“ Malheureusement M. de Lansac, que l’agitation fébrile du voyage empêchait aussi de dormir, avait observé cette scène de derrière un rideau qui le cachait à Bénédict. Le lendemain, M. de Lansac et M. Grapp se promenèrent seuls dès le matin. — Eh bien ! dit le petit homme ignoble au noble comte, avez-vous parlé à votre épouse ? — Comme vous y allez, mon cher ? Eh ! donnez-moi le temps de respirer. — Je ne l’ai pas, moi, Monsieur. Il faut terminer cette affaire avant huit jours ; vous savez que je ne puis différer davantage. — Eh ! patience ! dit le comte avec humeur. ”
M. de Lansac
Définition et enjeux
Citations sur “M. de Lansac”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1838)
“ Elle regarda en tremblant M. de Lansac ; son air insouciant et calme était impénétrable. Vers dix heures du soir, Grapp, se préparant a se retirer dans sa chambre, attira M. de Lansac sur le perron. - Ah çà ! lui dit-il avec humeur, voici tout un jour de perdu, tâchez que cette nuit amène un résultat pour mes affaires, sinon je m'en explique dès demain avec madame de Lansac. Si elle refuse de faire honneur à vos dettes, je saurai au moins à quoi m'en tenir. Je vois bien que ma figure ne lui plaît guère ; je ne veux pas l'ennuyer, mais je ne veux pas qu'on se joue de moi. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ XXXII. M. de Lansac se trouvait dans une des plus diplomatiques situations qui puissent se présenter dans la vie d’un homme du monde. Il y a plusieurs sortes d’honneur en France : l’honneur d’un paysan n’est pas l’honneur d’un gentilhomme, celui d’un gentilhomme n’est pas celui d’un bourgeois. Il y en a pour tous les rangs et peut-être aussi pour tous les individus. Ce qu’il y a de certain, c’est que M. de Lansac en avait à sa manière. ”
George Sand,
Valentine
(1832)
“ Il arma de nouveau ses pistolets et courut au hasard devant lui. Le bruit d’une petite toux sèche l’arrêta tout à coup. Dans l’état d’irritation où il était, la pénétration instinctive de la haine lui fit reconnaître à ce léger indice que M. de Lansac venait droit à lui. Ils avançaient tous deux dans une allée de jardin anglais, allée étroite, ombreuse et tournante. Un épais massif de sapins protégea Bénédict. Il s’enfonça dans leurs rameaux sombres, et se tint prêt à brûler la cervelle à son ennemi. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
“ Enfin M. de Lansac, homme sans passion généreuse, sans jeunesse morale, déjà usé et flétri au dedans par le commerce du monde, incapable d'apprécier Valentine, la louant sans cesse et ne l'admirant jamais, n'avait, dans aucun moment, excité en elle un de ces mouvements rapides, irrésistibles, qui transforment, qui éclairent, qui entraînent avec impétuosité vers une existence nouvelle. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Se tuer au moment de marcher à l'ennemi, c'eût été une lâcheté, M. de Lansac secoua donc sa torpeur et se mit en route dans la nuit. Le désarroi dans lequel il trouva le quartier général ne tarda guère à l'épouvanter, et de patriotiques appréhensions vinrent encore oppresser son coeur malade. Il remua ciel et terre pour se faire écouter, et, n'ayant pu réussir à vaincre la folle confiance qui aveuglait tous ceux qui l'entouraient, il demanda un poste rapproché de l'ennemi. Deux mois après son départ de Paris, sous la tente qu'il occupait près de Reischoffen, il vit soudain paraître Mauret. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ La demoiselle riait en voyant l'empressement que le faux duc mettait à concevoir des espérances. — Puisque vous devez me rendre heureux dans un mois, poursuivit M. de Lansac, il vaudrait bien mieux m'épargner un si long ennui, et conclure ce soir même. Il ne vous en coûtera pas davantage. Nous sommes seuls; tout le monde dort autour de nous. La vie est courte et l'occasion rare. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Puis il se mit aussitôt à causer avec cette aisance que donne l’habitude de la dissimulation ; et le ton dont il parla de son voyage, la joie qu’il exprima de se retrouver auprès de sa femme, les questions bienveillantes qu’il lui adressa sur sa santé, sur les plaisirs de sa retraite, l’aidèrent à se remettre de son émotion et à paraître, comme lui, calme, gracieuse et polie. Ce fut alors seulement qu’elle remarqua dans un coin du salon un homme gros et court, d’une figure rude et commune ; M. de Lansac le lui présenta comme un de ses amis. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Et si Valentine voit sa sœur en secret, comme on l’assure, ne serait-elle pas heureuse de me voir partager ses intentions ? — Madame de Lansac, répondit la vieille suivante, dépend de son mari, et vous savez bien que M. de Lansac et vous, n’êtes pas toujours fort bien ensemble. Prenez garde, madame la marquise, de compromettre par une étourderie l’existence de vos vieux jours. Votre petite-fille n’est pas très-empressée de vous voir, puisqu’elle ne vous a point fait part de son arrivée dans le pays ; madame de Lansac elle-même n’a pas jugé à propos de vous confier ce secret. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Il fallait l'aimer, la protéger. Comme elle se faisait humble, adorable, débile, pelotonnée au fond de son fauteuil ! Quelle candeur dans son regard qui implorait ! M. de Lansac, troublé, protestait de son dévouement pour le doux être qui se plaçait en quelque sorte sous sa protection. Il sortit de cet entretien enivré, vaincu. Il venait de rapprendre à jamais le chemin de la rue de Courcelles, et, quoi qu'il arrivât, il ne partirait plus. Il avait l'oreille pleine de cette voix de sirène, les yeux pleins des troublants rayons de ce regard qu'il revoyait suivre un rêve intérieur ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Tonnerre de femmes ! s'écria-t-il aussitôt dehors et en homme qui le sait par expérience, avec elles, ça finit toujours comme ça ! V M. de Lansac passa la nuit sur son balcon, las, inerte, ressassant malgré lui les mêmes idées. Il vit le gaz s'éteindre, le ciel blanchir, les travailleurs matineux passer sous ses fenêtres. Quelques-uns fredonnaient, et il s'étonna qu'il y eût au monde des hommes assez insouciants pour chanter. Il faisait grand jour lorsqu'il rentra dans sa chambre ; le lendemain et le surlendemain il eut la fièvre ; puis, l'épuisement amena le sommeil. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Vous pouvez causer stratégie, mon cher, Mme de Lesrel sait tout ou devine tout. – Diable ! Mauret, vous parlez d'elle en amoureux. – Je le suis, répondit le jeune homme d'un ton tragique, comme tous ceux qui l'approchent, comme vous le serez vous-même demain. – Rebroussons vite chemin, répliqua M. de Lansac avec vivacité ; je n'ai ni l'envie ni le loisir d'être amoureux. – Trop tard, dit Mauret, qui venait de sonner à la porte d'un hôtel. Aussitôt dans l'antichambre, M. de Lansac se sentit enveloppé d'un air tiède, parfumé d'une senteur qu'il connaissait déjà. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ M. de Lansac ne se demanda pas une seule minute pourquoi la jeune femme s'adressait à lui, assez ignorant en affaires, alors que son salon renfermait tant de légistes, d'avocats et de financiers célèbres. Il ne vit dans son action qu'une preuve de confiance, qui le transporta. Du reste, la question fut aussitôt écartée que posée. On avait le temps de réfléchir, ce n'était que dans un mois que Mme de Lesrel aurait à signer. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Mon cher, répondit M. de Lansac avec gravité, j'ai sept ou huit ans de plus que vous ; j'ai donc, par bonheur, passé l'âge des coups de foudre. Je songerai à aimer dans trois ou quatre ans, pour me marier ; car l'amour, qui, pour nombre de gens, semble un jeu ou un passe-temps, est pour moi chose douloureuse et tragique, j'en ai fait l'expérience. En tout cas, ce n'est jamais à une femme comme Mme de Lesrel que je m'attaquerai, surtout quand je sais que les qualités physiques et morales qu'elle possède ont un maître, puisque vous m'affirmez que M. de Lesrel existe. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
