Camille Rousset

Résumé

Camille Rousset Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)

Le maréchal de Belle-Isle avait fait venir à Metz le régiment de Champagne, et c'était sans la moindre peine que le comte de Gisors quittait Paris ou Bisy pour aller présider, durant de longs séjours avec elle, la famille militaire dont il était le chef bien jeune, mais déjà aimé, estimé, respecté même, parce que la bonté, la sagesse, l'amour de la justice, les graves et douces vertus qui font que les vieillards sont vénérables, s'unissaient déjà chez lui, naturellement et sans leur nuire, aux vives, aimables et charmantes qualités de la jeunesse.
Source : Gallica

Camille Rousset Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)

En frappant le maréchal d'Estrées, le gouvernement de Louis XV avait atteint du même coup l'armée tout entière et dans ses profondeurs. Ce que, sous la main d'un chef intègre et sévère, elle avait déjà gagné d'ordre et de discipline, ce que, sous la main de ce chef désormais autorisé par la victoire, elle était prête à gagner encore pour atteindre à ces hauteurs morales d'où ni armée ni-société, sous peine d'infamie, ne peut déchoir, progrès accomplis, progrès espérés, tout s'abîmait, tout disparaissait avec le maréchal d'Estrées.
Source : Gallica

Camille Rousset Le comte de Gisors, 1732-1758… (1868)

Dans une lettre que le comte de Clermont avait écrite de Neuss, le 16 juin, au maréchal de Belle-Isle, et où il lui expliquait, comme à madame de Pompadour, sa marche prétendue rétrograde : « Il ne faut pas, avait-il dit, taxer un général de timidité, parce qu'il ne combat pas aussitôt qu'on le voudroit; l'on ne connoît pas de loin la nature du pays comme de près. Je ne pouvois pas, sans imprudence marquée et sans exposer l'armée à une défaite quasi certaine, attaquer l'ennemi dans les positions où ont resté jusqu'à présent les deux armées1. »
Source : Gallica

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