Résumé

Giuseppe De Nittis Notes et souvenirs du peintre Joseph de Nittis (1895)

Si j'avais dit que je voulais me faire maçon ou tailleur de pierres, l'indignation de Vincenzino n'eût pas été plus grande. J'allais déshonorer ma famille.
Têtu, je reprenais : — Je serai peintre.
Et je sortais. Et j'allais par les routes, me procurant comme je pouvais couleurs et toiles. Je peignais. Mon éducation d'artiste se faisait toute seule.
Qu'importe la réalisation. Les choses valent par le rêve. Et si j'ai mis dans ma peinture un
peu de cette ardente passion pour la nature qui me faisait éperdu devant elle, tout est bien.
Source : Gallica

Giuseppe De Nittis Notes et souvenirs du peintre Joseph de Nittis (1895)

Il chantait pour nous avec un entrain nouveau qui me laissait comme un parfum des menthes fraîches de ma montagne, du Vésuve cher, auquel Pagans ressemblait; dans un corps élégant et grêle, une âme chaude; un honnête homme.
Il est mort, le pauvre Pagans, laissant une veuve sans fortune, lui qui gagna tant d'argent et ne dépensa rien.
C'est qu'il avait un idéal, le cher grand artiste; et cet idéal fait sa mémoire sacrée, comme sa conduite dans la vie lui mérita l'estime de tous ceux qui l'approchèrent. Tout son gain passa
pour une cause.
Source : Gallica

Giuseppe De Nittis Notes et souvenirs du peintre Joseph de Nittis (1895)

Les hommes changent plus moralement encore que physiquement; plus vite. Chacun a vécu de sa vie; les vieux atomes déplacés ne s'accrochent plus.
La conversation languissait. Elle ne parlait pas de Vincenzino. L'avait-il quittée? S'étaient-ils mariés?
L'enfant, lui, se souvint. Ce fut lui qui posa la question difficile : — Et Vincenzo?
Raffaëla pâlit encore. Un sanglot jaillit de sa gorge.
— Mort! dit-elle simplement.
— Ah ! poverina !
Raffaëla leva la tête; et, le regard perdu, loin de nous et de l'heure présente, elle parla : — Nous avions quitté Naples.
Source : Gallica

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