Édouard Manet,
Lettres de jeunesse 1848-1849…
(1928)
“ A huit heures du soir nous avons aperçu le phare de Harfleur ; nous n'avons plus vu de terre depuis ce moment. Je passe sur les trois ou quatre jours qui suivent; j'ai été horriblement malade du mal de mer. Le temps est devenu affreux; on ne peut pas se figurer la mer quand on ne l'a pas vue agitée comme nous l'avons vue, on ne se fait pas une idée de ces montagnes d'eau qui vous entourent et qui couvrent tout d'un coup le navire presque tout entier, de ce vent qui fait siffler les cordages et qui est quelquefois tellement fort qu'on est obligé de serrer toutes les voiles. ”
