Henry Murger,
Les Vacances de Camille, par Henry Murger
(1857)
“ Éloignée de Léon un jour plus tôt, elle l'eût oublié sans doute au bout de quelque temps. Après cette douloureuse veillée, il eût été trop tard pour qu'elle l'oubliât. De même qu'un jour de soleil suffit pour amener l'éclosion d'une fleur ou la maturité d'un fruit, il suffit quelquefois d'une heure de fièvre pour amener l'entier développement d'une passion. Le lendemain, Clémentine aimait, non plus, comme la veille, d'un amour docile éclos sous les yeux de ses parents, dans la serre de l'obéissance, mais d'un amour qui prenait place dans son coeur comme un maître impérieux et jaloux. ”
