“ Allons, je vous passe votre Rousset, puisqu’il est mort, dit la baronne ; mais je ne vous pardonne pas votre Buisson. Je ne le connais pas plus que l’autre ; mais je lui en veux encore plus pour son impertinence de n’être pas encore-ici. Il n’y a que vous, baron, pour prendre des serviteurs de cette espèce-là ; des gens qui ont l’air de se faire prier pour entrer chez vous. Un monsieur Buisson qui vous tient le bec dans l’eau, ici, à ne rien commencer et à ne rien finir par conséquent ! ”
Citations sur “Rousset”
“ Et comme à chaque reprise, Rousset faisait accélérer la cadence, la colonne ne marchait plus, elle semblait voler dans l’espace, le pied posait à peine à terre ; les hommes, la gorge sèche, la poitrine oppressée, la respiration haletante, franchissaient les kilomètres, entraînés par l’obsession du refrain ! ”
“ La querelle du baron et de la baronne roula pendant un quart d’heure sur deux intendants dont l’un était mort avant l’arrivée de madame au château, et dont l’autre, destiné à remplacer le défunt, ne se pressait point d’arriver. Comme madame s’ennuyait à la campagne, et souhaitait d’y laisser monsieur faire les affaires et installer le nouvel intendant, elle trouvait que M. Rousset était un sot de s’être laissé mourir au moment où le beau monde revient à Paris, et que personne ne va s’installer dans ses terres. ”
“ On secourut la baronne. — Expliquez-moi cette affreuse plaisanterie, Monsieur, dit-elle à son mari aussitôt qu’elle fut revenue à elle-même ; M. Rousset n’est donc pas mort ? — Hélas ! le pauvre homme ! dit Lapierre ; il est bien mort et enterré huit jours avant l’arrivée de madame la baronne. Je lui ai fermé les yeux, et si madame veut voir son chien, son pauvre caniche noir, qui va toutes les nuits gratter sa tombe... — Jamais, jamais ! s’écria la baronne. Vite, vite, qu’on fasse mes paquets, qu’on m’amène des chevaux de poste ; je ne passerai pas la nuit ici. ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ Rousset se met à rire derrière sa terrifiante barbe de Croquemitaine. « Ah ! oui, vous ne connaissez pas le dada de mon frère !... il a passé toute sa vie à potasser d’extraordinaires voyages, à pied, en carriole, à dos de chameau ; il achète des photos, des livres, tout ce qui paraît comme documents sur les pays qu’il veut voir... Il vit là dedans pendant deux ou trois mois ; il s’entraîne à la marche ; il se prive de boire ; il apprend le cambodgien, le persan ; et puis, il ne part jamais, naturellement... » ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ Si cela peut lui rendre service, je ne demande pas mieux que de lui poser une petite étude. — Oh ! vous êtes trop aimable, Mademoiselle... Rousset et moi, nous ne voudrions pas abuser... » Rousset, c’est le mari. Je lui certifie que Rousset n’abusera aucunement ; et elle m’invite séance tenante à venir leur rendre visite cet après-midi pour prendre rendez-vous. « Il y aura un modèle », me prévient-elle ; et elle ajoute : « C’est une personne très bien. » ”
“ Toute la science militaire est impuissante vis-à-vis d’individus se battant pour leur bien-être et leur liberté, ou croyant les défendre. — Tiens ! regarde donc, ricana Mahuret, je crois que Rousset reçoit son engueulade. On voyait, en effet, au loin, sur la route, le colonel faire de grands gestes ; les commandants qui l’entouraient hochant la tête d’un air d’approbation à ses paroles ; Rousset baissant les yeux et se rongeant les moustaches, involontairement courbé, comme quelqu’un qui reçoit une averse. ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ Un grand chien de berger ronfle par terre à ses pieds. Le frère aîné de Rousset, enfoncé dans un divan près du poêle, colle des photos sur des cartons pour stéréoscope. Je contemple, un peu éberluée, ce placide tableau de famille. Rousset vient à moi, la main tendue, son bon sourire à demeure élargissant sa barbe de diable en carton pour boîte à surprise (je me demande pourquoi se laisser manger la figure par tant de crin lorsqu’on n’a aucune laideur à cacher, au contraire ?...) ”
