Roger Vercel,
Boulogne : Grand port de pêche
(1956)
“ La mer est forte : c'est bon pour le hareng. A présent, le drifter recule dans le lit du vent, en dévidant sa toile d'araignée. Il ne lâche pas le bout du halin enroulé sur son cabestan, et toute la nuit il se laisse dériver avec le courant, le vent et la marée, au bout de ses sept mille mètres de barrière flottante, dont il forme, lui, comme le dernier et le plus gros flotteur. C'est un immense piège libre et vagabond, fait pour un poisson innombrable qui, dans le noir, monte vers la surface et s'y tient jusqu'au petit jour : harengs de la nuit. ”
