Eugène Hucher

La spirite (1887)

Résumé

Eugène Hucher,  La spirite (1887)

“ « Mon fils ! – continua-t-il ; les préjugés du monde viennent d'un sentiment d'orgueil. Rien n'abaisse, hormis ce qui peut entacher l'honneur d'un homme.
Unir sa destinée à celle d'une femme pauvre mais vertueuse, ce n'est ni l'élever jusqu'à soi, ni descendre jusqu'à elle ; c'est la reconnaître son égale et lui rendre justice ! La pauvreté ne déshonore jamais ; seule, l'infamie salit ! »
Mais Pierre Chéréteff n'approuva pas ces maximes si discutables : et quelle que fût sa passion pour Rose Derval, on eût dit en observant son visage que le plaidoyer de l'Esprit amoindrissait sa confiance.
”
Source : Gallica

Eugène Hucher,  La spirite (1887)

“ On vous dit : Amour ! vous criez : Vertu ! Hé ! la vertu n'appartient qu'aux êtres cuirassés contre les passions, à ceux qui ne possèdent ni la beauté, ni l'imagination, ni la sensibilité.
– Prince, chacun a le droit de penser et de juger à sa guise ; moi, je veux rester honnête.
– Alors, épousez Van der Zundt.
Rose eut un frisson.
– Jamais ! je ne tromperai pas l'homme qui m'offrira son nom ; car, quels que soient mes principes, je préférerais encore au mensonge intâme, aux épugnances de chaque jour, la faute commise par l'aveuglement de ma raison devant les élans de mon coeur.
”
Source : Gallica

Eugène Hucher,  La spirite (1887)

“ Et sa pâleur ?
– Elle sera sans doute éternelle ! Hélas ! Rose était si jolie !
– Oh ! la princesse sera toujours belle.
– Elle n'est point malade, à proprement parler ; elle
est nerveuse, triste, cédant volontiers à des colères de jeune femme un peu coquette, qui se croit laide parce qu'elle n'a plus ses longs cheveux ! Elle me fait souvent un crime de ma barbarie, mais ce sacrilège commis sur une morte adorée n'était-il pas une preuve d'amour ? Aussi, Rose revient-elle sur ses petits emportements avec toute la naïve tendresse d'un coeur bon, chaste, aimant !
”
Source : Gallica

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