Benjamin Barbé

Tiphaine (1880)

Résumé

Benjamin Barbé,  Tiphaine (1880)

“ Tiphaine, sans me voir et sans m'entendre, prolongeait son implacable et morne silence ; l'impatience chez moi succéda à la consternation. J'ajoutai avec plus d'assurance : — Répondez-moi, Madame, j'ai droit à une réponse ; ma conduite est odieuse. Je la déplore et n'aurai pas l'audace de l'excuser ; mais soyez franche et juste ; il y a des circonstances atténuantes. Croyez-vous être la seule dont l'âme se dédouble et s'égare ?
— Vous m'avez cruellement blessée, répondit Tiphaine calme et triste, vous le savez, ponrquoi me forcer à vous le dire?
”
Source : Gallica

Benjamin Barbé,  Tiphaine (1880)

“ En interrogeant les replis secrets de mon cœur, je pouvais me reprocher cependant de ne pas l'avoir assez bien compris, lorsque cela certainement était vrai encore. Ma ridicule audace avec Tiphaine, la subite explosion d'une passion, qu'un quart d'heure avant je ne m'avouais pas à moi-même, n'avait-elle pas eu pour cause, en partie au moins, la jalousie éveillée par ce fiancé vaguement pressenti, par cet amoureux entrevu à travers l'intimité d'un ami d'enfance ? N'aurais-je pas dû, dès lors, regarder le succès de Camille comme certain ?
Pouvait-on voir Tiphaine sans en être
amoureux ?.
”
Source : Gallica

Benjamin Barbé,  Tiphaine (1880)

“ Sa sympathie est née de souvenirs qui n'appartiennent qu'à l'esprit. Si elle m'aime, c'est par l'esprit seulement ; il serait monstrueux de profaner une seconde fois cette âme honnête et pure, sans excuse désormais contre sa colère de colombe.
Plus d'une fois, non sans trouble, je m'endormis sur ces sages réflexions, impuissantes à éloigner l'image de Tiphaine qui, cinq minutes après, descendait du ciel en costume de houri, pour reposer sur mon cœur obstiné dans ses convoitises.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature