“ À leur habitude, le père et la fille travaillaient, dans l’étroit rond de clarté qui tombait de l’abat-jour ; et, par la fenêtre grande ouverte sur Maillebois, noir et endormi, des papillons de nuit entraient, troublant seuls le profond silence du petit frémissement de leurs ailes. La fillette, qui avait passé l’après-midi place des Capucins, semblait très lasse, le front chargé d’une pensée trop lourde. ”
Maillebois
Définition et enjeux
Citations sur “Maillebois”
Camille Rousset, Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)
“ A l'armée, entre Richelieu, Maillebois et Dumesnil, ce fut une bien autre rumeur. Déjà les deux premiers n'étaient plus aussi étroitement attachés l'un à l'autre. Aussi Maillebois n'essaya-t-il pas de se faire l'avocat du maréchal; il ne parla que pour lui-même : « Je suis votre ami, écrivit-il à Duverney; de plus je vous considère comme un citoyen précieux, comme un homme supérieur et unique, enfin comme un ami cher et nécessaire àun beau-frère que j'aime plus que moi-même; jugez si je veux rien perdre des sentiments sur lesquels ► vous m'avez permis de compter 2. » ”
“ Le gros bourg de Maillebois lui était bien connu, avec ses deux mille habitants, sa population composée de petits bourgeois, de petits boutiquiers, et de huit cents ouvriers environ, répartis dans les ateliers de quatre ou cinq grands entrepreneurs, qui prospéraient tous, grâce au voisinage de Beaumont. ”
Wenzel Anton von Kaunitz, Correspondance secrète du comte de Mercy-Argenteau avec l'Empereur Joseph II et le prince de Kaunitz… (1889-1891)
“ Tout Paris s'occupe de la destination de M. de Maillebois, et elle est attribuée à une complaisance de M. de Vergennes pour Mme de Monconseii; cette destination est assez indifférente pour le fond, mais elle devient un nouveau scandale politique très fâcheux pour l'Empereur, surtout dans un moment où Il donne le plus de preuves de sa confiance et de son amitié pour le Roi." Note de Mercy. — Sur cette lettre, la Reine a parlé de M. de Maillebois, et le Roi a assuré que l'on n'avait jamais eu idée de l'envoyer en Hollande ”
“ Tout cela est plein d’encouragement, voilà Maillebois, Jonville et le Moreux en marche vers ces temps meilleurs pour lesquels nous avons si rudement lutté. On a cru nous vaincre, nous exterminer à jamais ; nous avons pendant des mois, semblé morts ; et voilà le lent réveil, la semence a cheminé en terre, il nous a suffi de nous remettre silencieusement à l’œuvre, pour que le bon grain repoussât et refleurît. Maintenant, rien n’entravera plus la moisson future. C’est que nous sommes la vérité, et que rien ne la détruit, rien ne l’arrête dans son resplendissement... ”
“ L’instituteur et l’institutrice n’y pouvaient accomplir d’utile besogne qu’en marchant côte à côte, animés du même esprit, des mêmes croyances, résolus à enseigner les mêmes vérités. Et, depuis que Marc et Mlle Mazeline s’entendaient si bien, allaient du même pas au même avenir, la bonne semence germait enfin à Maillebois, les petits hommes et les petites femmes y poussaient ensemble pour les grandes moissons futures. Ensuite, ce qui acheva de toucher Marc profondément, ce fut l’attitude si émue, si obligeante de Mlle Mazeline, après le départ de Geneviève. ”
“ C’étaient les enfants des deux écoles, les garçons et les filles, les élèves de Sébastien et de Louise, qui chantaient une bienvenue à l’ancien instituteur de Maillebois. Rien ne fut plus simple ni plus émouvant, une strophe enfantine, de la gentille tendresse et un peu du souriant avenir, tout ce qu’il pouvait y avoir de délicat et de pur sur la plaie du vieux monde. Puis, un gamin se détacha, pour offrir à Simon un bouquet, au nom de l’école des garçons. ”
“ Jonville, ce coin perdu et charmant où nous nous sommes tant aimés, où nous avons commencé à vivre, si heureux ! Et quel bon présage d’y retourner, d’y recommencer une existence de tendresse et de paix !... Maillebois m’inquiétait, Jonville est l’espoir certain. Un nouveau courage, une infinie confiance en l’avenir soulevèrent Marc dans un élan superbe. — L’amour est rentré chez nous, nous voilà désormais tout-puissants. Et le mensonge, l’iniquité, le crime ont beau triompher aujourd’hui, c’est à nous quand même que sera demain l’éternelle victoire. ”
