Alfred Des Essarts

Résumé

Alfred Des Essarts Valentin, ou la Femme de mousse (1863)

Fanny tenait les yeux baissés, le coeur lui battait à briser sa poitrine. Jeanne avait levé les mains au ciel d'un air désespéré. Ce fut le père qui reprit ainsi la parole :
— Vous comprenez l'effet que ça m'a produit. C'est un malheur, ah! oui, c'est un grand malheur. Je suis pauvre, mais je tiens à mon honneur, parce que l'honneur vaut mieux que l'argent. Je l'aimais ce garçon. Même quand tu le repoussais, Jeanne, quand tu lui défendais de fréquenter notre Fanny, en moi-même je te donnais tort. Je te trouvais dure et injuste, parce que Valentin était comme l'enfant de la maison.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Valentin, ou la Femme de mousse (1863)

Puis se tournant vers Fanny, dont le visage passait tour à tour, avec une effrayante mobilité, de l'expression de la joie à celle de la douleur, et du sourire aux larmes :
— Fanny, dit-il, chère Fanny, se peut-il que je vous retrouve ainsi toute souffrante après vous avoir quittée hier brillante de santé! Ce que c'est que la vie ! et comme les jours se ressemblent peu!... Nous étions contents, nous parlions de l'avenir, je ne me berçais pas trop, parce que, après tout, je savais qu'il me fallait partir. Mais c'est égal, ça me peine cruellement de vous voir comme ça dans votre lit.
Source : Gallica

Alfred Des Essarts Valentin, ou la Femme de mousse (1863)

Une allée étroite part de l'église pour aboutir au presbytère; c'est le chemin que suit chaque jour le curé du village allant dire sa messe, et jetant un regard sur la sépulture de ceux qu'il a connus, de ceux qu'il a bénis et consolés. Un crucifix de bois peint, deux rayons de livres, ses amis, les seuls qui le comprennent et avec qui il puisse causer, quelques gravures de piété encadrées dans des bordures noires, que l'abbé Justin façonna lui-même de ses mains, tel est l'ensemble du parloir où depuis vingt ans le vieillard a médité, prié et souffert peut-être.
Source : Gallica

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