Résumé

Portrait de Théodore Pavie Théodore Pavie Manoela, Récit des Açores

Adieu. — Parlez franchement, mère Josefa : n’est-ce pas que vous regrettez déjà votre fille ?
— Relève-toi, Diogo, dit la duègne à demi-voix. Tu es un bon garçon et tu aimes ma fille, à ce qu’il paraît. L’amour tourne la tête aux jeunes gens.
— Parlez franchement, répéta Diogo : n’est-ce pas que vous la regrettez ?... Laissez donc couler cette petite larme qui brille sur votre paupière, personne ne la verra que moi, et cela vous fera du bien.
La vieille femme attira le jeune pêcheur dans ses bras, et le pressa sur son cœur en pleurant.
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Portrait de Théodore Pavie Théodore Pavie Manoela, Récit des Açores

Manoela supposait qu’il en était ainsi pour elle, d’autant plus qu’elle se montrait envers sa mère pleine de respect et de déférence. Quelquefois, il est vrai, quand une parole acerbe l’avait blessée, elle sortait de la maison pour aller respirer l’air vif de ses vallées balayées par le vent de la mer et écouter cet immense bruit de la vague qui endort les douleurs d’un cœur attristé. À son retour, la vieille Josefa l’accusait de perdre son temps et de courir sans raison à travers l’île. Un jour, Manoela ramena la chèvre blanche d’une de ses promenades rêveuses.
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Portrait de Théodore Pavie Théodore Pavie Manoela, Récit des Açores

Allons, Manoela, remercie donc ces bonnes dames. Tu ne peux pas manquer d’être heureuse avec des gens aussi riches !
Manoela demeurait interdite et confuse. Elle se voyait chassée de la maison maternelle, échangée sans regret et même avec joie contre dix pièces d’or. Durant les seize années de sa courte existence, elle avait souffert bien souvent des brusqueries de sa mère, mais elle avait pris son mal en patience. Les gens pauvres, attristés par la misère, n’ont guère l’usage de prodiguer à leurs enfans des marques de tendresse et d’affection.
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