“ Geneviève et Mignot écoutaient. Il y eut un silence inquiet, dans la vaste paix du soir, tandis que le soleil couchant incendiait d’une grande lueur rose le bâtiment clos et morne du Bon Pasteur. — Allons, voilà que j’ai l’air de désespérer, moi aussi reprit gaiement Marc. Ils sont encore très puissants, c’est vrai. Mais nous avons pour nous le livre, le petit livre d’enseignement primaire, qui apporte la vérité et qui finira par vaincre à jamais leur mensonge de tant de siècles... Toute notre force irrésistible est là, voyez-vous, Mignot. ”
Citations sur “Mignot”
Émile Zola,
Au bonheur des dames
(1883)
“ Il se tut, puis il reprit tout bas, comme parlant à Mignot, qu’il ne quittait plus des yeux : — Va, va, mon bonhomme, frotte-lui bien les doigts, pour ce que ça t’avance ! On les connaît, tes conquêtes ! Il y avait, entre lui et le gantier, une rivalité de jolis hommes, qui tous deux affectaient de coqueter avec les clientes. D’ailleurs, ils n’auraient pu, ni l’un ni l’autre, se vanter d’aucune bonne fortune réelle ; ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ « Certainement ; que cela ne nous engage à rien; reprit ce dernier en relevant tout-à-coup la tête, je le lui dirai à lui-même, dimanche... s'il est homme d'honneur, il comprendra cela ; s'il ne l'est pas, c'est tout de même. » — « Tu ne lui diras rien, répliqua madame Mignot, en élevant son accent au diapason de celui du bonhomme ; il faut attendre, il faut voir, on ne sait pas ce qui peut arriver; et il est toujours bon, si un parti vous manque, d'en avoir un autre sous la main. » ”
Émile Zola,
Au bonheur des dames
“ Le matin encore, chaque rayon avait délégué un vendeur, Mignot et Liénard s’étaient chargés de parler au nom de leurs camarades. Aussi, dans le brusque silence, les oreilles se tendirent, on écouta des voix qui sortaient de la salle voisine, où Mouret et Bourdoncle venaient d’entrer. Celui-ci déclarait le bœuf excellent ; et Mignot, suffoqué par cette affirmation tranquille, répétait : « Mâchez-le, pour voir ; » pendant que Liénard, s’attaquant à la raie, disait avec douceur : « Mais elle pue, monsieur ! » ”
Gustave Flaubert,
L'Éducation sentimentale
(1880)
“ Là-dessus, réclamations de Mignot, lanternements d'Arnoux ; enfin, le patriote l'avait menacé d'une plainte en escroquerie, s'il ne restituait ses titres ou la somme équivalente : cinquante mille francs. Frédéric eut l'air désespéré. – « Ce n'est pas tout, » dit le Citoyen. « Mignot, qui est un brave homme, s'est rabattu sur le quart. Nouvelles promesses de l'autre, nouvelles farces naturellement. Bref, avant-hier matin, Mignot l'a sommé d'avoir à lui rendre dans les vingt-quatre heures sans préjudice du reste, douze mille francs. » ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ Edouard a eu tort sans doute, reprit madame Boinet ; mais les raisons qu'il nous donne sont très vraisemblables : M. Mignot est un homme loyal et qui sait tenir ses engagemens, mais il est faible et sa femme est ambitieuse, c'est un fait ; quand tu t'irriteras contre ce pauvre Edouard , il est trop tard ”
“ Mlle Rouzaire, paraît-il, s’était montrée absolument affirmative sur l’heure, onze heures moins le quart, à laquelle elle prétendait avoir entendu rentrer Simon. Mignot lui-même, maintenant, sans être aussi net, croyait bien avoir saisi un bruit de pas et de voix, vers la même heure. Mais, surtout, on devait avoir agi sur les élèves de Simon, les enfants Bongard, Doloir, Savin et Milhomme, dont le défilé aux assises, disait-on, émotionnerait beaucoup le public. On tâcherait de leur tirer des paroles défavorables à l’accusé. ”
“ Ce dimanche-là, Mignot, sur le désir de Marc, amena ses élèves du Moreux, avec le consentement des parents, pour qu’ils pussent prendre part à la fête. Puisque le même curé avait desservi jusque-là Jonville et le Moreux, la même salle de jeux et de danse pouvait bien servir aux deux pays. Et, justement, comme Mignot arrivait, Marc le rencontra devant l’église, dont la vieille Palmyre fermait violemment la porte de deux tours de clef terribles. Le matin, l’abbé Cognasse avait dit sa messe devant des bancs absolument vides ”
