“ Mais cependant que les corps auxiliaires prenaient ainsi du galon à manche que veux-tu, les corps entretenus s’emparaient de l’épaulette. L’épaulette ! Ah ! l’épaulette !... Le rêve de tant d’existences, le cauchemar plutôt, car il semblait qu’accaparée par le « grand corps [1] , » elle échappât sans cesse... Eh bien ! non, la chère épaulette, ils la tiennent enfin ; ils feront brillante figure dans les cérémonies publiques et les bals officiels, nos commissaires, nos ingénieurs, nos mécaniciens, médecins, pharmaciens... Et le sabre, et les attentes, tout, quoi !... Ils ont tout ! ”
épaulette
Définition et enjeux
L’épaulette, rembourrage des épaules destiné à structurer les vêtements et à accentuer la carrure, a traversé les siècles en s’adaptant aux tendances et aux normes sociales. Des samouraïs japonais au XXe siècle, son utilisation a oscillé entre une fonction militaire et une dimension esthétique. Des auteurs comme F.
Ladevèze ou Guillaume Compaing ont examiné sa fabrication technique, mettant en lumière son rôle dans la confection des vêtements. Les épaulettes, qu’elles soient en ouate ou en cuir, ont également marqué l’histoire des uniformes et des rangs, illustrant leur double nature pratique et symbolique. Leur retour en mode dans les années 1980, associé à une esthétique de la rigueur, démontre leur persistance dans l’évolution des silhouettes.
Citations sur “épaulette”
Description des effets d'habillement… (1879)
“ ADJUDANT. § 9. - Pour la grande tenue, épaulette du métal opposé au bouton, sur l'épaule droite, contre-épaulette sur l'épaule gauche, mêmes dimensions, formes, travail que pour les lieutenants et sous-lieutenants. Le corps de l'épaulette et celui de la contre-épaulette sont traversés dans toute leur longueur, y compris l'écusson, d'une raie en soie garance de 10mm de largeur tissée dans ce galon. La frange de l'épaulette est de l'espèce dite à graine et non à torsades. Ces épaulettes sont doublées en drap du fond de la tunique. ”
L. Fournier, Méthode du cours ordinaire (3e édition revue et augmentée… (1860)
“ Les deux 1/16 posés aux largeurs de l'épaulette et du devant à l'emmanchure, peuvent se donner à la volonté de la personne qui opère, attendu qu'une épaulette se fail de toute largeur, de même qu'un devant, vu que le dos est toujours là pour remplacer ce dernier au besoin, où il ne reste plus qu'à tracer les formes extérieures du devant, en passant sur chacun des points posés à cet effet, où se termine l'explication de cette figure. ”