“ Avec son idée de rompre les recrues à la fatigue, le commandant Rousset ne ménageait personne : officiers et soldats pivotaient les uns comme les autres. Payant de sa personne, il fallait que tous ceux qui étaient sous ses ordres en fissent autant. ”
Paul Déroulède,
1870, feuilles de route : des bois de Verrières à la forteresse de Breslau
“ Dieu merci, il était là debout à côté de moi, sérieux mais tranquille, les yeux fixés avec plus de pitié que de terreur sur son voisin de droite, qui venait d'avoir les deux joues traversées par une balle. Ce pauvre garçon, qui était notre caporal fourrier, s'appelait Rousset. Très philosophe, c'était un blessé de bon exemple. Il avait soigneusement déposé son fusil à côté de lui et, tranquillement assis sur une grosse pierre, il crachait sans émotion le sang qui lui inondait la bouche, tout en épongeant avec son mouchoir celui qui lui coulait sur le visage. ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ J’ai fait mes adieux aux voisins Rousset. Lucien, le gros petit tas rougeaud, m’a empoigné affectueusement la jambe gauche, tandis que le chien m’immobilisait de l’autre côté en agrippant ma jupe. Charlette m’a offert une poignée de pâquerettes et de pissenlits. L’inconscient Pierre Rousset m’a demandé si je comptais m’arrêter à Hambourg, que je ne connais pas, pour voir le Fischmarkt : « épatant... la vieille porte à tourelles du XIVe sur l’eau verte... avec les bateaux qui passent dessous... » ”
Camille Rousset, Revue des Deux Mondes
“ Il était en réserve à Papa, lorsque, mis en éveil par des détonations lointaines, il prit sur lui de marcher immédiatement au canon, et ce fut bien fait, car aux tiers du chemin il vit arriver à bride abattue un officier du vice-roi qui l’appelait au plus vite sur le champ de bataille de Raab. Ses troupes, même en forçant de marche, pourraient-elles arriver à temps? Il prit le galop : « Ah! s’écria le prince en le voyant paraître, j’ai eu bien tort de vous laisser à Papa; vous nous seriez bien utile dans la situation critique où je me trouve. — Rassurez-vous, voici mon corps d’armée. » ”
“ La baronne fit un cri et sonna avec anxiété. Personne ne vint, mais je parvins à trouver une bougie entière dans un autre candélabre et à la rallumer. Nous nous trouvâmes seuls alors. Le petit vieillard était sorti avec aussi peu de bruit qu’il était entré. — Dieu soit loué ! s’écria la baronne ; je ne sais ce que c’est, mais j’ai failli avoir une attaque de nerfs. Je ne connais rien de plus irritant que ce petit spectre-là ; car c’est absolument comme un spectre, n’est-ce pas, Monsieur ? Concevez-vous mon mari de s’embarrasser d’une pareille momie ? ”
Eugène Forcade, Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 31 décembre 1860
“ L’incrédulité de M. Rousset à l’endroit du génie de son fils rencontre pour se justifier des traits tout à fait désopilans et qui n’ont rien d’exagéré ; plus d’un jeune contemporain aura sans aucun doute reconnu à la représentation de la comédie de M. Bouilhet quelques-uns des argumens par lesquels une sollicitude confuse et sans lumière, mais trop souvent justifiée, essayait de détourner de la carrière littéraire quelque jeune ambitieux de sa connaissance. Il n’est pas un des singuliers argumens qu’emploie M. Rousset qui n’appartienne strictement à la logique bourgeoise. ”
“ Rousset, refroidi, avait donné l’ordre à son avant-garde de déployer une ligne de tirailleurs et de marcher en avant, en suivant le chemin pris par « l’ennemi » que l’on continuait à poursuivre en tiraillant de temps à autre. Après une demi-heure de cette marche et une ascension des plus pénibles sur un chemin rocailleux et très étroit, la colonne finit par escalader le plateau où ceux de Brest s’étaient réfugiés, et d’où ils tiraient avec conviction force cartouches. ”
Suzanne de Callias, La Malle au camphre
“ Et, sur le tapis, se traîne avec des grognements de jeune ourson Lucien Rousset, le gros petit tas rougeaud... Alors, c’est lui, et voici ce qu’il est devenu. Pourquoi cela m’étonne-t-il en somme ? Est-ce que je croyais, par hasard, qu’il resterait toujours le « gros petit tas rougeaud » coiffé d’un bonnet conique à pompon orange ? Voilà ; quand on a complètement quitté de vue les gens pendant longtemps, on ne s’imagine pas que la vie a aussi continué pour eux pendant ce temps-là... Je regarde autour de moi, comme brusquement tirée d’un rêve. ”