Gaston Capon, Vie privée du prince de Conty, Louis-François de Bourbon… (1907)
“ Le 1 7 avril , le maréchal de Maillebois vint à Strasbourg au-devant du Prince et lui passa le commandement , mettant aux ordres de Louis-François toutes les troupes de son armée du Bas-Rhin . Les bataillons d' infanterie , les escadrons de dragons et les compagnies franches détachés aux ordres de M. de Lowendhal pour renforcer le corps de M. de Maillebois , ainsi que le reste des troupes cantonnées en Alsace et en Souabe , à l' exception de deux régiments de hussards destinés à passer en Bavière , étaient également subordonnés au Prince . ”
Philippe Le Bas, France. Dictionnaire encyclopédique… (1843)
“ Les dispositions de M. de Maillebois étaient prises de manière que les nationaux, attaqués le même jour sur les différents points qu'ils occupaient, ne pussent se porter secours mutuellement : tandis que M. Duchatel forçait les postes de Balagne, les trois divisions aux ordres du maréchal de camp du Rousset, commandant l'avant-garde de M de Maillebois , attaquaient simultanément les Costières par trois côtés différents ; M. de Lussan, avec le régiment de la Sarre, se porta contre le mont de Tenda; le marquis de Crussol, avec le régiment de l'île de France, attaqua les hauteurs de Bigorno ”
Albert Babeau,
La province sous l'ancien régime
(1894)
“ Il se prit de querelle avec le maire et le parlement, et l'éclat qu'il donna à une affaire scandaleuse fut tel que Louis XVI fut obligé de le rappeler à Paris 1. On pourrait citer ailleurs des réjouissances données dans des circonstances particulières. En 1714, Maillebois, lieutenant général de Languedoc, offre à l'occasion de la paix « une fête magnifique », que le corps des barons s'empressa de lui rendre à l'hôtel de ville, où, dit-on, « ils ont bien soutenu l'honneur de la chevalerie. » ”
Camille Rousset, Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)
“ « Le vrai et très-vrai, disait pour conclure M. de Maillebois, c'est que Picardie, Navarre et la Marine ont gagnéJa bataille, et que la brigade d'Eu l'a dérangée1. » C'est à merveille, -mais pour être tout à fait exact et complet, à côté de la brigade d'Eu M. de Maillebois aurait dû se placer lui-même ; car il avait donné un bien regrettable avis au maréchal. « Malheureusement, écrivait-il à son beau-frère, je l'avois averti de ce qui se passoit à la droite. » L'aveu est bon à recueillir. Le soir même et sur le champ de bataille, le maréchal d'Estrées écrivait au roi et au marquis de Paulmy ”
Alfred Armand Robert de Saint Chamans, Mémoires du général Cte de Saint-Chamans… (1896)
“ Nous étions entrés fort paisiblement à Séville; la population entière de cette ville y était restée et nous fournissait toutes les ressources d'une province riche et civilisée. Je n'ai rien vu Maillebois, avec le grade de sous-lieutenant; passa dans l'artillerie hollandaise, où il resta jusqu'en 1791 ; aide de camp du général Dillon à l'armée du Nord, général de brigade en 1793, général de division le 13 floréal an V, comte de l'Empire le 6 juin 1808; capitule à Baylen et ne partage pas le sort de ses troupes; à sa rentrée en France, il est arrêté et traduit devant la haute cour de justice ”
Le major Z***, La guerre de la succession d'Autriche… (1913)
“ Mais presque en même temps, en présence des inquiétudes fondées que faisait concevoir à Maillebois la marche de l'armée de la Pragmatique, forte, d'après les renseignements qui lui étaient parvenus, de 41 bataillons et de 52 escadrons, d'Argenson fit tenir, le ier février, au lieutenant-général de Balincourt l'ordre, contre lequel ce général essaya de protester en insistant sur le danger qu'il y aurait à découvrir la Souabe, d'envoyer immédiatement au maréchal un renfort de 6 bataillons et de 8 escadrons2. ”
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon,
Mémoires
“ L’audience ordinaire du roi à la députation des états de Languedoc donna lieu à une étrange dispute à qui les présenteroit, par l’absence du duc du Maine et du prince de Dombes, gouverneurs de cette province, entre Maillebois qui en étoit un des lieutenants généraux, et La Vrillière, secrétaire d’État, qui avoit le Languedoc dans son département, qui, plus étrangement encore, l’emporta. Voilà ce que perdent les charges à tomber à des gens infimes. ”
