Eudoxie Dupuis

Résumé

Eudoxie Dupuis Fritz le violoneux (1895)

On eût dit une petite figure de cire à laquelle un artiste habile avait donné l'apparence de la vie.
Mais à peine l'archet de Fritz, en se posant sur les cordes distendues de son violon, les eut-il fait grincer; à peine ces sons discordants se furent-ils produits, que la princesse tressaillit de surprise et qu'un éclair traversa ses yeux couleur de noisette. A mesure que se succédaient les beuglements, les glapissements, les hurlements, les miaulements, les grognements, la figure de la princesse s'épanouissait; les
couleurs montaient à ses joues.
Source : Gallica

Eudoxie Dupuis Fritz le violoneux (1895)

Jamais aucun héros, revenant victorieux de la bataille, ne fut aussi glorieux que Matti quand il se vit dans cet attirail guerrier. Toute sa petite personne se perdait dans ces vastes vêtements comme un poisson dans l'Océan. C'est à peine si le grand-père et la grand'mère, entre le haut collet de l'habit et le bord de son bonnet à poils, entrevoyaient une petite portion de ses yeux bleus et de ses joues roses, ainsi que le petit bout de son petit nez retroussé.
Source : Gallica

Eudoxie Dupuis Fritz le violoneux (1895)

Et le pauvre Fritz, au contraire, qui avait coutume de charmer celles de la forêt et qui, sûrement, comme autrefois Orphée, croyait qu'il pouvait attendrir les créatures les plus féroces !
Il mit son violon sous son bras et s'éloigna, le cœur rempli d'amertume et de découragement, en voyant que son savoir-faire était si mal apprécié.
« Hélas ! hélas ! soupira-t-il, comment saura-t-on que j'ai du talent si on ne veut pas m'écouter? Comment ferai-je fortune? Comment gagnerai-je beaucoup d'argent pour papa Robin Mitron et maman Blanche-Farine, si personne ne me paye ma musique? »
Source : Gallica

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