Résumé

Portrait de Alphonse Karr Alphonse Karr Histoire de Rose et de Jean Duchemin… (1869)

DE ROSE ET DE JEAN DUCHEMIN 159
— Ah ! c'est à moi le malheur !
Je devinai le reste. Douée du vrai sentiment maternel, pensez quelle fut ma douleur, car j'aime les enfants autant qu'une mère doit les aimer. Le troisième fils était en campagne, en journée avec son oncle : on fut lui apprendre ce malheur : il vint mêler ses larmes avec les nôtres. Il me disait :
— Ma pauvre mère, que vous êtes malheureuse! il faut que vous en voyiez de toutes les manières. On dit que Dieu afflige ceux qu'il aime : il vous aime beaucoup, car il vous afflige souvent. Que la mer est affreuse à notre égard !
Source : Gallica

Portrait de Alphonse Karr Alphonse Karr Histoire de Rose et de Jean Duchemin… (1869)

La saison du maquereau arriva, et nous oubliâmes bientôt le mauvais temps que nous avions passé, quoique le pain restât toujours cher toute l'année. Le 2 d'août, j'accouchai d'un fils, ce qui nous faisait quatre fils. Mon mari, content dans sa misère encore d'avoir des garçons, me disait :
— Bon ! voilà des matelots qui vont pousser avec le temps ; nous viendrons peut-être plus heureux quand ils seront grands.
Il se trouva qu'un marin de chez nous avait une petite barque qu'il voulait vendre; il demanda à mon mari s'il voulait l'acheter.
Source : Gallica

Portrait de Alphonse Karr Alphonse Karr Histoire de Rose et de Jean Duchemin… (1869)

Mais qu'une reine de France aujourd'hui s'avise de se parer, même aux bons jours, d'une robe de la couleur du soleil, si surchargée de diamants et de pierreries qu'il ferait jour dans sa chambre à minuit, je défie qu'une telle chose arrive à la postérité sans être escortée d'anathèmes contre une telle prodigalité ; — quoique, à notre avis, en terre salique, nous ne voyions pas à quoi peut servir à une femme d'être reine, si elle n'a pas le droit de porter de plus belles robes qu'aucune de ses sujettes.
Source : Gallica

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