Résumé

Portrait de Thérèse Bentzon Thérèse Bentzon Le Violon de Job, scènes de la vie bréhataise

Et le pauvre Job, hors de lui, joua tant qu’elle le voulut et tout ce qu’elle voulut. Il joua une partie de la nuit comme jamais il n’avait joué, sans savoir ce qu’il faisait, en proie à une fièvre ardente. Les larmes ruisselaient sur ses joues, mais l’enfant ne les voyait pas. Dès qu’il s’arrêtait, elle répétait : — Encore, — comme si cette musique l’eût emportée plus vite en paradis. A l’aube, Job, épuisé, avait laissé tomber son archet, et le premier rayon du soleil se posa sur les lèvres, entr’ouvertes par l’extase, de Maharit, qui ne respirait plus.
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Si tu veux, nous ne dirons jamais ce mot-là, Jeannie. Ne m’as-tu pas appris que l’on pouvait toujours porter sa charge de peines en vivant pour quelqu’un? Pour qui veux-tu que je vive, si ce n’est pour toi ?
Elle se dégagea de ses bras, n’osant comprendre, et si pâle que Belle-Langue, qui entrait à son tour, courut la soutenir. — Tu ne parles pas comme il faut, dit-il à Job. — Soulevant avec sa brusquerie ordinaire Reinette, qui le suivait : — Ce qu’on te demande, Jeannie, c’est si tu veux donner un père à ma filleule?
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Deux bras vigoureux l’arrêtèrent, et la voix grave du recteur murmura au bord même de l’abîme dont elle semblait sortir : — Que veux-tu donc?
— Les retrouver !
— Tu prends le mauvais chemin, reprit la même voix sans s’émouvoir, le chemin de l’enfer ! — M. Clech avait une façon de prononcer ce mot qui eût agi sur des nerfs moins surexcités que ne l’étaient ceux de Job. Ce dernier n’avait jamais été un esprit fort ; les gens d’imagination ne le sont guère.
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