“ Il lui est bien difficile de se montrer impolie à l’égard d’une voisine, dont nous rapprochent des fonctions communes. Mignot n’insista pas. Mais il hochait la tête, il semblait ne pas vouloir tout dire, son existence près du ménage l’ayant mis au courant du drame secret qui s’y nouait lentement. Et Marc se tut, lui aussi, pris de cette crainte sourde, de cette faiblesse inavouée qui le paralysaient, chaque fois qu’une lutte possible, entre Geneviève et lui, venait à sa pensée. Brusquement, l’attaque de la congrégation, qu’il attendait, depuis sa visite à Salvan, se produisit. ”
Édouard Fournier,
Paris démoli. Mosaïque de ruines…
(1855)
“ « Le sieur Mignot, dit-il, rue de la Harpe, n'a pas seulement beaucoup de réputation pour la pâtisserie, mais encore pour toute espèce de ragoûts, étant pâtissier-traiteur. » Ici la réclame donne un démenti à la satire ; par elle, l'empoisonneur que le poëte a fustigé, devient le plus fin artiste en gourmandise, mais elle a beau faire, on l'a oubliée elle-même pour ne se souvenir que du terrible vers. Le pauvre Mignot est auj ourd'hui immortellement ridicule. C'est au point que Voltaire s'indigna tout rouge de ce qu'on le donnait pour grand-père à son propre neveu l'abbé Mignot. ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ Madame Mignot rentra chez elle presque en même temps que sa fille, que Rufine ramenait de la pension, et voyant son mari tout à fait enfoncé dans sa correspondance : « Viens, Elise, dit-elle à demi-voix à cette dernière , ton père a besoin d'être seul ; prends tes livres et allons travailler dans ma chambre. » Quand la mère et la fille furent seules : " Élise, reprit madame Mignot, il est possible que nous te mariions dans peu.» — « Mais, maman, s'écria la jeune fille avec effroi, papa n'a-t-il pas dit que ce ne serait que dans deux ans ? » ”
Nicolas Boileau,
Œuvres poétiques
“ Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère, Si l’on n’est plus au large assis en un festin Qu’aux sermons de Cassagne, ou de l’abbé Cotin [9] . QuNotre hôte cependant, s’adressant à la troupe, « Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe ? Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d’oeufs mêlés dans du verjus ? Ma foi, vive Mignot [10] et tout ce qu’il apprête ! » Les cheveux cependant me dressoient à la tête : Car Mignot, c’est tout dire ; et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier. ”
Armand Le Corbeiller, Le calvaire de madame Roland (1942)
“ Ainsi que l'avait dit Mlle Mignot : ne devait-on pas subir la loi du plus fort? Au surplus, comment s'y soustraire alors que nulle part ne se lève quelqu'un pour agir, et que le bon sens est aboli sous l'abominable règne de la peur et la hideuse puissance de l'intérêt? Il sait, lui Roland, ce que représentent d'individus ces sections lancées contre lui : une meute le poursuivant pour l'hallali. Peut-il échapper? ”
Auguste Vitu,
La maison mortuaire de Molière d'après des documents inédits…
(1882)
“ Marie-Louise Mignot, fille de Pierre-François Mignot, correcteur en la Chambre des comptes (fils lui-même de François Mignot et d'Anne Sellière) , et de Catherine Arouet, sœur de Voltaire, était âgée de vingt-six ans lorsqu'elle épousa à Saint-Germain-l'Auxerrois, le mardi 25 février 1738, Nicolas-Charles Denis, écuyer, fils de feu Nicolas Denis, écuyer, doyen honoraire des huissiers du Conseil d'État et ancien échevin de la Ville de Paris. Il avait quarante-quatre à quarante-cinq ans lorsqu'il mourut à Lille; sa veuve en avait alors trente-deux. ”
Pierre Larousse,
Les Grotesques d'autrefois. Vie du très ridicule…
(1867)
“ Il se répandit dès lors en injures, en calomnies, et en toutes sortes de machinations malhonnêtes contre l'auteur qui l'avait blessé dans ce qu'il avait de plus cher au monde : son amour-propre; on le vit saisir avec empressement l'occasion que lui offrit le pâtissier Mignot de marcher avec lui à la rescousse en vaillants chevaliers et armés de toutes pièces contre le téméraire qui osait s'en prendre à eux. ”
Nicolas Boileau,
Oeuvres poétiques de Boileau Despréaux
(1855)