“ Mais comme on ne put jamais lui faire dire le motif de cette douleur, on pensa qu'il y avait encore de l'égarement dans son cerveau. La nourrice seule guettait un instant favorable pour parler; mais M. de Lansac, étant à la veille de partir, se faisait un devoir de ne plus quitter l'appartement de sa femme. M. de Lansac venait de recevoir sa nomination à la place de premier secrétaire d'ambassade (jusque-là il n'avait été que le second) , et en même temps l'ordre de rejoindre aussitôt son chef, et de partir, avec ou sans sa femme, pour la Russie. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Une semaine plus tard, vers une heure de l'après-midi, Mauret se présenta chez M. de Lansac. Les deux officiers se mirent aussitôt à l'étude et travaillèrent sans désemparer jusqu'à cinq heures. – Vous m'émerveillez, Lansac, dit Mauret ; lorsque vous commanderez en chef, la France, j'en suis sûr, comptera quelques victoires de plus. Comme vous avez raison de vivre retiré ! votre supériorité m'écrase, vrai, et je compte suivre votre exemple. En attendant, habillez-vous ; avant de dîner, nous rendrons visite à Mme de Lesrel. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Mme de Lesrel, troublée, n'osa demander une explication ; elle craignait que le son tremblant de sa voix ne frappât son mari. Le lendemain, deux amis de M. de Lansac, se présentèrent chez M. de Lesrel. Une rencontre à l'épée fut décidée pour le soir même. C'est chose grave qu'un duel, et l'alternative de tuer ou d'être tué est toujours poignante. Aucun motif de haine personnelle n'animait M. de Lansac contre M. de Lesrel, et peu à peu l'âme si droite de l'officier se révolta à l'idée de frapper un innocent. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ M. de Lesrel, qui ne paraissait que de temps à autre, était, au moral comme au physique, un homme correct. Sûr de sa femme, il voyait sans ombrage l'essaim d'adorateurs dont elle vivait entourée chez elle ; car, fière de sa réputation intacte, alors que la mode soufflait aux moeurs de la régence, Mme de Lesrel n'allait nulle part sans son mari. A la longue, prenant goût à ce salon, surtout à l'intimité courtoise qui y régnait, M. de Lansac se fit une habitude de le traverser deux fois par semaine. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Vers cinq heures et demie, les deux officiers se dirigeaient à pied vers la rue de Courcelles. Le long du chemin, Mauret parla de nouveau avec tant de chaleur de la beauté, de la grâce, de l'esprit de Mme de Lesrel que M. de Lansac s'arrêta. – Me voilà tenté de retourner à mon travail, dit-il. Je suis timide, et mon peu d'esprit à moi s'évaporera devant celui que vous prêtez à Mme de Lesrel. Je ne connais guère le monde, je n'entends rien à la mode, et la vue des très jolies femmes me fait toujours peur. ”
Emmeline Raymond, À quelque chose malheur est bon (1866)
“ Madeleine, de son côté, m'évitait un peu : toute relation d'amitié repose en effet sur un mutuel empressement à communiquer ensemble; quand cet empressement, par un motif quelconque, faiblit d'un côté, il ne tarde pas à se ralentir, car les efforts isolés ne suffisent pas à l'alimenter. C'est pour une raison semblable que les rapports entre mon père et M. de Lansac étaient restés sympathiques sans devenir intimes; on ne voyait guère M. de Lansac hors de chez lui, et il n'avait pas voulu se joindre au petit cercle que nous avions formé autour de nous. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Sachant comment on se fait aimer, elle crut plus facile encore de se faire haïr, et se montra fébrile, capricieuse avec M. de Lansac, qui supporta ces épreuves en homme sincèrement épris, c'est-à-dire en baisant la main qui le torturait. Cette soumission rendit le danger plus grand pour Mme de Lesrel, toujours tentée de crier : je vous aime ! à celui qu'elle venait de blesser. Dans un moment d'énergie, elle provoqua l'aveu qu'elle redoutait, et brisa héroïquement son coeur en même temps que celui de l'homme qu'elle aimait. ”
“ Je sais que nulle promesse n’engage un homme sans honneur à respecter les biens de sa femme, et si j’avais le malheur d’être mariée à une pareil homme, je n’aurais d’autre ressource que ma fermeté, d’autre guide que ma conscience. Mais, rassurez-vous, Bénédict, M. de Lansac est un cœur probe et généreux. ”
George Sand,
Oeuvres de George Sand
(1832)
