Paul Deltuf

Résumé

Paul Deltuf Les tragédies du foyer (1868)

Cordélia ! Cordélia ! pardon ! Mais, vois-tu... cette feuille... cette maudite feuille de vigne ! Ah ! qu'elle disparaisse ! il faut qu'elle disparaisse. Mais non... je ne suis qu'un fou et qu'un criminel.
— Calme-toi, mon Hermann, lui dit la princesse en l'enlaçant mollement de ses beaux bras; si tu me fais souffrir, c'est que tu souffres aussi, toi. Ne pleure pas, Hermann, c'est la seule grâce que j'implore de toi ; quand je te vois pleurer, je voudrais mourir. Ton beau sourire te va si bien ! Et tiens! tu souris... et tu souffres, pourtant! Tu es bon ! merci !
Source : Gallica

Paul Deltuf Les tragédies du foyer (1868)

Il n'est pas rare qu'une âme énergique et droite ne se rende pas bien compte de tel effort qu'elle fait, mais ce n'en est pas moins un effort, elle le saura plus tard à sa fatigue ; si son point d'appui lui manque tout à coup, apparemment on la verra tomber au-dessous d'elle-même; c'est ce qui était arrivé pour Cosserat : la mort de Juliette supprimait le sentiment qui l'avait soutenu, et il n'avait pas tardé à s'apercevoir qu'en ce qui concernait Ernestine, ce qu'il avait pris si longtemps pour de l'amour n'était que de l'irritation, aussitôt apaisée, des sens déçus avant d'être blasés.
Source : Gallica

Paul Deltuf Les tragédies du foyer (1868)

Quoi ! vous avez une femme excellente, aussi belle que bonne, à qui l'on ne peut adresser qu'un reproche dérisoire, et vous allez, cédant à un misérable orgueil, compromettre ses jours ! Nul n'est parfait, pourquoi chacun veut-il que le prochain le soit? La feuille de vigne disparaîtra, et sans préjudice pour votre épouse, je l'admets : en vaudra-t-elle mieux ? Mais vous vous taisez ? Cordélia, quitte ce palais où tes jours sont menacés, quitte cet ingrat, ce pays, viens !
Et elle voulut l'entraîner.
— La place d'une femme est chez son mari, répondit la princesse.
Source : Gallica

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