“ Mignot vit sa clientèle augmenter rapidement. Depuis ce temps-là, tout le monde voulait aller chez lui. Il gagna du bien dans sa profession, et il faisait gloire d'avouer qu'il devait sa fortune à Boileau. Mignot demeurait dans la rue de la Harpe, visà-vis la rue Percée. 56 OEUVRES DE ROILEAU. Pour m'en éclaircir donc, j'en demande ; et d'abord Un laquais effronté m'apporte un rouge-bord D'un Auvergnat fumeux qui, mêlé de Lignage1, Se vendoit chez Crenet 2 pour vin de l'Ermitage, Et qui, rouge et vermeil 3, mais fade et doucereux, N'avoit rien qu'un goût plat, et qu'un déboire affreux. ”
“ Oui, oui, mon bon Marc, ne me gronde pas, j’ai tort. Il faut me laisser le temps de devenir sans peur et sans reproche, comme toi... Nous allons nous mettre à l’œuvre et nous vaincrons, c’est entendu. Alors, tous les trois s’égayèrent, et Mignot qui voulut accompagner le ménage, en causant, vint avec lui presque jusqu’à Jonville. Là, au bord de la route, s’élevait un grand bâtiment carré, une sorte d’usine, la succursale du Bon Pasteur de Beaumont, promise lors de la consécration de la commune au Sacré-Cœur, et qui fonctionnait depuis des années. ”
Émile Zola,
Au bonheur des dames
“ Puis, madame Aurélie elle-même venait d’être appelée ; et elle, la tête haute sous l’affront, avait la bouffissure grasse et blême d’un masque de cire. L’explication dura longtemps, personne n’en sut au juste les détails : on raconta que la première des confections avait giflé son fils, à lui retourner la tête, et que le vieux brave homme de père pleurait, pendant que le patron, sorti de toutes ses habitudes de grâce, jurait comme un charretier, en voulant absolument livrer les coupables aux tribunaux. Cependant, on étouffa le scandale. Seul, Mignot fut chassé sur-le-champ. ”
Émile Zola,
Au bonheur des dames
(1883)
“ Mignot, un jour qu’il sortait un paquet sous sa redingote, malgré le règlement, faillit être surpris et se crut du coup sur le pavé ; Liénard, dont la paresse était célèbre, dut à la situation de son père dans les nouveautés, de n’être pas mis à la porte, une après-midi que Bourdoncle le trouva dormant debout, entre deux piles de velours anglais. Mais les Lhomme surtout s’inquiétaient, s’attendaient chaque matin au renvoi de leur fils Albert : on était très mécontent de la façon dont il tenait sa caisse, des femmes venaient le distraire ”
Paul Féval, Les couteaux d'or : oeuvres de Paul Féval soigneusement revues et corrigées (1879)
“ L'homme à la couverture n'était pas encore bien loin. Il entendit le landau qui venait derrière lui et prit le pas de course. Il était très-agile, car le landau ne le rejoignit point. A la barrière, Benoît dit au préposé : — Si c'était à l'entrée, nous paierions le droit, monsieur Mignot, les amis en ont plus qu'ils n'en peuvent porter. — Faut que carnaval se passe, monsieur Benoît, répondit M. Mignot. Ça va bien ? Je ne vous ai pas vu descendre avec Mohican, aujourd'hui. Puis, par réflexion : - — C'est drôle tout de même de vous voir mener vous-même. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
(1877)
“ Comme aussi qu’ils savent qu’après son décès il n’a point été fait d’inventaire et qu’il n’a laissé pour ses seuls présomptifs héritiers que messire Alexandre-Jean Mignot, conseiller du roi en son grand conseil, abbé commendataire de l’abbaye de Scellières, son neveu, et dame Marie-Louise Mignot, sa nièce, veuve de messire Charles-Nicolas Denis, capitaine au régiment de Champagne, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, commissaire ordonnateur des guerres, et depuis conseiller correcteur en la Chambre des comptes de Paris ; chacun pour moitié. ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ « Peut-il aller chez vous, voyons, et vous demander Élise devant M. Mignot ? » — « Au fait... » — « Ah, vous comprenez maintenant... a-t-on du mal , mon Dieu, à faire le bonheur des gens ! » La mère d'Élise ne répliqua plus rien; l'ardente veuve, la tirant vigoureusement à sa remorque, reprit sa course, et, l'instant d'après, la pauvre madame Mignot, pouvant à peine se remettre, répondait par des articulations étouffées au salut de Riqueval, LE MAL DU SIECLE. 35 qui lui-même déguisait mal son agitation. ”