“ Tout se fait dans ce pays-ci, où il n’y a personne pour juger ce qui est convenable et ce qui ne l’est pas. Nous allons, au détour du chemin, entrer dans la Vallée-Noire, où nous ne rencontrerons pas un chat. D’ailleurs il fera assez sombre dans dix minutes pour que nous n’ayons pas à craindre les regards. Cette grave contestation terminée à l’avantage de M. de Lansac, la calèche s’enfonça dans une traîne de la vallée ; Valentine la suivit au petit galop, et la nuit s’épaissit. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ Le jeune homme voulut ajouter de nouvelles excuses ; mais on lui tourna le dos et on ne lui accorda plus un seul regard. La demoiselle n'était pas si méchante qu'elle le voulait paraître ; car Lansac, étant demeuré amoureux d'elle, rentra en grâce par la suite, comme on le verra bientôt. M. de Rosny, qui s'intéressait à Mlle Paulet, craignait pour elle l'humeur changeante des Guise. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Je vous tiens enfin, lui dit le jeune homme avec bonne humeur, et en l'interrompant sans façon ; dites-moi donc à quelle heure on vous rencontre, mon cher ; je me suis déjà présenté chez vous trois fois, et Louis m'a reçu avec une mine de dogue mécontent. M. de Lansac, après une seconde d'hésitation, suivit son ami, qui l'attirait doucement. – Avez-vous donc été malade ? demanda le jeune officier, surpris de la pâleur de M. de Lansac. – Très malade, répliqua le colonel ; mais je commence à prendre le dessus. Parvenu près d'un balcon en ce moment désert, Mauret saisit la main de son ami. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ Cependant elle pensa que ce serait une chose dangereuse qu'une liaison avec un seigneur inconstant comme M. de Guise. Elle sentit qu'elle en viendrait bien vite à l'aimer de tout son cœur, et une voix intérieure l'avertissait que l'enjeu n'était pas égal des deux côtés. Craignant de céder à quelque tentation, elle ouvrit sans rien dire la porte d'un oratoire, en faisant signe à M. de Lansac de l'accompagner. L'étiquette obligeait la châtelaine à donner la porte à une altesse. Le jeune homme, pour agir princièrement, n'hésita pas à entrer le premier. ”
Paul de Musset,
Oeuvres de Paul de Musset : originaux du XVIIe siècle…
(1880)
“ Je ne sais comment cela se fait, mais je n'ai aucune envie de dormir. — Je vous tiendrai volontiers compagnie, répondit la demoiselle. J'aurai le loisir de me reposer après votre départ ; on ne trouve pas toujours l'occasion de veiller en aussi bonne société. Charles de Lorraine avait la réputation d'être fort entreprenant près des dames ; on citait de lui d'assez méchants procédés envers le beau sexe. M. de Lansac ne risquait pas de démentir son personnage, en donnant à la conversation une tournure de galanterie cavalière. ”
Lucien Biart, Les ailes brûlées (1881)
“ Le jeune officier protesta, il voyait l'horizon moins noir que ne le voyait son ami, il avait confiance dans le soldat, dont le courage répare souvent les fautes de ses chefs. M. de Lansac l'écouta sans le contredire. Vers dix heures du soir, Mauret monta à cheval pour regagner Metz. – Si vous écrivez à Mme de Lesrel, dit le colonel, si vous la revoyez... Mais non, rien. Les deux officiers se séparèrent émus. Sait-on jamais, lorsque le canon se dispose à tonner, si l'on se reverra le lendemain ? ”
Emmeline Raymond, À quelque chose malheur est bon (1866)
“ Les âmes un peu élevées ont une dignité qui les préserve de toute souffrance en de semblables circonstances, parce qu'elles ne peuvent recevoir les blessures qui atteignent seulement la vanité. M. de Lansac, en rencontrant M. d'Au- benot, l'avait d'ailleurs abordé pour lui dire que la faible santé de Mme de Lansac lui interdisait toute relation avec le monde Mais Mme d'Aubenot, très-inférieure à son mari sous tous les rapports, n'avait pas accepté aussi bénévolement que lui cette excuse à peu près plausible, que l'on accepte d'ailleurs sans la discuter entre personnes bien élevées. ”
Ricard de Saint-Hilaire, Le Moine et le Philosophe
“ Que m’as-tu dit, ma bien-aimée ? répliqua-t-il ; enfin, ma tâche est accomplie. J’ai rempli mon vœu. Ce n’est pas ici la terre où le Sauveur mourut ; la France n’a point d’infidèles, et je te serre dans mes bras sous les bosquets de Lansac. ”
