Résumé

Portrait de Roger Vercel Roger Vercel Boulogne : Grand port de pêche (1956)

La mer est forte : c'est bon pour le hareng.
A présent, le drifter recule dans le lit du vent, en dévidant sa toile d'araignée. Il ne lâche pas le bout du halin enroulé sur son cabestan, et toute la nuit il se laisse dériver avec le courant, le vent et la marée, au bout de ses sept mille mètres de barrière flottante, dont il forme, lui, comme le dernier et le plus gros flotteur. C'est un immense piège libre et vagabond, fait pour un poisson innombrable qui, dans le noir, monte vers la surface et s'y tient jusqu'au petit jour : harengs de la nuit.
Source : Gallica

Portrait de Roger Vercel Roger Vercel Boulogne : Grand port de pêche (1956)

Si l'on revient dans l'axe de la rivière, ce sera pour y voir s'allonger le port de marée, ses appontements, sa magnifique gare maritime, l'arrière-port qui le prolonge au sud-est, le ruban de la Liane enfin, la rivière de Boulogne qui échappe, après un large virage, à l'étreinte des quais.
Ce port de marée, comme partout, est le plus ancien. C'est celui que la mer et la rivière ont creusé elles-mêmes, au cœur des terres, que les
hommes n'ont plus eu qu'à élargir, en revêtant de pierres ses talus.
Source : Gallica

Portrait de Roger Vercel Roger Vercel Boulogne : Grand port de pêche (1956)

« Ce n'est que provisoire. » Ce port, intensément vivant, est en transformation continue. Il est résolu à profiter, si l'on peut dire, du désastre et de ses tables rases, pour s'agrandir et se rassembler.
Aussi, c'est du Calvaire des Marins, presque à vol d'oiseau, qu'il convient d'en prendre une vue cavalière. D'en haut, de cet enclos émouvant où se dresse la Grande Croix que les équipages saluent de la casquette, ce Christ fondu dans le
bronze des chalutiers, le provisoire, sans tout à fait disparaître, se laisse mieux oublier et la logique profonde du port apparaît.
Source : Gallica

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