Armand Le Corbeiller, Le calvaire de madame Roland (1942)
“ Mme Roland et son mari en acquéraient chaque jour la certitude, et concentraient tous leurs efforts vers le départ pour le Clos, car leurs ressources s'épuisaient vite à la vie de Paris, si économes qu'ils fussent. Pour diminuer les frais, il leur apparaît nécessaire de supprimer les leçons de piano d'Eudora, et l'on se sépare de Mlle Mignot. C'était une faute, inévitable sans doute, mais une lourde faute. En temps de révolution, il faut prendre garde à ne toucher qu'avec la plus grande circonspection aux intérêts des gens qu'on emploie. ”
Carmontelle,
Proverbes dramatiques
“ GROS-PIERRE. Vous saurez, Monsieur l’Avocat, qu’il y a, à côté de mon grand pré, un autre pré qui est à la veuve Mignot. Vous la connoissez, la veuve Mignot ? M. DUBUT. Non. GROS-PIERRE. La Veuve Mignot est la plus méchante femme du monde ; alle dit que je recule tous les ans la borne qui nous sépare ; & alle veut que je plantions une haye, pour n’avoir plus de dispute ”
Charles-Aimé Dauban, La démagogie en 1793 à Paris, ou Histoire… (1868)
“ Voilà le dénonciateur : PLAISANT. Nul doute que ce Plaisant et la demoiselle. Mignot ne se connussent , ne se fussent concertés : ils habitaient l'un et l'autre la rue de Bièvre. Madame Roland avait comblé de bienfaits la demoiselle Mignot; elle lui avait témoigné une confiance sans bornes, et c'est auprès d'elle qu'elle avait ordonné que sa fille fût conduite après sa mort. J'imagine que la déposition de cette 1 Octobre 1793, au moment où allait commencer le procès des Girondins. On avait eu l'idée d'abord de comprendre madame Roland dans le procès : on y renonça. ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ Battre le fer pendant qu'il est chaud. Madame Mignot se rendit sur-le-champ chez sa cousine Thurotte : « Grandes nouvelles ! » s'écria-t-elle en entrant ; et elle se mit à raconter à la veuve tous les événemens féconds dé cette soirée. — " Est-ce possible? s'écria celle-ci à son tour, c'est affaire à vous, ma cousine; vite , Reprit-elle en se levant, que je coure raconter tout cela à M. Riqueval. » ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ Avançons dans la vie, Nous tenant par la mainLe bonheur nous convie, Poursuivons-le, Sophie, Par un meilleur chemin. LE MAL DU SIECLE. 3 I5 Mais bien loin de la foule Et des chemins frayés; Loin de nous qu'elle roule, Et que son flot s'écoule. Sans effleurer nos pieds. Le crayon : fantaisie. Madame Mignot, comme on le présume, accepta en toute humilité et résignation la mort de son gendre ; une des choses qui l'aidèrent à se consoler ce fut la position que celui-ci laissait à Elise ”
Félix Davin,
La maison de l'ange, ou Le mal du siècle…
(1835)
“ « Ma mère s'aveugle, se disait la pieuse jeune fille, mais elle m'aime, et c'est mon bonheur qu'elle croit assurer. O mon Dieu, faites que je lui obéisse jusqu'au bout, 182 LE MAL DU SIECLE. faites surtout que je ne sois pas ingrate, et donnez-moi la force de remplir toujours mes devoirs de fille et mes devoirs d'épouse. » M. Mignot, nous l'avons dit, était dans une agitation qui tenait à la fois du sacrifice auquel il participait dans son coeur de père, et de l'embarras où le jetait tout le remue-ménage d'une noce ”
Henri d' Alméras, Autour de l'échafaud. Quand Démos est roi… (1934)
“ Extrait du registre des dénonciations du comité révolutionnaire de la Section du Panthéon français , le 1 er juin 1 7 9 3 , l' art Il de la République une et indivisible . ( Arch . Nat .) . Ce rapport a été publié pour la première fois par DAUBAN , dans son ? livre la Démagogie en 1 7 9 3 à Paris . P. 1 8 6 8 , pp , 2 1 1 et suiv . La demoiselle Mignot cherchait surtout à se poser en bonne républicaine , et , pour ne laisser aucun doute , elle rappelait – ou inventait – une conversation ou prétendue conversation entre elle et Mlle Roland . ”
Germain-Mignot, Remèdes à nos maux (1873)
“ C'est maintenant une haine à mort entre la France et l'Allemagne. Chaque jour nous aurons sous les yeux les infâmes brigandages de ces armées de bandits qui ont passé sur le pays, ne laissant que cadavres, ruines et misère. ”
