Jean de Joinville

Résumé

Jean de Joinville Mémoires de Joinville

En 1240, Louis, âgé de vingt-cinq ans, avoit une réputation de sagesse et de modération qui lui attiroit l’estime de tous ses voisins. Dans un âge si peu avancé, les circonstances et la confiance qu’il inspiroit le rendirent l’arbitre d’un différend qui intéressoit non-seulement la religion, mais le repos d’une grande partie de l’Europe. Les démêlés de l’empereur Frédéric II et du pape Grégoire IX, étoient dans toute leur force ; et les deux partis ne sembloient s’accorder que pour porter leur cause devant le jeune prince.
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Jean de Joinville Mémoires de Joinville

Dans cette victoire, où l’armée des Croisés ne perdit que très-peu de monde, Hugues de Lusignan, comte de la Marche, fut tué : il avoit été l’un des plus dangereux perturbateurs du royaume : sa mort expia sa vie.
Les Français n’avoient remporté une victoire si facile, que parce que Meleck-Sala, sultan d’Égypte, s’étoit trouvé dans l’impossibilité de se mettre à la tête des Sarrasins. Frappé d’une maladie mortelle, il n’avoit pu qu’exhorter ses soldats à se bien défendre ; mais l’absence de leur général les avoit découragés.
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Cependant les Croisés qui devoient suivre le roi de Navarre à la Terre sainte, emportés par un faux zèle, maltraitèrent les Juifs, et en tuèrent même quelques-uns, sous prétexte qu’ils ne vouloient pas recevoir le baptême. Ce même Pape qui venoit de soutenir les prétentions injustes du clergé de France, déploya dans cette occasion une doctrine digne des siècles les plus éclairés : « Il ne faut, écrivit-il à Louis, contraindre personne à recevoir le baptême, parce que, comme l’homme est tombé par son libre arbitre, il doit aussi se relever par son libre arbitre, étant appelé par la grâce. »
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