Armand Le Corbeiller

Résumé

Armand Le Corbeiller Le calvaire de madame Roland (1942)

Elle ne reprend espoir qu'en regardant Eudora. Avec ses longs cheveux blonds bouclés naturellement, ses cils bruns et ses yeux gris, comme ceux de sa mère, la belle carnation de son teint, l'enfant est ravissante. A cette heure grave, elle est le soutien moral de Mme de la Platière qui, pendant six mois, soigne son mari jour et nuit. Durant deux semaines, elle ne dort pas. Telle on la vit, au chevet de Mignonne et de l'apprenti, vigoureuse et sans défaillance, on la retrouve veillant Roland à qui l'enchaîne un destin plus fort et plus puissant que l'amour.
Source : Gallica

Armand Le Corbeiller Le calvaire de madame Roland (1942)

C'est une hantise que ne parvient à chasser, ni même à calmer, la compagnie de Mme Sophie Grandchamp dont l'humeur est, d'ailleurs, fantasque. Mme Roland ne peut plus vivre en province parce que la Révolution est devenue sa chose, son idéal vers quoi tendent tous ses efforts. Loin de Paris, elle est comme le chef loin de ses troupes, qui sent sa puissance s'effriter, s'émietter ses ordres, se perdre sa popularité et son ascendant. Sans sa présence et la magie de sa personne et de sa plume, la liberté ne naîtra jamais totalement, car les hommes sont sans continuité dans l'énergie et la volonté.
Source : Gallica

Armand Le Corbeiller Le calvaire de madame Roland (1942)

Au fond, il est très heureux et compte sur l'appui de son entourage qui l'aime : Bosc, Bancal, Buzot, Lanthenas, Sophie et, surtout, sa femme. De celle-ci, n'est-ce pas, il est certain. Il n'a plus rien à apprendre d'elle car il l'a souvent vue à l'oeuvre : dévouement total, absolu, sans limite, ne vivant que pour lui qu'elle place, malgré ses travers, au-dessus de tous. Onze années de vie commune, succédant à de longues fiançailles, lui ont démontré, prouvé jusqu'à l'extrême, que Mme Roland ne se ménage pas quand il s'agit de son mari.
Source : Gallica

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