Henry Murger

Henry Murger

Résumé

Portrait de Henry Murger Henry Murger Les Nuits d’hiver

Nous nous servons tout exprès de ce mot terrible : hôpital, pour ne rien ôter à la sympathie, à la pitié que mérite un labeur si rare, un talent si charmant. Hôpital, c’est le vrai mot. Vous déroutez la postérité, qui juge à la fois le poëte et ses lecteurs, en déguisant sous un mot plus clément cette extrême misère. Il n’y a qu’un mot qui serve en tout ceci : l’hôpital. Là sont morts bien des malheureux que la muse avait touchés de sa lèvre, et l’on serait injuste et cruel de priver leur mémoire de ce complément suprême aux douleurs du poëte, au travail de l’artiste.
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Portrait de Henry Murger Henry Murger Les Nuits d’hiver

L’amour comme Murger le comprend est d’une espèce particulière. Vous ne trouvez pas chez lui les supplications ardentes, les galanteries hyberboliques, les lamentations exagérées de la poursuite, pas plus que les dithyrambes à plein vol, et les odes enivrées du triomphe ; n’y cherchez pas non plus les grands désespoirs, les éternels sanglots et les cris à fendre les cieux. — Cet amour ne se présente guère qu’à l’état de souvenir : heureux, il se tait ; pour le faire parler, il faut l’abandon, l’infidélité, la mort ! Où le plaisir fut silencieux, la douleur pousse un soupir.
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Portrait de Henry Murger Henry Murger Les Nuits d’hiver

Il faut une âme et un corps solidement trempés, une organisation tout à fait exceptionnelle, un tempérament de fer, pour ne point succomber aux luttes, aux fatigues, aux excitations de cette vie dévorante ; il faut produire sans cesse, produire encore, et toujours. Avec les années la sève tarit, la veine s’épuise, le travail devient plus difficile ; l’écrivain lui-même surveille et juge ses œuvres avec un goût plus sévère. C’est le moment où l’on a le plus besoin d’ordre, de calme, de fermeté et de raison.
Depuis quelque temps, la santé de Murger était visiblement altérée
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