Résumé

Anonyme Les Pêcheries de Terre-Neuve et les traités

En cette saison, pas un navire sur rade ; tout est morne et silencieux, on croirait que la ville est morte ou tout au moins endormie sous la neige. Les communications avec la métropole ont lieu par la voie d’Halifax ; elles sont lentes et souvent interrompues ; sans le télégraphe sous-marin qui relie la France à Terre-Neuve, on vivrait à Saint-Pierre pendant des mois entiers dans un oubli profond du monde. Au printemps, tout se réveille ; le premier bancquier qui mouille en rade ramène avec lui la vie. Saint-Pierre n’existe que par la morue et ne vit que pour elle.
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Anonyme Les Pêcheries de Terre-Neuve et les traités

Que nous traitions avec l’Angleterre ou le Dominion, c’est là que nous conduit la logique des choses : tirer le meilleur parti possible de la cession de notre privilège, tel est le but auquel nous devons tendre pour sortir d’une impasse qui sera toujours, et quoi que l’on fasse, préjudiciable à nos intérêts. Enrayée par la tradition, immobilisée par le monopole, la pêche des côtes ne retrouvera pas son ancienne importance ; les intérêts qui s’agitent à Terre-Neuve la dominent et la condamnent, elle est sans avenir possible.
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Anonyme Les Pêcheries de Terre-Neuve et les traités

Si l’état, qui subventionne et court les risques d’être trompé, ne gagne rien à verser son argent dans la caisse des armateurs, tout au moins pourrait-il s’attendre à voir se perfectionner une industrie qui lui coûte si cher. Il est rare en effet qu’une exploitation comptant des siècles d’existence n’arrive pas avec le temps à modifier ses procédés. Rien de pareil à Terre-Neuve : on y pêche dans le respect de la routine ; les progrès sont si lents qu’on les devine à peine ; encore parlons-nous ici de la pêche des bancs, la mieux faite et la plus intelligente.
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