pressa le pas de son cheval.
Don Cornelio, assis nonchalamment sur un équipal (tabouret) , sous le saguan (vestibule) de la maison, râclait sa guitare en chantant, selon sa coutume, son inévitable romance du roi Rodrigue.
En apercevant don Luis, l’Espagnol jeta son instrument loin de lui et se leva vivement en poussant un cri de joie.
— Enfin ! s’écria-t-il.
— Comment, enfin ? répondit le comte, je trouve l’exclamation curieuse, quand je vous cherche depuis ce matin sans pouvoir vous mettre la main dessus.
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