“ Cependant, et au milieu de tout cela, ce qui est plus curieux encore, c’est de voir, d’année en année, l’ascendant croissant que, dans ce ménage, la femme prend sur le mari. Il ne semble pas à vrai dire que ce soit, de la part de Mme Roland, l’effet d’aucune politique ou d’aucun calcul domestique. Non ! Mais c’est que Roland, avec toute sa science et ses « capacités administratives, » qu’on nous permettra de ne pas discuter, n’est à proprement parler qu’un pauvre homme, tout en façade, et de ceux qui derrière cette façade ne dissimulent que le vide et le néant du caractère. ”
Mme Roland
Définition et enjeux
Mme Roland, figure centrale de la Révolution française, incarne la tension entre idéalisme politique et enjeux personnels. Dès le XIXe siècle, des auteurs comme P.B. soulignent son influence sur son époux, décrivant une domination non calculée mais symbolique. Dans un autre registre, L'Arioste et les traductions de La Chanson de Roland évoquent un héros mythique, tandis que Madeleine Clemenceau-Jacquemaire met en lumière son engagement politique en 1788.
Armand Le Corbeiller, quant à lui, insiste sur sa recherche de justice, même si celle-ci reste une chimère. Ces approches, mêlant littérature et histoire, révèlent une figure complexe, liée aux Girondins et aux prisons de Sainte-Pélagie, dont l’héritage philosophique résonne dans les textes de ses contemporains.
Citations sur “Mme Roland”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Roland est nu, et nage comme un poisson. Des bras et des pieds il fait si bien qu’il regagne le rivage. À peine hors de l’eau, il se met à courir, sans s’arrêter à regarder en arrière, et sans s’inquiéter s’il s’expose au blâme ou à l’éloge. ”
La Chanson de Roland : traduction nouvelle à l'usage des écoles… (1885)
“ Ce poème est l'expression la plus parfaite du patriotisme français. La scène est en Espagne : à Cordoue, à Saragosse, à Roncevaux. Avant la mort de Roland, l'action ne se passe jamais en France. Et pourtant quelle place celle-ci n'occupe-telle pas dans le poème ! Elle en est l'héroïne comme Roland en est le héros. Cette chère absente, la « douce France », la « Terre Majeur », est présente à tous les coeurs. Les Sarrasins en parlent avec une rage mêlée d'envie, les Français avec une tendresse respectueuse mêlée de regrets. ”
La Chanson de Roland : traduction nouvelle à l'usage des écoles… (1885)
“ « Ami Roland, votre olifant sonnez ! S'il l'entend, Charles, il amène les siens Et ses barons viendront nous délivrer. » Roland répond : — « Ne plaise au Seigneur Dieu Que mes parents pour moi soient blâmés ! La douce France ne doit pas succomber ! De Durendal je veux bien fort frapper, De mon épée que je porte au côté Vous verrez bien le fer ensanglanté. Les vils païens ont tort de s'assembler : Je vous le jure, ils sont à mort livrés ! » ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Roland, qui l'aperçoit, s'élance à sa poursuite, Et, voulant l'arrêter, rend plus vive sa fuite, Tant ce charmant visage est fait pour l'enflammer, - Tant en lui le désir est prompt à s'allumer ! Non pas qu'il se souvienne, en un temps de sa vie, De l'avoir ardemment adorée et servie : Non, s'il court sur ses pas, c'est comme un lévrier Qui suit, le nez au vent, la trace du gibier. ”
Madeleine Clemenceau-Jacquemaire,
Madame Roland
“ Le 26 août 1788, étant au Clos, Mme Roland écrit à Bosc : « Vous, Lanthenas, et de Lyon, vous nous donnez de terribles nouvelles. C’est le feu, c’est l’enfer de partout. » Brusquement, le ton de la correspondance est entièrement nouveau. La politique et les préoccupations de justice sociale dominent. La cueillette des fruits ne vient qu’après. La pensée de Mme Roland s’attache avec une ardeur fixe aux événements publics. ”
Alexandre Dumas,
Romans historiques, aventures, anecdotes…
(1862-1864)
“ Roland! Roland! fit-elle,, ne dirait-on point qu'elle y est déjà? Roland lui fit signe de le laisser seul ; madame de Montrevel s'éloigna avec le petit Edouard. Roland rentra, referma la porte, et, avec une indicible émotion, revint au chevet du lit d'Amélie. Tout le corps était déjà en proie à ce que l'on appelle la roideur cadavérique ; le souffle eût terni une glace à peine, tant il était faible, les yeux seuls, démesurément ouverts, étaient fixes et brillants, comme si tout ce qui restait d'existence dans ce corps condamné avant l'âge s'était concentré en eux. ”
Manon Roland,
Lettres de Madame Roland de 1780 à 1793
“ Ce que nous pouvons penser de Madame Roland et de son rôle importe peu au lecteur. On n’attendra pas non plus, du moins ici, que nous racontions sa vie. Mais encore devions-nous joindre à ces lettres, pour en faciliter la lecture, les éclaircissements nécessaires. Or, il se trouve que l’histoire des Roland est encore si mal connue, que ce minimum d’éclaircissements reste fort considérable. Pour les recueillir, nous nous sommes adressé à quatre sources différentes : I. La famille elle-même (trois arrière-petites-filles de Roland existent encore) nous a fourni de très précieuses indications. ”
Armand Le Corbeiller, Le calvaire de madame Roland (1942)
“ Mme Roland a pris, face à sa conscience, le sublime engagement de rechercher le juste et de combattre tous les obstacles. But inaccessible en ce bas monde, chimère contre laquelle sa philosophie aurait bien dû la mettre en garde. Mais jamais ne faibliront sa volonté, son désintéressement, son énergie, non plus sa franchise et sa pure honnêteté. Elle n'agira que de bonne foi, sans aucun esprit de lucre, ni de bénéfices. ”
Jeanne-Marie Roland de La Platière, Mémoires particuliers de Mme Rolland… (1847)
“ Mais comme Roland, par sa place et dans les circonstances où il se trouvait, faisait quelquefois lui-même des instructions qu'il répandait par cette voie ; comme ses écrits respiraient, en général, une philosophie douce et une véritable philanthropie, on craignit que la considération qui en résulterait pour sa personne ne le rendît trop puissant. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Il avait tellement versé de larmes à bord du navire, qu’il aurait dû en avoir les yeux et les paupières brûlés. Traitant le ciel de cruel, les étoiles d’infâmes, il rugissait comme un lion qui a la fièvre. De ses mains impitoyables,il s’arrachait les cheveux, et déchirait sa poitrine rugueuse. Au retour du paladin, les cris et les plaintes redoublent. Roland, s’étant approché du corps de Brandimart, reste un moment à le contempler sans prononcer une parole. Pâle comme le troène ou comme la molle acanthe cueillie au matin, il pousse un profond soupir. ”
Léonard-Charles-André-Gustave Gallois, Dictionnaire historique de tous les ministres… (1828)
“ Quoique madame Roland ne se soit peut-être pas toujours défendue avec assez de soin d'un léger mouvement d'amour-propre, en laissant trop entendre, dans ses admirables mémoires, qu'elle avait la plus grande part aux travaux littéraires et administratifs de son époux à qui d'ailleurs elle se plaît partout à rendre l'hommage le plus noble et le mieux mérité, il nous paraît certain que Roland ne lui était inférieur sous aucun rapport, si ce n'est tout au plus sous celui de la facilité. ”
Armand Le Corbeiller, Le calvaire de madame Roland (1942)
“ Mme Roland, par sa lettre, eut-elle bénéficié de sa clémence? Bien certainement non; pas plus que n'en bénéficièrent Camille Desmoulins et sa femme Lucile dont il fut l'un des témoins ému à leur mariage, et le gai camarade faisant sauter sur ses genoux leur petit Horace. Quoi qu'il en fût, et le certain, c'est que Mme Roland, ayant rédigé sa lettre d'un seul jet, réfléchit. Elle ne l'envoie pas. Elle comprend son inutilité et peut-être aperçoit-elle que son geste manque de beauté. Le 'dommage c'est qu'elle ne la détruit pas. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ On pourrait multiplier les citations à ce sujet, mais cela ne nous paraît pas nécessaire pour donner une idée des dispositions morales de Mme Roland dans sa nouvelle condition. Les habitudes austères de sa vie lui offraient d’ailleurs un refuge contre la mélancolie : le travail. Elle s’associa courageusement aux labeurs de son époux et, sans se rebuter de l’aridité des sujets, copiait, traduisait, compilait pour lui. ”
Alfred Assollant,
La mort de Roland
(1881)
“ Roland seul veillait. Malheur à qui peut dormir près de sa bien-aimée ! Le brave chevalier ne pouvait se résoudre à regarder autre chose que sa belle princesse. Forets, ruisseaux, prairies, terre et ciel, tout avait disparu. Corisande seule survivait à toute la nature. Les yeux de Roland ne pouvaient se lasser de suivre les contours de ce corps adorable qu'animait une âme toute divine. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 3 (1850)
“ C'est ainsi que Roland se plaisait à se tromper lui-même ; flottant sans cesse entre la crainte et l'espérance, plus il se formait d'idées nouvelles, plus son coeur était déchiré. Ce paladin si renommé n'était plus alors que le plus faible et le plus malheureux des amants ; il ressemblait à l'oiseau qui vient de donner dans un filet ou de s'abattre sur des gluaux : plus il bat des ailes pour se dégager, plus il s'embarrasse et se lie. N. 46. Roland trouve les chiffres de Médor et d'Angélique, CH. XXIII ”
Donatien Alphonse François de Sade,
Justine, ou les Malheurs de la vertu
“ Roland, qu’il faut d’abord vous peindre, était un homme petit, replet, âgé de trente-cinq ans, d’une vigueur incompréhensible, velu comme un ours, la mine sombre, le regard féroce, fort brun, des traits mâles, un nez long, la barbe jusqu’aux yeux, des sourcils noirs & épais, & cette partie qui différencie les hommes de notre sexe, d’une telle longueur & d’une grosseur si démesurée, que non-seulement jamais rien de pareil ne s’était offert à mes yeux, mais qu’il était même absolument certain que jamais la Nature n’avait rien fait d’aussi prodigieux ”
duchesse d' Laure Junot Abrantès, Histoire des salons de Paris (Tome 2…
“ Roland est un homme qui appartient à l'histoire, quoique d'une manière peut-être moins intime que sa femme; toutefois il est dans une ligne isolée qui le classe parmi les hommes distingués de la Révolution... ”
Jeanne-Marie Roland de La Platière, Mémoires particuliers de Mme Rolland… (1847)
“ Une liaison fondée sur l'estime détermina son mariage. Roland, écrivain laborieux, savant, éclairé, administrateur habile, joignait à l'austérité de son âge et de son caractère la sévérité des mœurs anciennes. Tout fut grave pour madame Roland dans cette union : ses années, comme elle dit elle-même dans une des lettres inédites que nous joignons à cette édition, ses années étaient laborieuses, et marquées par le bonheur sévère qui tient à l'accomplissement des devoirs. La naissance d'un enfant y mêla beaucoup de douceur. ”
Alfred Assollant,
La mort de Roland
(1881)
