Résumé

G. Pouchet Revue des Deux Mondes

La ralingue, garnie de lièges, dessine à la surface de la mer une grande ligne courbe, aux extrémités marquées par deux barils flottans. Deux barques, gardant leurs distances, maintiennent le filet ouvert, tandis qu’une troisième, au milieu, jette un peu d’appât pour attirer le poisson. Quand on juge le moment venu, la coulisse est vivement tirée, et la seine devient une immense poche d’où rien ne peut plus sortir. On la rétrécit peu à peu, et, finalement, on enlève à pleins paniers tout le poisson en vie, qu’on jette dans la barque, palpitant, comme un flot métallique.
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G. Pouchet Revue des Deux Mondes

L’heure la plus favorable est toujours le lever du soleil ou l’après-midi. Le patron, debout sur l’arrière, puise à pleines mains la rogue dans un barillet placé près de lui, et, d’un mouvement cadencé qui ne manque pas d’élégance, la jette à droite et à gauche du filet. Bientôt une multitude de petites bulles viennent du fond crever à la surface. C’est le signe attendu ; c’est la sardine qui « lève, » et dont la vessie natatoire laisse échapper une partie de son air, à mesure qu’en montant le poisson trouve une pression moins forte.
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On croyait autrefois que leurs bancs, apparus d’abord en un point de la côte, se déplaçaient parallèlement à elle, descendant vers le sud ou remontant vers le nord, selon l’espèce. Ce n’est là qu’une illusion. Le hareng, la sardine, viennent du large ; seulement, comme leurs bataillons n’arrivent pas tous à la fois, mais successivement et de proche en proche, on crut que c’était la même armée qui s’avançait toujours.
La sardine est une bête de noble allure, vive et fière en ses mouvemens. L’eau sans rives, sans fonds est son élément. Tout indique en elle le poisson de haute mer.
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