Suzanne de Callias

Élements biographiques

Suzanne de Callias La Malle au camphre

Barral divorcé ! Barral libre de nouveau ! Ainsi qu’une foule bavarde et importune se précipite par une porte soudain ouverte et vous harcèle impérieusement de tous côtés, un essaim d’idées saugrenues se met à bourdonner dans mon cerveau. Accoudée frileusement sur les tuyaux du radiateur qui exhalent une odeur fade de peinture à l’huile chauffée, je me mets à penser à l’âge de Barral et au mien ; un an de moins, je crois ; à son caractère indépendant qui s’arrangerait si bien du mien (est-elle sotte, cette femme, de lui faire des scènes s’il passe une soirée dehors sans elle !...)
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Suzanne de Callias La Malle au camphre

Je suis dans l’atelier de Barral, au dernier étage d’une antique maison de la place Dauphine. Une splendide perspective d’eau, de vieilles pierres et d’arbres dépouillés s’encadre dans la baie qui donne sur la pointe du Vert-Galant. L’atelier de Barral est un peu fouillis ; on y voit des armes, des déguisements confectionnés par lui-même pour le bal des Quat’z’Arts, des marrons qu’il a drôlement peints et sculptés ; et, sur le panneau qui me fait face, s’étale ce qu’il appelle sa galerie de tableaux de maîtres. C’est désolant.
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Suzanne de Callias La Malle au camphre

La jeune femme réapparaît, les manches retroussées, tenant un magazine froissé, qu’elle ouvre devant moi... Je m’en empare. Comment, c’est lui, ce gringalet de Barral ! J’ai devant moi le buste d’un commandant, robuste, large d’épaules, au visage rasé, accusant des traits toujours fins, mais coupés plus nets, me semble-t-il ; le menton décidé, l’œil vif et bien enchâssé ; la bouche sinueuse dessinant toujours le léger sourire railleur, pointé d’une fossette... ce sourire derrière lequel il y avait de l’émotion et de la générosité, paraît-il...
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