Résumé

Lucien Biart L’Aspergilium Lydianum - Récit de la vie mexicaine

Debout ! continuai-je en m’adressant à Sébastian; nous avons encore des planches sous les pieds, que diable! Debout! dis-je à Lydia, que je relevai; sur mon âme, et aussi vrai que le docteur Neidman m’a calomnié, ma pauvre enfant, quelle qu’ait été votre vie, vous êtes une créature de Dieu au même titre que nous, et c’est l’outrager que de croire qu’il va nous noyer pour vos peccadilles. Encore une fois, Sébastian, mon vieil ami, donnez-nous l’exemple. N’avons-nous pas une pirogue?
Le capitaine se redressa.
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Lucien Biart L’Aspergilium Lydianum - Récit de la vie mexicaine

En face de la pleine mer, qu’avons-nous à craindre?
— Tout ! répondit Sébastian, qui frotta énergiquement de ses deux mains son épaisse chevelure.
J’examinai de nouveau l’horizon sans rien découvrir qui fût de nature à m’inquiéter. La cloche annonça l’heure du dîner. Je me dirigeai donc vers la cabine, et je passai près de deux matelots qui, appuyés sur le bastingage, regardaient le soleil disparaître.
— Du vent pour sûr, dit l’un d’eux; cette Margarita nous portera malheur.
— Laisse faire, répondit l’autre; si les choses se gâtent, il y a place dans la mer pour elle.
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Cependant doña Esteva, si bonne, si indulgente, se montrait inflexible pour la métisse. L’inquiétude jalouse avec laquelle elle surveillait son mari et ses enfans, comme si la seule présence de Lydia eût été une souillure pour ceux qu’elle aimait, n’échappait même pas aux matelots. Quant à moi, je n’éprouvais d’autre sentiment qu’une vive pitié pour la pauvre fille si follement éprise du majordome Valério, lequel, d’après ce qu’elle me raconta, avait chevaleresquement pris sa défense un jour qu’on l’insultait. — Marche au nord et suis le vent !
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