“ Roland regarda quelques instants cette foule attentive, et d'une voix plus puissante que le gros bourdon de Notre-Dame de Paris, et plus claire que la trompette de l'archange qui appellera les morts dans la vallée de Josaphat: il dit : — Écoute-moi, roi Marsile, et vous tous, chevaliers, bourgeois, manants et mécréants de la noble ville de Saragosse, écoutez ! Jamais je n'ai menacé en vain, ni manqué à ma parole. Or, voici ce que je vous annonce, moi Roland, comte d'Angers, neveu de Charlemagne, pair de France et chevalier de l'illustre princesse de Grenade. ”
Octave Gréard,
L’Éducation des femmes par les femmes
“ « On jetait indifféremment sur la même paille et sous les mêmes verrous, » raconte M. Beugnot, la duchesse de Grammont et une voleuse de mouchoirs, Mme Roland et une misérable des rues, une bonne religieuse et une habituée de la Salpêtrière. Cet amalgame avait cela de cruel pour les femmes élevées, qu’il leur faisait subir le spectacle journalier de scènes dégoûtantes. Nous étions réveillés toutes les nuits par les cris des malheureuses qui se déchiraient entre elles. La chambre où habitait Mme Roland était devenue l’asile de la paix au sein de cet enfer. ”
Joseph Bédier,
Roland à Roncevaux
“ Qui est Roland ? Un chevalier, son neveu, jeune, beau, fort, qui, dans l’immense armée du vieux roi, semble entre tous proche de son cœur. C’est lui, nous est-il dit, qui « guide les autres » dans les batailles, lui qui conquiert les royaumes, lui qui « chascun jur de mort s’abandonet », et, s’il périssait, Charles perdrait « le bras droit de son corps ». D’où lui vient donc son prestige, sa précellence ? Serait-ce de sa vaillance, de sa pureté ? Mais tous ses compagnons sont, eux aussi, des vaillants et des purs. Serait-ce de sa terrible épée, Durendal ? ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ Roland, qui voit emporter sa maîtresse, sa divinité, dans la douleur et dans les larmes, saisi de courroux et de rage, appelle d'une voix terrible le chevalier ; il l'appelle, le menace et pousse Bride-d'or à toute bride. 7. Le scélérat ne s'arrête ni ne lui répond, il est tout occupé de sa précieuse proie, de sa conquête. Il s'en va si vite à travers les feuillages, que le vent pourrait à peine le suivre. L'un fuit, l'autre le poursuit, et dans la profondeur de la forêt on entend retentir des cris plaintifs. ”
François-René de Chateaubriand,
Mémoires d’outre-tombe
(1850)
“ J’entendais beaucoup parler de Mme Roland, que je ne vis point ; ses Mémoires prouvent qu’elle possédait une force d’esprit extraordinaire. On la disait fort agréable ; reste à savoir si elle l’était assez pour faire supporter à ce point le cynisme des vertus hors nature. ”
Gaston Paris,
Histoire poétique de Charlemagne
(1865)
“ Roland est preux, et Olivier est sage. Roland, on le sent, a les prédilections de la poésie; il représente admirablement la vraie valeur française, qui va jusqu'à la témérité, et arrache la sympathie passionnée tout en méritant le blâme. Il est pieux, dévoué à son souverain et à la France, chef aimé des soldats, ami fidèle, loyal et inaccessible au mensonge ; il aime avec une chaste profondeur, sans laisser prendre à l'amour trop de place dans son âme. Mais avec toutes ses vertus il est pénétré jusqu'à l'excès du besoin de la gloire et de ce sentiment nouveau qu'on appelle l'honneur ”
Alfred Assollant,
La mort de Roland
(1881)
“ La belle Corisande avait passé la nuit sans dormir. Pensive, accoudée à sa fenêtre, le regard perdu dans les horizons lointains, les cheveux dénoués, elle pensait à Roland, à son amour trahi, à son cœur désolé. Un héros si généreux pouvait-il être si cruel et si perfide pour elle ? ”
