Résumé

Adolphe Perreau Alfred de Musset : l'homme, le poète (1862)

Soupçonnerait-on surtout que le souffle de l'Alfred de Musset que la Muse vient baiser au front dans les Nuits, est le souffle d'un débauché dilaté par l'air du vice? Non certes; et c'est cette étonnante virginité de pensée, cette incroyable pureté de coeur dans le rêve, qui nous ont fait dire en
commençant que le poëte, sinon l'homme, et que fait l'homme devant la mort, cette vie de l'âme?
Source : Gallica

Adolphe Perreau Alfred de Musset : l'homme, le poète (1862)

Ah les Nuits! c'est là vraiment qu'il soupire, qu'il palpite et qu'il pleure, le grand poëte Nous les avons presque oubliées aujourd'hui, nous, les 'corrompus dont les soupirs sont des râles abjects, —dont le cœur bat à peine, dont les paupières ont séché leurs larmes au vent du cynisme. Mais qu'un de nous reprenne le livre, seul, un soir de printemps ou d'été, dans le demi-silence de la nature assoupie, dans ce demi-silence où le lointain a des bruits vagues, comme notre passé, en face d'un ciel d'argent dont les nuages passent voilés, comme nos souvenirs
Source : Gallica

Adolphe Perreau Alfred de Musset : l'homme, le poète (1862)

L'énergie lui manque désormais pour arracher son esprit à la réalité autour de laquelle il s'enroule, et si le poëte peut encore s'échapper du monde, l'homme y demeurera et usera plus que jamais des caprices du poëte pour donner quelque saveur à l'insipide vulgarité de l'existence. Voilà pourquoi les poëtes ont le génie du libertinage. Ils boivent la débauche dans une coupe d'or ciselée par la fantaisie à la Benvenuto Cellini, et ils mêlent à son breuvage tous les philtres de cette sorcière d'imagination.
Source : Gallica

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