Docteur Bonnafy

Résumé

Docteur Bonnafy Revue des Deux Mondes

La vérité est que, sur les lieux des grandes pêches, les navires de secours comme les navires de pêche payent et continueront à payer un large tribut aux inéluctables chances de mer.
Il faut donc que la Société des Œuvres de mer, — dont la direction est confiée à des hommes particulièrement compétens, à des marins habitués à la lutte ardente et tenace, — n’éprouve pas un seul instant de défaillance, et puise dans ces malencontreux accidens les motifs d’une nouvelle ardeur pour combattre la mauvaise fortune.
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Docteur Bonnafy Revue des Deux Mondes

Mais le danger tout spécial au banc de Terre-Neuve est la très grande fréquence du brouillard, qu’il n’est pas rare de voir durer plus d’une semaine sans discontinuation. Or, jusqu’à présent, pour gagner quelques heures sur la durée de leur traversée, excités par la concurrence, grisés par le Struggle for life, les très nombreux paquebots qui relient New-York à l’Europe n’hésitent pas à prendre le banc en écharpe, et l’on conçoit quels dégâts peuvent faire, en temps de brouillard, dans la flottille des pêcheurs, ces paquebots rivalisant de vitesse.
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Docteur Bonnafy Revue des Deux Mondes

Nos pêcheurs du French-shore mouillent leurs navires dans les baies et ne vivent plus à bord pendant la période de pêche. Ils élèvent à terre avec des planches des bâtimens de fortune, dits chauffauds ; c’est là qu’ils habitent et que chaque jour ils manipulent la morue au retour de la pêche, qui se fait généralement à la senne comme sur notre littoral méditerranéen.
Les neuf dixièmes au moins de nos pêcheurs de Terre-Neuve exploitent le banc, et, pour donner une idée de l’activité de la pêche dans ces parages, rappelons qu’en moyenne, par an, nos pêcheurs y captent 136 millions de morues.
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