La Chanson de Roland : traduction nouvelle à l'usage des écoles… (1885)
“ Roland sent qu'on lui tire l'épée ; il ouvre les yeux et lui dit un seul mot : — « A mon escient, tu n'es point des nôtres ! » LA COMPLAINTE 253 Il tient l'olifant qu'il ne veut jamais perdre, et le frappe sur le heaume orné d'or et de pierreries, brise l'acier, et la tête et les os, lui fait jaillir les yeux hors de la tête et l'abat mort à ses pieds Après il dit: — « Quoi ! oses-tu, glouton, Toucher Roland, ni à droit ni à tort ? Qui l'apprendra doit te tenir pour fou ! Il est fendu, le cor, au pavillon, Ils sont tombés, les cristaux et les ors ! » ”
Alfred Assollant,
La mort de Roland
(1860)
“ « Ah ! dit-elle, votre courage et votre générosité auraient dû vous faire reconnaître. Quoi ! vous êtes ce fameux Roland !... — Je suis Roland, répéta-t-il avec simplicité. » Le bon chevalier n'était pas de force à résister à celle douce flatterie. Est-il rien de plus doux que d'être admiré de ce qu'on aime? « Mon voyage est fini, reprit la princesse. J'allais vous chercher à la cour de Charlemagne. — Vous me cherchiez? dit Roland étonné. Ah! madame, mon bras, mon coeur, ma vie, tout est à Vous. » ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Et chaque fois les flots, portant de nouveaux coups, Attaquent le rivage avec plus de courroux : Telle, de plus en plus, s'accroît la troupe immense, Qui, de tous, les côtés, avec fureur s'avance. Aux vingt premiers sans ordre, arrivés sous sa main, Roland donne un trépas non moins prompt qu'inhumain; Et chacun reconnaît, à cette preuve claire, Que trop s'en approcher est plus que téméraire. Sur lui l'on jette en vain des pierres et du fer, Rien ne peut réussir à pénétrer sa chair ; Le ciel a fait ce don à cet homme héroïque, Afin qu'il soit l'appui de la foi catholique. ”
La Chanson de Roland : traduction nouvelle à l'usage des écoles… (1885)
“ Chevauchez donc : pourquoi nous arrêter ? La Terre-Majeur est très loin devant nous. » CXXXVII Le comte Roland a la bouche sanglante ; de CHARLES RETOURNE SUR SES PAS 225 son cerveau les tempes sont rompues. Il sonne l'olifant en douleur et en peine. Charles l'ouït, et les Français l'entendent, et le Roi dit : « Ce cor a longue haleine ! » Le duc Naimes répond : « Oui, Roland est en peine. Il y a bataille, à mon avis. Celui-là le trahit qui essaie de feindre envers vous. Armez-vous ! Criez votre devise ! et secourez votre noble maison : Vous l'entendez assez : Roland se désespère ! » ”
Joseph Bédier,
Roland à Roncevaux
“ Roland sent que la mort le prend tout : de sa tête elle descend vers son cœur. Jusque sous un pin il va courant ; il s’est couché sur l’herbe verte, face contre terre. Sous lui il met son épée et l’olifant. Il a tourné sa tête du côté de la gent païenne : il a fait ainsi, voulant que Charles dise, et tous les siens, qu’il est mort en vainqueur, le gentil comte. À faibles coups et souvent, il bat sa coulpe. Pour ses péchés il tend vers Dieu son gant. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 3 (1850)
“ Roland reste seul, et s'abandonne à toute sa faiblesse ; ses larmes baignent ses joues, sa poitrine, son lit même ; il se retourne cent fois sur ce lit, que la douleur et le désespoir rendent plus insupportable pour lui, que s'il était d'un dur rocher ou couvert d'épines. Une idée plus affreuse, plus désespérante encore que toutes les autres, vient achever de le transporter hors de lui-même. Dieu ! s'écrie-t-il, c'est sans doute dans ce même lit que l'ingrate, l'infidèle Angélique a consommé son crime avec son vil amant. ”
