Résumé

L. Étienne La Poésie et les poètes de la nouvelle génération

Être philosophe parmi nos jeunes poètes, voilà, ce me semble, son ambition. Sa philosophie semble faire partie de sa distinction, et il en a beaucoup. J’imagine qu’il eût été mélancolique sans Lamartine, que sans M. Leconte de Lisle il eût fait de la mythologie, que sans Alfred de Musset il eût chanté l’amour, ou du moins il aurait tâché, car il ne suffit pas de l’imagination et du talent pour chanter l’amour, et Musset l’a dit, le vrai poète en lui, ce n’était pas lui, c’était son cœur.
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L. Étienne La Poésie et les poètes de la nouvelle génération

Descriptive et musicale, cette école se regarde comme l’héritière la plus directe des maîtres qui ont renouvelé chez nous le rhythme et la couleur. En même temps, comme elle est l’adversaire de la poésie intime et profonde dont Alfred de Musset a été la plus puissante expression, elle s’efforce d’ôter à tous les sentimens, même à l’amour, ce qu’ils ont de personnel ; elle affecte un calme inaltérable qui la fait ressembler à ces dieux de marbre dont elle aime à recommencer perpétuellement l’ébauche.
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L. Étienne La Poésie et les poètes de la nouvelle génération

Il est bon de bien faire les vers, d’y mettre l’éclat, la largeur, la grande harmonie ; mais se piquer outre mesure de ces qualités, croire que tout est fait parce qu’on est parvenu à exceller dans ces détails, c’est manquer le but de la poésie ; c’est aussi être un écrivain maniéré au premier chef. Ne donnons pas une si grande importance à de purs détails. Que m’importe que vous posiez pour les yeux ou pour la chevelure, si après tout la nature ne vous a pas fait beau ?
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