Thérèse Bentzon,
Le Violon de Job, scènes de la vie bréhataise
“ Et le pauvre Job, hors de lui, joua tant qu’elle le voulut et tout ce qu’elle voulut. Il joua une partie de la nuit comme jamais il n’avait joué, sans savoir ce qu’il faisait, en proie à une fièvre ardente. Les larmes ruisselaient sur ses joues, mais l’enfant ne les voyait pas. Dès qu’il s’arrêtait, elle répétait : — Encore, — comme si cette musique l’eût emportée plus vite en paradis. A l’aube, Job, épuisé, avait laissé tomber son archet, et le premier rayon du soleil se posa sur les lèvres, entr’ouvertes par l’extase, de Maharit, qui ne respirait plus. ”
