“ Jonville, ce coin perdu et charmant où nous nous sommes tant aimés, où nous avons commencé à vivre, si heureux ! Et quel bon présage d’y retourner, d’y recommencer une existence de tendresse et de paix !... Maillebois m’inquiétait, Jonville est l’espoir certain. Un nouveau courage, une infinie confiance en l’avenir soulevèrent Marc dans un élan superbe. — L’amour est rentré chez nous, nous voilà désormais tout-puissants. Et le mensonge, l’iniquité, le crime ont beau triompher aujourd’hui, c’est à nous quand même que sera demain l’éternelle victoire. ”
Jonville
Définition et enjeux
Citations sur “Jonville”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Confessions
(1844)
“ M. de Jonville devint peu à peu si empressé de m'avoir, qu'il en était même gênant ; et quoique nous logeassions dans des quartiers fort éloignés, il y avait du bruit entre nous quand je passais une semaine entière sans aller dîner chez lui. Quand il allait à Jonville, il m'y voulait toujours emmener ; mais y étant une fois' allé passer huit jours, qui me parurent fort longs, je n'y voulus plus retourner. M. de Jonville était assurément un honnête et galant homme, aimable même à certains égards; mais il avait peu d'esprit : il était beau, tant soit peu Narcisse, et passablement ennuyeux. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Confessions
“ Je ne payai pas mon écot, parce que M. de Jonville nous donnait à souper ; et je ne donnai rien à ces filles, parce que je ne leur fis point gagner, comme à la padoana, le payement que j’aurais pu leur offrir. Nous sortîmes tous assez gais, et de très bonne intelligence. Sans être retourné chez ces filles, j’allai trois ou quatre jours après dîner chez M. de Jonville, que je n’avais pas revu depuis lors, et qui me fit l’accueil que j’ai dit. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Confessions
(1862)
“ Voilà pourquoi M. de Jonville n'entre point ici dans ma liste, quoique j'eusse assez longtemps fréquenté sa maison. Je n'enflerai point la même liste de beaucoup d'autres connaissances moins familières, ou qui, par mon absence, avaient cessé de l'être, et que je ne laissai pas de voir quelquefois en campagne, tant chez moi qu'à mon voisinage, telles, par exemple, que les abbés de Condillac, de Mably, MM. de Mairan, de Lalive, de Boisgelou, Watelet, Ancelet, et d'autres qu'il serait trop long de nommer. ”
Pierre-François Chatelet, Histoire de la seigneurie de Jonvelle et de ses environs (1864)
“ Il porte un lion rampant, sur fond plain, comme les armes de Bourgogne, avec cette légende : Seel de segnor de Jonville. Le revers est un contre-sceau semblable à la face, mais plus petit. Presque tous les sceaux de cette époque présentent ce petit contre-sceau du revers. (V. Hist. des sires de Salins, I, 122, 222 et 334.) Voir aux Preuves cette charte de 1289. (2) Il était fils de Philippe, comte de Vienne, et d'Agnès, une des sept enfants du comte Hugues et de la comtesse Alix. Il épousa en secondes noces Marguerite de Ruffey (Jura) . Les généalogistes n'ont pas connu son premier mariage. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Si verò uxorem meam, quæ fuit filia Guidonis de Jonville, mori contigerit absque herede, terra Jonville et tota castellania redibit ad dictum ducem vel ad heredes suos, cùm dictus dux vel heredes sui persolverint mihi vel heredibus meis dictas mille et quadringentas libras stephanienses : hoc salvo quod Voysie (Voisey) remanebit mihi vel heredibus meis in gagio pro mille libris et centum libris stephaniensibus, quas ego persolvi in debite domini Guidonis de Jonville, cùm ego filiam suam duxi in uxorem. ”
Jean de Joinville, Mémoires de Joinville
“ Aprés ces choses dessusdites le Roy manda tous les barons de son royaume, pour aller à lui à Paris en ung temps de caresme. Et aussi m’envoia-il querir à Jonville, dont je me cuidé assez excuser de venir, pour une fievre quarte que j’avois. Mais il me manda qu’il avoit assez gens qui savoient donner guerison de fievres quartes ; et que sur toute s’amour, que je allasse à Paris : ce que je fys. Et quant je fu là, onques je ne sceu savoir pourquoy il avoit ainsi mandé les grans seigneurs de son royaume. Et advint que le jour de la feste Nostre Dame en mars je m’endormy à matines. ”
Jean de Joinville, Mémoires de Joinville