Edmond-Jean-François Barbier, Journal historique et anecdotique du règne de Louis XV. T. 2 (1847-1856)
“ Elle s'est mise depuis deux ou trois ans dans la dévotion, avec madame la princesse d'Armagnac sa sœur. Elle était auparavant comme toutes les femmes de la cour. ̃ M. le maréchal de Maillebois a l'honneur d'avoir dans son armée un prince du sang. Tous nos princes, le comte de Charolais, le prince de Conti, le prince de Dombes et le comte d'Eu, avaient demandé et sollicité vivement du roi de leur permettre d'aller servir en Bohême. Le roi les a refusés absolument et avec raison. Nous n'avons pas de guerre personnellement, le théâtre de la guerre est dans un pays étranger et fort éloigné. ”
Camille Rousset, Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)
“ « Le pays, à trente lieues à la ronde, est saccagé et ruiné" comme si le feu y avoit passé; à peine nos traîneurs et maraudeurs ont-ils laissé exister les maisons. Il n'y a plus moyen de servir avec de pareilles troupes. Il faut de grands remèdes et couper dans la racine ; si cela ne se fait pas, il faut renoncer à la guerre 1. » Après s'être avancé au nord-ouest jusqu'à Duderstadt, où le comte de Maillebois était venu s'entendre avec lui, le prince de Soubise reçut de Versailles l'ordre de se rabattre vers le Mein, à travers la Hesse, et de rassembler les débris de son corps à Hanau. ”
Le major Z***, La guerre de la succession d'Autriche… (1913)
“ Malgré la faiblesse numérique des troupes dont il disposait, les difficultés que le charriage des glaces sur le Rhin et le Main opposaient à la concentration de ses troupes (il ne disposait, en réalité, que du pont de pierre d'Aschaffenburg) , Maillebois, toujours encore décidé à défendre la ligne de la Lahn, poussa jusqu'à Sayn (au N.-E. de Neuwied) la compagnie franche qu'à la nouvelle de l'arrivée de d'Arenberg à Bachem il échelonna en faisant occuper Niederlahnstein et en envoyant 2 bataillons de renforts au lieutenant-général de Refuges, cantonné avec 5 bataillons sur la Basse-Lahn. ”
Abbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse… (1771-1776)
“ M. de Contades, chargé par le Marquis de Maillebois de faire exécuter à Corté, où il présidoit à un tribunal de Justice , sept ou huit chefs des plus mutins, vit avec le plus grand éron- neraient leur indifférence pôur la vie : ils n'avoient pas plutôt mis ordre à leurs consciences & à leurs affaires temporelles, qu'ils le faisoient prier de hâter leur mort , de croire qu'ils savoient mourir , & qu'il leur tardoit d'achever leur carriere. ”
Camille Rousset, Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)
“ «Mon Dieu, mon cher ami, écrivait Dumesnil à Duverney, que j'entrevois de choses singulières! Maillebois me paroît outré et le maréchal 1.16 octobre [3442] . ne dit rien ; seulement il m'a dit : « Je serai bien aise a d'être jugé par M. de Crémille, et je serai flatté s'il « approuve mon opinion sur la situation de Halber« stadt, ainsi que celle de tous vous autres, messieurs, « et de toute l'armée. » Personne ne croit ici que Crémille vienne simplement, comme il me le mande, pour recevoir les idées du maréchal sur la campagne prochaine. ”
Abbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse… (1771-1776)
“ Quoique la soumission de ces deux Piéves dût influer sur la destinée des autres , celle du Talavo & une partie de la jurisdiction de la Rocca , n'en demeurerent pas moins dans leur premiere résolution. M. de Maillebois , voyant alors qu'il falloit absolument en venir à des opérations militaires pour les réduire , prit le parti de faire avancer les trois bataillons de la Sarre, qui étoient à Omessa, & les régimens qu'il avoir dans les derrieres , afin de pouvoir pénétrer dans le pays avec plus de force & plus de sûreté. ”
Adrien Robert, Contes excentriques, par Charles Newil… (1855)
“ Marcelin avait beau les supplier à mains jointes, ils furent impitoyables. Les joueurs de whist et les causeurs désertèrent les premiers la place et répandirent l'alarme dans le bal ; si bien que jusqu'au malin aucun des invités de Mathilde ne fut assez hardi pour s'approcher du salon infernal. Hâtons-nous de dire que le chevalier Oscar de Maillebois faisait exception ; car il avait appris dans MATHILDE DE MONTARAN. 29 la soirée, par M. Maurice, que Marcelin était un cavalier de première force et un chasseur hors ligne ”
Abbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse… (1771-1776)
“ La conduire de M. de Maillebois, annonçant son génie & son caraétere, fit voir qu'il avoit dans l'un autant de justesse & de profondeur , qu'on remarquoir dans l'autre de vivaciré & de promptitude. Il commença par étudier les insulaires qu'il venoit réduire, par examiner leurs forces, leurs foiblesses , leurs ressources , leurs in- terets, sur-tout leurs préjugés & leurs dispositions. Il ydémêia, malgré le cahos de la guerre civile, qu'ils étoient parta- gés, scavoir les peuples en deux partis, & les chefs en deux classes. ”
Abbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse… (1771-1776)
“ Tant d'inconvéniens propres à ce systême, & tous ceux qui font inséparables des projets précédens , justifient la sagesse du premier , & font voir que ce n'est pas à tout hasard que M. le Marquis de Maillebois a choisi les débouchés par le Nébio ; c'est presque le seul projet qu'on puisse exécuter , & celui, sans contredit, qui, étant le plus simple , réunissoit en même rems le plus d'avantages. Il l'a senti par l'étude qu'il a faite du pays pendant deux mois avant de commencer sa campagne, 6c il a dû se faire la même démonstration que nous venons d'exposer ici. ”
Abbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse… (1771-1776)
“ Après quelques menaces de la part de ces brigands , sur lesquelles M. de Contades renchérit; non-seulement ils rendirent les trois François pour ravoir leurs femmes & leurs enfans, mais ils vinrent encore se soumettre euxmêmes. Ceux qui occupoient nos armes audeli des monts, n'étoient pas tout-à- fait si aises à réduire , parce qu'ils formoient un corps d'environ deux mille hommes , & qu'ils étoient gardés par la siruation de leur pays naturellement fortifié & inabordable. M. de Maillebois cependant leur gagnoit tous les jours du terrein, & traversoit leurs entreprises. ”
Paul Margueritte,
Tante Million
(1925)
“ Sous les voiles et le cache-poussière qui enserraient la maigre forme de Mme de Vertbois, sous les fourrures et le masque de casseur de pierre qui faisaient ressembler M. de Vertbois à un Saturnien ou à un Marsien, nul ne les eût reconnus.Mais quand l’auto s’arrêta, le long des arceaux de la rue la plus vivante de Bayonne, devant une pâtisserie, les Vertbois, dépouillés de leur enveloppe poudreuse, apparurent dans la sèche simplicité de leur grâce aristocratique : lui, très chauve, nez aquilin, petites moustaches teintes, un menu corps assez racé ”
L. Simonin, Revue des Deux Mondes
“ De ce point, la route commence à descendre vers Mahébourg, Les plantations de cannes s’étendent bientôt à perte de vue, les sucreries se rapprochent et se touchent. Gros-Bois, Richebois, Beaufonds, Montrésor, désignent autant d’habitations et d’usines différentes. C’est à peine si un nom anglais, comme New Grove, vient témoigner que l’île n’est plus au pouvoir de la France. On peut venir frapper sans crainte à l’une de ces demeures ; on y rencontre un bon accueil, on y est reçu avec cette amabilité mêlée de sans-façon dont les créoles des colonies françaises ont gardé le secret. ”
Herbert George Wells,
La Guerre des mondes
“ EN PLEINE MÊLÉE Leatherhead est à environ douze milles de Maybury Hill. L’odeur des foins emplissait l’air ; au long des grasses prairies au-delà de Pyrford et de chaque côté, les haies étaient revêtues de la douceur et de la gaieté de multitudes d’aubépines. La sourde canonnade qui avait éclaté tandis que nous descendions la route de Maybury avait cessé aussi brusquement qu’elle avait commencé, laissant le crépuscule paisible et calme. ”
Ernest de Chabot, Mémoires d'un royaliste (1882)
“ Cette fois, la lutte recommence impitoyable. Les Vendéens ont recours à leur manœuvre favorite; les capitaines de paroisses leur crient : « Egaillez-vous, mes gars, et rembarrez! » La colonne de Kléber est enveloppée de tous côtés ; les artilleurs républicains sont tués sur leurs pièces. Les Mayençais ne comprennent rien à la folle audace et à la précision du tir des paysans. Formés en carrés par Kléber, ils ne reculent que pied à pied, mais ils reculent. Ils continuent leurs feux de file avec un sang-froid et une regularité inconcevables, comme s'ils étaient sur un champ de manœuvre. ”