Henri Clouzot,
Une ville, un enfant
(1928)
“ Le père Rousset, qui tapotait sans cesse les mèches de cheveux blancs ramenés sur ses tempes, avait le visage imberbe et débonnaire. Il n'élevait jamais la voix. Mais, à la moindre faute contre la discipline, il mettait un élève « au piquet » sans lui faire quitter sa place, et « le petit lapin blanc » — c'était son terme favori — savait quel supplice pouvait être un banc de bois qui lui coupait les jarrets, conjugué avec le bord d'une table qui lui meurtrissait les cuisses. ”
Marcel Étienne Grancher, Une fille des Dombes : roman (1962)
“ Rousset opéra une savante conversion et, en passant devant le groupe des édiles, salua largement du sabre... Certains conseillers tirèrent leur chapeau ; les autres, qui étaient anciens combattants et comme tels portaient leurs médailles sur le veston, firent à tout hasard le salut militaire. Après quoi, revenus au lavoir, les pompiers mirent en batterie, aux applaudissements de la population, puis arrosèrent congrument la maison de la Ludivine Tantiron, que personne au village ne pouvait souffrir. ”
Adolphe Bitard,
Dictionnaire de biographie contemporaine française et étrangère
(1887)
“ Enfin M. Rousset a été élu membre de l'Arademie française, en remplacement de Mérimée, le 30 dérembre 1871 et reçu eolennellement le 1er mai 1872. — Aux élections du 14 octobre 1877, M. C. Rousset se portait candidat à la députation, avec l'appui de l'administration, dans le Vie arrondissement de Paris; il érhoua complètement, son concurrent heureux étant le colonel Denfert-Rochereau. On a principalement de M. Camille Rousset Précis d'hiatoire de la Révolution francaise (1849) ”
Marcel Étienne Grancher, Une fille des Dombes : roman (1962)
“ Puis Rousset, qui voulait lui aussi son petit succès, commenta ironiquement le discours de Gandelin. Très intéressé, Nouguier le questionna : — Il a parlé, ne retrouvant pas le nom qu'il cherchait, d 'un patelin serbe du côté de Salonique ?... Hi... hi... hi... Il voulait dire le... enfin... la Macédoine... Ou la Chaldée... ou la Thrace... Des bribes d'histoire grecque lui revenaient péniblement en la mémoire. Mais son érudition s'avérait incertaine... Sans importance : les pompiers approuvaient gentiment. — Ça me rappelle, dit le Pierre Grillet, la Vert-de-Gris, la femme au Tragne. ”
Jean Grave,
Le Mouvement libertaire sous la IIIe République
“ Mais de Marmande était un ami de Berthon, l’avocat de Rousset, et membre lui aussi du Comité de Défense. Il possédait le dossier et le communiqua à de Marmande qui, avec son esprit lucide, eut vite fait de l’analyser et d’en tirer le numéro volumineux que nous publiâmes. À première vue, il faut l’avouer, le dossier semblait plutôt défavorable à Rousset. Aussi se dépêcha-t-on de nous accuser de porter préjudice à celui qu’il s’agissait de défendre. ”
Jean Grave,
Le Mouvement libertaire sous la IIIe République
(1930)
“ L'affaire Rousset dormit quelques temps, le Comité de Défense n'ayant pas su tirer parti des documents que lui avait apportés de Marmande. Guérin, Benoît, Girard et quelques autres amis du journal ayant fondé un groupe, le « Groupe des Temps Nouveaux », profitèrent de ce que l'affaire Rousset venait en cassation pour demander à de Marmande de bien vou- loir reprendre la campagne dans les Temps Nouveaux en publiant le résultat de son enquête et de réclamer le dossier qui dormait depuis des mois. ”
Antoine-Marie Rousset, Souvenirs de famille, ou Simple notice pour tenir lieu d'oraison funèbre sur 1° Jean-Louis Rousset… (1850)
“ Et M. Charles Rousset, son frère puîné, ne lui cédait en rien, dit-on, sous le rapport de la grâce, de l'aisance , de la distinction; il avait une belle chevelure brune et des grands yeux noirs, la taille moins élancée, mais mieux prise que celle de son frère, et, quoique plus jeune,il avait l'air plus fort, plus mâle, plus réfléchi ”
Camille Rousset, Revue des Deux Mondes