“ Et le mareschal du Temple, pour cuider contenter le Roy, lui disoit : « Sire, laissez en paix les noises et tenczons [170] du sire de Jonville, et de nostre commandeur; car ainsi comme dit nostredit commandeur, nous ne povons rien bailler des deniers de noustre commande, sinon contre nostre serement, et que soions parjurez. Et saichez que le senneschal vous dit mal, de vous conseiller, que si ne vous en baillons, que vous en preignez : nonobstant ce que vous en ferez à vostre voulenté. Mais si vous le faites, nous nous en desdommagerons bien sur le vostre que avez en Acre.» ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Les premieres lettres, c’est-à-dire celles des habitans de Jonville, portent en substance : que quand un habitant de Jonville se sera engagé à un duel, il pourra s’en départir, même le faire cesser, quoique déjà commencé, moyennant une amende de soixante sous, s’il est déjà armé, de cent sous, s’il est armé en-dedans des lices, & de dix livres, si le combat est commencé, & que les premiers coups nommés les coups le roi soient donnés ; que dans tous ces cas il payera les dépenses faites par rapport au combat par le seigneur, par son conseil, & par son adversaire ”
“ Lorsque de nouveau la colère l’emportera, il sera fini... D’ailleurs, tout va bien à Jonville. Nous gagnons un peu de terrain tous les ans, la commune retrouve sa prospérité et sa santé. Voilà les paysans qui ne laissent plus leurs filles aller travailler au Bon Pasteur, à la suite des derniers scandales. Et le conseil municipal, Martineau en tête, me semble regretter infiniment l’accès d’imbécile faiblesse où l’abbé Cognasse et Jauffre l’ont jeté, le jour où il a laissé consacrer la commune au Sacré-Cœur. ”
Jean de Joinville, Collection complète des mémoires relatifs à l'histoire de France… (1819)
“ Lors elle me respondit : « Ha ! Senneschal, j'auroie « paeur que le Roy ne voulsist que feisse le veage, et « que ne le peusse acomplir. Au moins, madame, pro« mectez lui, que si Dieu vous rend en France sauve« ment, que vous lui donnerez une nef de cinq marcs « d'argent pour le Roy, pour vous, et voz enfans. Et « si ainsi le faictes, je vous promect et asseure, que à « la priere de saint Nicolas Dieu vous rendra en « France. Et je promect moy-mesmes, que moy re« tourné à Jonville, que je le yray veoir jusques au « lieu à pié, et tout deschaux. » ”
Jean de Joinville, Collection complète des mémoires relatifs à l'histoire de France… (1819)
“ Et saichez , que quant je fu à terre , je n'avoye lors avecques moy pié ne compaignon de tous mes gens, que j'avoie amenez de mon païs. Mais mon pource (1) Dieu m'a tousjours aidé de sa grâce, dont je l'en lo (2) . A nostre main senestre (5) arriva le conte de Japhe, qui estoit cousin germain du conte de Montbelial, et du lignaige de la maison de Jonville. Celui conte de Japhe arriva moult noblement à terre. Car sa gallée estoit toute painte et dedans et dehors à escussons de ses armes ; lesquelles armes sont d'or à une croix de gueulles patée. ”
Pierre-François Chatelet, Histoire de la seigneurie de Jonvelle et de ses environs (1864)
“ Mais, après avoir été longtemps la terreur des ennemis de la patrie, Jonvelle succomba en 16m, livré à une armée française par son lâche gouverneur. La ville fut brûlée, ses murs, ses forts et son château rasés de fond en comble. Aujourd'hui Jonvelle n'est plus qu'un village ordinaire, où la curiosité, vivement intéressée par l'histoire, cherche en vain quelques débris de tant de force et de splendeur anéanties : etium periêre ruinœ. Autour du village moderne assis sur les ruines de la ville du moyen âge, il ne reste plus que les traces des fossés et des remparts. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Tel était, en quelques mots, l’intérieur du château de Jonvelle, aux douzième et treizième siècles. Cette population, si nombreuse et si diverse, composée de chevaliers, de nobles dames, de gens de justice et de paysans ; cet appareil guerrier, ce tribunal, ce gibet élevé a l’ombre de la forteresse, tout nous révèle un âge ou la vie était dure et grandiose, où des alarmes continuelles troublaient les jours et les nuits ; car c’était le temps des guerres, des invasions et des soulèvements perpétuels ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Comme on le voit, il restait un bien petit nombre de mainmortables à Jonvelle. Tout le reste de la population était de gens bourgeois et libres ; et la ville pouvait bien renfermer à ce moment quatre ou cinq cents feux ; car elle possédait deux paroisses, Saint-Pierre et Sainte-Croix ; et grâce à son commerce et à son importance de chef-lieu et de place fortifiée, elle avait dû se repeupler rapidement, après les désastres de la fin du siècle précédent : on en a la preuve dans le chiffre de la population de Voisey et de Montdoré. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Ce noble fief, un des plus riches du comté, fut tenu, jusque vers la fin du quatorzième siècle, par une maison de seigneurs indigènes et résidants, qui mêla son sang à celui des plus illustres familles de Bourgogne, de Lorraine et de Champagne. Les sires de Jonvelle comptèrent dans leurs alliances les maisons de Saissefontaine, de Neufchâteau, de Dampierre (sur Salon) , de Novillars, de Chauvirey, de Chesnel, de Baon, de la Fauche, de Vienne, de Granson, de Charny, de Vergy, de Bauffremont, d’Apremont (Lorraine) , de Granvelle, d’Oiselay, etc. ”
Pierre-François Chatelet, Histoire de la seigneurie de Jonvelle et de ses environs (1864)
“ Bientôt, avec le quinzième siècle, l'intérêt grandit et va toujours croissant jusqu'à la fin. C'est alors que l'histoire, mieux renseignée, nous montre le nom et les sires de Jonvelle mêlés à toutes les guerres, à toutes les négociations, à tous les traités, à tous les malheurs de notre province, surtout dans les invasions de Tremblecourt et dans la guerre de dix ans. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Il laisse pareillement à ferme la gruerie de ses bois, c’est-à-dire leur garde et les amendes qu’elle produit. La paisson des mêmes bois est aussi affermée ; mais les habitants y ont droit de mort bois. Le prieuré est de la fondation des seigneurs de Jonvelle, qui en ont la gardienneté. Les manants et habitants, taillables à volonté deux fois l’an, à Pâques et à la Saint-Michel, sont tenus, à toutes réquisitions, d’accompagner les gens de justice à Jonvelle, et d’y faire monstres d’armes (passer des revues) devant les officiers de la châtellenie. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ La seigneurie de Jonvelle était restée à la veuve de Philippe, selon l’usage féodal ; mais elle en fut dépouillée la même année. Philippe le Hardi avait besoin d’argent, pour suffire à sa prodigue magnificence et aux titres richement pensionnés par lesquels il cherchait à payer les services de ses amis et à se rallier les principaux barons du comté, ses ennemis [33] . Déjà possesseur de grands châteaux au bailliage d’Amont, il venait d’acheter, ou plutôt d’extorquer d’une faible femme la terre de Faucogney. ”
Pierre-François Chatelet, Histoire de la seigneurie de Jonvelle et de ses environs (1864)
“ Ainsi, à l'histoire de Jonvelle et de sa seigneurie se rattache celle de tous les environs de cette ville, en Lorraine et en Bassigny comme en Comté. Nous la diviserons en trois époques principales : 1° les temps gallo-romains, 2° le moyen âge, 3° les siècles modernes. La première époque fera connaître le nom et les premiers temps de Jonvelle, les antiquités du pays voisin, le tracé des voies romaines qui le sillonnaient, la double voie nautique de la Saône et du Coney, les castella ou points fortifiés qui servaient à protéger la contrée, enfin les monuments curieux de Corre et de Bourbonne. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Quelle résistance pouvaient offrir les places de cette frontière, sans autre garnison que leurs citoyens et quelques retrahants ? La terreur ouvre leurs portes, ou bien le canon a bientôt troué leurs faibles murailles. Le sort de Jonvelle devient celui de tout le voisinage. L’ennemi prend Jussey, Gevigney, Richecourt, Lambrey, Bougey, Conflans, Amance, Buffignécourt, Saint-Remy et Charriez tuant, pillant et brûlant tout ce qu’il rencontre. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Comtois, Lorrains, Cravates [16] , tantôt en partis isolés, tantôt en bandes réunies, s’élançaient à chaque instant de Jonvelle, de Richecourt, de Demangevelle, de Conflans, de Bougey, de Chauvirey, de Suaucourt, d’Artaufontaine, de Raucourt, de Gray, de Vesoul même et de Dole, pillaient et incendiaient les villages, tuaient les paysans ou les ramenaient prisonniers, avec leur bétail et leurs menus troupeaux. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ A part cet acte, les documents historiques sont muets sur Philippe de Jonvelle, jusqu’en 1354. Mais cette date est importante dans notre histoire ; car c’est celle de la charte des franchises accordées par le seigneur aux sujets de sa terre, en particulier à la ville de Jonvelle. Pour en bien comprendre le sens et la portée, il est nécessaire d’entrer préalablement dans quelques appréciations sur la véritable situation civile des classes inférieures, pendant le règne de la féodalité [3] . ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ On le félicite de sa bonne conduite dans la défense de Jonvelle. Qu’il garde Chauvirey comme il pourra. Monsieur d’Aboncour, nous avions apprins, avant le restour des vostres, comme vous vous estiez comporté en homme de bien et d’ honneur, avec beaucoup de courage, à la défense de la ville de Jonvelle, que vous aviez en charge ; ce dont nous ne mancquerons pas aux occasions d’en avoir le souvenir qu’il conviendra. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ A gauche, Bourbévelle, Jonvelle, Grignoncourt, Bousseraucourt, Ameuvelle et Moncourt s’échelonnent en amphithéâtre sur des collines enveloppées dans les contours gracieux de la Saône. Mais ce n’est pas seulement à cette charmante position que Corre est redevable de l’intérêt qu’il inspire. Les antiquités qu’on y trouve attestent l’établissement et le séjour de la nation puissante qui, après ses conquêtes, a laissé là, comme partout, les marques de sa grandeur. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Au moyen âge, Jonvelle est appelé Jovis Villa, Juncivilla, Jonvilla, Joinville, enfin Jonvelle à partir du commencement du quatorzième siècle. Gollut en conclut que Jonvelle vient de Junonis villa, ville de Junon [1] . M. Lonchamp adopte l’étymologie donnée par Bullet, gon, jon, roc, rivière [2] ”
Pierre-François Chatelet, Histoire de la seigneurie de Jonvelle et de ses environs (1864)
“ Guy, chef de la maison de Jonvelle, qui était, aux yeux du comte souverain, l'avoué responsable pour Faverney et pour Saint-Marcel, se vit condamné à réparer toutes les injustices faites aux deux maisons, et à les rétablir dans leur ancienne paix. Il accepta la sentence et jura sur les saints Evangiles d'en remplir les conditions, donnant pour cautions de sa parole Renaud de Traves et l'abbé de Cherlieu. Cet acte eut pour témoins Gaucher de Salins, le doyen Garin, Renaud de Traves, Guillaume de Pesmes, Odillon de Montbozon, Henri de Purgerot et Etienne, maire de Vesoul. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Dans cette charte, Philippe s’appelle seigneur de Jonvelle et de la Votice. Le sceau présente un cavalier brandissant une épée, et de l’autre côté le lion. En 1354, intervention de Philippe en faveur des mêmes religieux, contre les habitants d’Ormoy. Ceux-ci non-seulement refusaient au couvent les cens que le seigneur lui avait donnés sur eux, mais encore ils prétendaient avoir droit de pâturer le grand pré des moines, le jour qu’ils charroyaient lour chavenne de la Saint-Jehan. La sentence du seigneur fit rentrer les délinquants dans le devoir. (Archives de vesoul, H, 358.) ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Le premier sire de Jonvelle mentionné dans les chartes est Guy 1er, sans que l’on puisse dire son origine ou celle de sa maison. Du reste, il en est de même pour la plupart des grandes familles seigneuriales de notre province, qui ont rempli un rôle si illustre au moyen âge. Ce qu’il y a de certain, c’est que cette baronnie a toujours relevé des comtes de Bourgogne [1] . Elle n’a dû être, dans le principe, qu’un démembrement des domaines du comte souverain, en faveur de quelque noble et puissant seigneur, qui pouvait être de sa maison. ”
Jean-Baptiste Coudriet, Histoire de Jonvelle
“ Guy de la Trémouille laissait deux enfants, Georges, qui lui succéda dans ses titres, et Marie, qui épousa Louis, comte d’Auxerre et sire d’Orgelet. Georges, seigneur de la Trémouille, de Sully, de Craon, de Jonvelle, etc., soutint à la cour ducale le rôle brillant de son père. Mais il ne fut pas longtemps paisible possesseur de sa terre de Jonvelle. Dans les démêlés du duc de Bourgogne avec le comte de Savoie, le chancelier de celui-ci avait fait occuper le château de Jonvelle, de Châtillon et de Cheneves [7] ”
