Résumé

Portrait de Voltaire Voltaire Médée, tragédie

Médée conçoit la vengeance la plus horrible, et qui retombe sur elle-même. Pour y parvenir, elle a recours à la plus indigue fourberie : elle devient alors exécrable aux spectateurs ; elle attirerait la pitié si elle égorgeait ses enfants dans un moment de désespoir et de démence. C’est une loi du théâtre qui ne souffre guère d’exception : ne commettez jamais de grands crimes que quand de grandes passions en diminueront l’atrocité, et vous attireront même quelque compassion des spectateurs.
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Portrait de Voltaire Voltaire Médée, tragédie

Médée trouve ici le secret d’être froide en égorgeant ses enfants! C’est qu’après la mort de Créon et de Créuse ce parricide n’est qu’un surcroît de vengeance, une seconde catastrophe, une barbarie inutile.
On ne relèvera pas ici l’expression très-vicieuse de ces petits ingrats, parce qu’on n’en relève aucune. Le plus capital de tous les défauts dans la tragédie est de faire commettre de ces crimes qui révoltent la nature, sans donner au criminel des remords aussi grands que son attentat, sans agiter son âme par des combats touchants et terribles, comme on l’a déjà insinué [29] .
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Portrait de Voltaire Voltaire Médée, tragédie

Quand mêmes ces stances ennuyeuses et mal écrites auraient
été aussi bonnes que la meilleure ode d’Horace, elles ne feraient aucun effet, parce qu’elles sont daus la bouche d’un vieillard ridicule, amoureux comme un vieillard de comédie. Ce n’est pas assez au théâtre qu’une scène soit belle par elle-même, il faut qu’elle soit belle dans la place où elle est.
Scène VI.
On voit assez que ce fantôme pareil et de taille et de face, et cet anneau enchanté, et ces coups de baguette, ne sont point admissibles dans la tragédie.
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