“ En avant des bataillons massés face au nord, le général Clauzel fît saluer la France d’une salve de vingt-cinq coups de canon. Pendant que l’avant-garde se reformait, les généraux prenaient ensemble le repas du matin ; depuis ce jour-là, ce ressaut de l’Atlas a gardé le nom de plateau du Déjeuner. L’ascension continuait, de plus en plus rude ; à droite, la colonne longeait un ravin étroit, profond, un abîme d’où montait le fracas d’un torrent ; à gauche se dressait une montagne dont les flancs mamelonnés, rongés par les eaux, semblaient refuser place au sentier qui les contournait. ”
Joachim Ambert,
Louvois d'après sa correspondance…
(1881)
“ On aime à s'imaginer que l'on est dans le cabinet de Louis XIV ou de Louvois, ou bien sous la tente de Turenne ou de Vauban. Quelque beau, quelque vrai que soit l'ouvrage de M. Camille Rousset, il ne sera pas le dernier sur le marquis de Louvois. Neuf cents volumes renferment trop de richesses pour un seul écrivain. Nous venons après M. Rousset, d'autres viendront après nous. Ceux-là porteront de nouveaux jugements suivant le point de vue auquel ils se placeront. Les futurs historiens du célèbre ministre découvriront de nouvelles perspectives , et la vérité historique ne pourra qu'y gagner. ”
Camille Rousset, Revue des Deux Mondes
“ « Par la tête de ton père, ne fais pas de folie! » disait-il. Jusuf et l’agha étaient des hommes très braves. Jusuf insistait, quand survint Morris : « Je ne suis pas de ton avis, s’écria le nouveau-venu ; il n’y a pas à reculer. — On ne recule pas dans ma race. » Ce mot du duc d’Aumale jaillit comme un éclair. Une sorte de conseil allait s’improviser, comme on disait au vieux temps, « le cul sur la selle; » déjà le commandant Jamin, responsable vis-à-vis du roi de la personne du prince, proposait, non de reculer, mais d’attendre au moins l’infanterie, tout au moins les zouaves. ”
Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence… (1776-1786)
“ Voyez les Armes de cette Famille à la cinquième feuille de l'Armorial RUSSAN. CETTE Famille qui avoit fait des alliances avec les Maisons de Grasse-Borme, de Rochas-d'Aiglun, de Glandevès-Garros & de Materon-la Perusse, s'étoit séparée en deux branches, dont l'une avoit une portion à la Terre de Torenc, & l'autre possédoit la Seigneurie de Rousset, Viguerie d'Aix. Celle-ci reconnoissoit pour chef Raynaud de Russan , Seigneur de Rousset, qui vivoit sor la fin du quinzième siécle. ”
Camille Rousset, Revue des Deux Mondes
“ Envoyez un homme de chez vous qui comptera mes soldats ; opposez-moi deux hommes contre un, je vous jure que je n’augmenterai pas d’un guerrier le nombre qui sera compté. Que le maréchal vienne sur le champ de bataille : j’enverrai contre lui un de mes khalifas. Si mon ami est le plus fort, alors vous m’abandonnerez l’intérieur du pays et vous resterez dans les villes maritimes; si votre ami est le plus fort, alors, moi, je ne vous disputerai pas le chemin depuis Alger jusqu’à Constantine. Que le duc d’Orléans vienne sur le champ de bataille ”
G. Valbert,
Un Ministre de la Restauration
“ Le génie fait payer quelquefois très cher les services qu’il rend ; les hommes de devoir et de conscience se donnent à ce qu’ils font, et ils aiment à se donner. C’est une grâce d’état. M. Rousset a peint, dans le marquis de Clermont-Tonnerre, un type de parfait honnête homme. Né le 27 novembre 1779, mort à quatre-vingt-cinq ans, le 8 janvier 1865, après avoir traversé la révolution, la terreur, le directoire, l’empire, la restauration, la monarchie de juillet, il avait vu un second empire remplacer une seconde république. ”
Antoine-Marie Rousset, Souvenirs de famille, ou Simple notice pour tenir lieu d'oraison funèbre sur 1° Jean-Louis Rousset… (1850)
“ Ici se présente une dernière circonstance, dans laquelle la vie de M. Jean-Louis Rousset a couru également le plus grand danger; la voici : Plusieurs mois s'étaient déjà écoulés à Saint-Georges, sans que mon père s'y vît inquiété : la confiance et l'espérance renaissent vite dans le coeur de la jeunesse française ; mon père recevait des nouvelles rassurantes de la ville de Lyon : on lui avait peint la terreur comme amortie et les dispositions de l'autprité comme conciliantes; il désirait ardemment revoir Lyon et quelques parents et amis qu'il y avait laissés. ”
