Caroline Commanville

Résumé

Caroline Commanville Souvenirs sur Gustave Flaubert

Ce milieu mélancolique et sévère n’a pas dû être sans influence sur Gustave Flaubert. Il s’en est dégagé cette compassion exquise pour toutes les souffrances humaines et aussi cette haute moralité qui ne l’a jamais quitté et que ne soupçonnaient guère ceux qu’il scandalisait par ses paradoxes.
Rien ne répondait moins à ce qu’on est convenu d’appeler un artiste, que mon oncle.
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Caroline Commanville Souvenirs sur Gustave Flaubert

Un grand chapeau de paille noire que portait ma grand’mère éveillait en mon oncle une émotion semblable ; il prenait au clou la relique, la considérait en silence, ses yeux s’humectaient et respectueusement il la replaçait.
Enfin l’heureuse époque de quitter le collège arriva, mais la terrible question de choisir une profession, d’embrasser une carrière, empoisonna sa joie. De vocation il n’en avait que pour la littérature, or « la littérature » n’est pas une carrière ; elle ne mène à aucune « position ». Mon grand-père aurait voulu que son fils fût un savant et un praticien.
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Caroline Commanville Souvenirs sur Gustave Flaubert

Issu d’un Champenois et d’une Normande, Gustave Flaubert offre les signes caractéristiques de ces deux races dans son tempérament à la fois très expansif et enveloppé de la mélancolie vague des peuples du Nord. Son humeur était égale et gaie avec des accès de bouffonnerie fréquents, et pourtant au fond de sa nature il y avait une tristesse indéfinie, une sorte d’inquiétude ; l’être physique était robuste, porté aux pleines et fortes jouissances, mais l’âme aspirant à un idéal introuvable, souffrait sans cesse de ne le rencontrer en nulle chose.
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